‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilettante;Chapitre 62 sur 87 · Voici les époques exactes de quelques grands mattres · texte numérisé non relu

Voici les époques exactes de quelques grands mattres

Alexandre Scarlatti, né à Messine en 1650, meurt en 1780.

C'est le fondateur de l'art musical moderne. — Bach,1685a.

Je supplie que l'on me permette une seconde comparaison.

Voyez deux rivières majestueuses prendre leur «ouree en des contrées éloignées, parcourir des régions fort différentes, et cependant finir par confondre leurs eaux : tels sont le Rhône et la Saône. Le Rhône tombe des glaciers du mont Saint- Cothard, entre la Suisse et l'Italie ; la Saône prend sa source dans le nord de la France ; le Rhône parcourt en bondissant la vallée étroite et pittoresque du Valais ; la Saône arrose les fertiles campagnes de la Bourgogne. Ces grands cours d'eau viennent «nfin se réunir sous les murs de Lyon pour former ce fleuve majestueux et rapide, le plus beau de la France, qui va passer si vivement sous les arcades du pont Saint-Esprit, et faire trembler le plus hardi nautonier.

Telle est l'histoire des deux écoles de musique, l'allemande et l'italienne ; elles ont pris naissance en lieux bien distants, Dresde et Naples. Alexandre

1750. — Porpora, né en 1685, mort en 1767. — Durante, 1663, 1755. — Léo, 1694, 1745. — Galuppi, 1703, 1785. — Pepgolèse, 1704, 1737. — Hândel, 1684, 1759. — Vinci, 1705, 1732. — Hasse, 1705, 1783. — Jomelli, 1714, 1774. — Benda, mort en 1714. — Guglielmi, 1727, 1804, — Piccini, 1728, 1800. — Sacchini, 1735, 1786. — Sarti, 1730, 1802. — Pae- «ieUo, 1741, 1815. — Anfossi, 1736, 1775. — Twietta, 1738, 1779. — Zingarelli, né en 1752. — Mayer, 1760. — Cimarosa, 1754, 1801. — Mozart, 1756. 1792. — Rossini, 1791. — Beethoven, 1772. — Paër, 1774. — Pavesi, 1785. — Mosca, 1778. — Generali, 1786. — Morlachi, né en 1788. — Pacini, né en 1800. — Caraffa, 1793. — Mercadante, 1800. — Kreutzer, de Vienne, né en 1800, l'espoir de l'école allemande.

Scarlatti créa l'école d'Italie, Bach créa l'école allemande ^.

Ces deux grands courants d'opinions et de plaisirs di£Pérents, représentés aujourd'hui par Rossini et Weber, vont probablement se confondre pour ne former qu'une seule école ; et leur réunion à jamais mémorable doit peut-être avoir lieu sous nos yeux, dans ce Paris qui, malgré les censeurset les rigueurs, est plus que jamais la capitale de l'Europe *.

Placés par le hasard au point de la réunion, debout sur le promontoire élevé qui sépare encore ces courants majestueux, observons les derniers mouvements de leurs ondes immenses, et les derniers tourbillons qu'elles forment avant de se réunir à jamais.

D'un côté, je vois Rossini donnant Zelmire à Vienne en 1823 ; de l'autre, je vois Maria Weber triompher le même jour ♦ à Berlin avec le Freis^ chiUz.

Dans l'école italienne de 1815, et dans l'opéra de Tancrède, que je prends comme le représentant decette école, afin d'éviter toute idée vague ou obscure, les accompagnements ne nuisent pas au chant.

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