‹ Vie de Napoleon Buonaparte, Empereur des FrancaisChapitre 192 sur 204 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

pérsonnelle du Roi pendant la cérémonie formait un affligeant contraste avec sa situation politique. Coiffé, poudré, vêtu d’habits brodés, selon l’ancien usage de la cour, entouré, pressé irrespectueusement par des hommes de la lie du peuple , il ressemblait à ces objets antiques passés de mode et désormais sans valeur. Il fut conduit au Champ-de-Mars par un chemin détourné et sous une forte escorte , afin de lui épargner les insultes de la multitude, qui saluait le maire girondin de Paris des cris de : « Pétition ou la mort! » Au moment où il monta sur l’autel pour renouveler son serment, on eût dit une victime qui s’avançait pour le sacrifice. Cette ressemblance frappa tous les assistans, et surtout la Reine, qui jeta un cri et fut sur le point de s’évanouir. Quelques enfans seulement crièrent vive le Roi ! Louis ne devait plus reparaître en public que pour monter sur l’échafaud.

Le départ de La Fayette avait rendu le courage aux Girondins , qui proposèrent dans l’Assemblée un décret d’accusation contre lui. Mais l’enthousiasme que la présence du général avait inspiré n’était pas encore apaisé entièrement. Ses amis entreprirent sa dMf&se avec une énergie qu’on n’aurait pas atfflrulue et qui efii’aya leurs adversaires. Ces craintes n’étaient pas sans

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fondement. Le général constitutionnel pouvait diriger son armée sur Paris. Il pouvait traiter avec l’armée ennemie et s’en faire aider à cet effet. Les Girondins croyaient n’avoir pas de temps à perdre ; déterminés d’ailleurs à ne plus s’en rapporter aux Jacobins, dont le manque de résolution , selon eux , avait fait échouer l’insurrection du 20 juin. Ils voulurent employer à l’exécution de leurs projets une partie de cette armée départementale qui , sous le nom de fédérés , s’approchait alors de Paris sur différentes directions. Les clubs affiliés avaient fidèlement obéi à l’injonction de la société mère des Jacobins, en s’y prenant de manière à faire nommer en cette occasion les plus exaltés révolutionnaires. Ces hommes , ou la plupart d’entre eux , se décidèrent à passer par Paris au lieu de se rendre en droite ligne k Soissons , heu indiqué pour le rendez- vous. S’estimant les représentans armés du pays , ils se comportèrent avec toute l’insolence que donnent la force et l’indiscipline réunies. Ils parcouraient tumultueusement le j ardin des Tuileries . Des membres de la famille royale paraissaient-ils aux fenêtres, ils les insultaient par un langage obscène et des chansons iudécentés lorsque c’était des femmes ; par d’aftfeuses menifes quand c’était des hommes. Ce lut au milieu de ces forcenés que les

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