XLIV STENDHAL ET ROSSINI
S'il a commis quelques plagiats dans le cours de l'ouvrage, ils ne peuvent porter que sur de menus détails et sur des questions étrangères au sujet. Qu'il ait copié quelque part en le démarquant le récit des malheurs de Stradella, c'est fort possible ; qu'il ait transcrit çà et là des listes de noms et d'oeuvres, des indications biographiques sur des musiciens anciens, cela apparaît certain et tôt ou tard on retrouvera les sources auxquelles il a puisé, mais la Vie de Rossini dans son ensemble et pour plus des neuf dixièmes, est l'œuvre originale de Stendhal, elle est de la même veine que les feuilletons du Journal de Paris écrits le soir en sortant des Italiens et pour lesquels il eût été fort empêché d'imiter qui que ce fût.
Ses analyses des opéras sont remplies de citations inexactes, quelle meilleure preuve pourraiton donner qu'elles sont bien de lui ? Il n'y a que Stendhal pour avoir de ces négligences et ne se fier qu'à sa mémoire en donnant les paroles d'un air. Enfin, dans sa correspondance, il parle à tout moment de Rossini et de ses opéras en termes semblables à ceux dont il s'est servi quelques années plus tard en écrivant son livre. On ne saurait faire pareille remarque pour les sujets que Stendhal a traités en plagiant les autres.
Un ouvrage d'histoire et de critique comme la Vie de Rossini ne saurait être un ouvrage de pure fantaisie. Il y faut une documentation. Pour se la