‹ Vie de Rossini par De StendhalChapitre 82 sur 84 · Le théâtre Italien était alors â la salle Favart · texte numérisé non relu

Le théâtre Italien était alors â la salle Favart

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NOTE DES ÉDITEURS

d’échelle placée dans une profonde obscurité. Rossini s’excusait d’uue situation si peu faite pour un artiste tel que lui, sous le prétexte de la perte de ses revenus, et de la nécessité de vivre avec économie. Personne n’était dupe de cette comédie, car tout le monde savait que la riche dot de sa femme, les sommes considérables qu’il avait rapportées d’Angleterre, le produit des représentations de ses ouvrages à l’Opéra, la vente de ses partitions et les affaires excellentes où ses amis MM. Rothschild et Aguado l’avaient admis, lui avaient constitué une fortune opulente. Il vivait dans un grenier à Paris, mais à Bologne il avait un palais où étaient rassemblés des objets d’art, de belles porcelaines et la somptueuse argenterie de l’ancien ambassadeur Mareschalchi. Eu 1836, il retourna en Italie, dans le dessein d’y faire un voyage seulement, et de visiter ses propriétés ; mais son séjour s’y prolongea, et l’incendie du Théâtre-Italien, où périt un de ses associés ', le décida à s’y fixer. >>

Depuis lors, Rossini vit dans les délices de ce dolce farniente, qu’il adore, voyageant de temps à autre dans l’intérieur de la péninsule , allant de Bologne à Milan, à ’Venise, à Florence, à Rome, à Naples; il n’a fait qu’un seul voyage en France, il y a une douzaine d’années, et les témoignages d’admiration et de respect dont il a été entouré n’ont réussi ni à lui faire rompre le silence en faveur d’un de nos théâtres, ni à le ramener dans le pays où il serait le mieux à même de jouir de sa gloire. Car, chose remarquable, l’Italie, avide de musique nouvelle, quelle qu’elle soit, néglige fort les œuvres du puissant génie qui domine de si haut l’art lyrique contemporain ; l’Allemagne le goûte fort, il est vrai aujourd’hui, mais le représente rarement. Paris est de toutes les capitales du monde celle où le nom et la musique de Rossini excitent toujours le plus d’enthousiasme, celle aussi où ses opéras sont relativement exécutés avec le plus d’éclat et de pompe, sinon avec la plus complète perfection.

On a dit que Rossini était devenu indifférent à sa gloire musicale ; il y a tout lieu de croire qu’on s’est trompé ; on aura pris pour de l’indifférence quelque saillie ironique du spirituel auteur d’il Barbiere. Voici, dans ce genre, uneanecdote qui nous paraît assez bien caractériser l’esprit volontiers mystiflcateur du grand maestro.

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