‹ Vie de NapoléonChapitre 11 sur 40 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

et des jeunes gens du pays émerveillés de sa gloire. Leurs réflexions montraient fort bien les idées qu'il avait su donner aux peuples. Les traces de ses combats étaient évidentes dans la campagne, dans les villes, et encore aujourd'hui les murs de Lodi, de Lonato, de Rivoli, d' Aréole, de Vérone, sont sillonnés par les balles françaises. Souvent il m'est arrivé d'entendre cette belle exclamation : « Et alors nous pouvions nous révolter contre vous, qui » nous rappeliez à la vie ! »

Je logeais par billet de logement, chez les plus chauds patriotes; par exemple, chez un chanoine de Reggio, qui m'apprit toute l'histoire contemporaine du pays. Je supplie donc le lecteur de ne pas s'effrayer du nombre de pages occupé par la campagne d'Italie; j'ai vu celles d'Allemagne et de Moscou, mais j'en pau-lerai moins longuement.

Le manuscrit que je présente au public fut commencé en 4816. Alors j'entendais dire tous les jours que M. de Buonaparté avait de la férocité, qu'il était lâche, qu'il ne s'appelait pas Napoléon, mais bien Nicolas, etc., etc. Je fis un petit livre qui ne racontait que les campagnes que j'avais entrevues; mais tous les libraires auxquels je fis parler eurent peur. Je convenais des fautes de Napoléon ; ce fut à ce titre surtout que les gens qui cherchent la fortune en imprimant les pensées des autres, conçurent pour moi un mépris ineffable. Le danger, de la part du procureur du roi, disaient ces messieurs, est presque certain; il faudrait du moins, par compensation, pouvoir compter

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