PRÉFACE XLV
procurer, Beyle a certainement beaucoup fait tra-^vailler ses amis. Nous l'avons vu demander au baron^ de Mareste une notice sur Vopera buffa à Paris, n dut se faire donner, par des dilettantes, des analyses d'opéras de Rossini qu'il utilisa ensuiteen écrivant son ouvrage. Ceci expliquerait certaines contradictions qui peuvent être relevées dans lecours du livre entre les appréciations plutôt sévères portées sur certains opéras et les éloges accordéspar aiUeurs aux divers morceaux qui les composent. Stendhal ne manquerait pas d'alléguer qu'il a^ loyalement averti le lecteur. C'est à lui à discerner quand il exprime son opinion personnelle et quand il ne fait que reproduire les idées des autres. Il n'est pas toujours si facile de faire la part et, pour celuiqui n'est pas initié, il y a souvent contradiction, entre les louanges et les critiques adressées à un même ouvrage. Stendhal n'est jamais très bienveil* lant pour Rossini, mais il travaille sur des notes fournies par des admirateurs passionnés du maître De là, le conflit, d'ailleurs amusant à observer, lorsqu'on est prévenu. Précisément, en raison de cette abondance d'arguments, pour et contre la musique rossinienne, l'ouvrage de Stendhal est très représentatif des courants d'opinions qui se ma-^ nifestaient, vers 1820, dans les salons de Milan. De temps en temps, la voix mordante de Beyledomine le brouhaha des discussions passionnées» A mesure qu'il écrivait les chapitres de la Vie