‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 190 sur 204 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

jours passés inutilement à Paris, La Fayette jugea nécessaire de retourner à l’armée sous ses ordres , et abandonna le Roi à sa destinée.

La Fayette pourra toujours opposer sa conduite, en cette circonstance, aux accusations qu’il encourut au commencement de la révolution. Il est démontré qu’au mois de juin 1792 , il exposa sa vie au plus grand danger pour pro téger les jours du Roi et de la famille royale. Mais il a reçu lui-mêine une leçon qui ne doit pas être perdue pour les autres chefs populaires. Ils sauront désormais combien il est périlleux de donner l’exemple de démarches violentes et révolutionnaires. Ils trembleront sans doute d’offrir, par une témérité semblable , des pré.cédens terribles à ceux qui veulent , à l’aide de moyens pareils, porterie désordre à son comble. Cette résolution de marcher sur Versailles au 6 octobre 1789, événement auquel La Fayette coopéra jusqu’à un certain point , et dont il recueillit l’avantage immédiat , avait eu pour but de placer Louis dans cette situation critique dont il montrait alors tant de générosité à vouloir l’affranchir. C’était encore La F avette , dans la personne de son aide-de-camp , qui avait ramené le Roi de Varennes à Paris , de sorte qu’il lui offrait de le sauver , précisément par les

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mêmes moyens que son intervention avait fait échouer.

Dans cet état d’abaissement où se trouvait la royauté, une autorité constituée, parmi tant d’autres , eut néanmoins le courage d’agir en faveur du parti le plus faible. Ce fut le directoire du département de Paris , qui prononça la suspension provisoire du maire de Paris, Péthion, et du procureur de la commune Manuel , accusés d’avoir laissé commettre les excès du 20 juin. La suspension avait été confirmée par le Roi ; mais , sous la protection des Girondins et des Jacobins , Péthion en .appela à l’Assemblée Législative , où le démon de la discorde était alors déchaîné , où trois partis opposés et ^ subdivisés en ramifications innombrables , se faisaient ouvertement la guerre. Cependant, au milieu de cette complication d’intérêts , de passions et de fureurs, deux individus, une femme et un évêque , entreprirent mie réconciliation générale. Chose merveilleuse ! ils eurent un moment de succès. Ardente amie de la liberté , Olympie de Gouges unissait à celte passion un sentiment de tendresse mystique, et une disposition semblable à celle de nos amis les Quakers et autres sectes qui, affectant un amour extrême pour l’humanité, interprètent strictement les doctrines du christianisme dans leur

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