CHAPITRE XI
« Rossini avait écrit longtemps auparavant son Turco in Italia pour la Scala de Milan. Mais le public milanais, las de ses éternelles répétitions, accueillit la nouvelle composition avec froideur bien que Paccini, un des pre^ miers acteurs bouffes, ait fort bien rempli son rôle. A
Paris, on a introduit dans cet opéra plusieurs morceaux de la Cenerentola ».
L'opéra : Il Turco in Italia ne réussit pas bien à Milan, je l'avoue, mais il a eu tant de succès à Rome, à Florence, à Bologne et en d'autres villes qu'il peut être compté avec justice parni les plus beaux opéras de Rossini. M. le journaliste aura peut-être vu Paccini à Milan. Moi j'ai vu Verni à Bologne. Il n'y a rien de plus vrai comme musique et comme action que le quintette du second acte : Non conosco piîi mia moglie. Du reste on ne saurait nier qu'il n'y ait dans cet opéra diverses répétitions de motifs empruntés aux opéras précédents : la cavatine par exemple du Turc ressemble absolument à celle que Rossini avait écrite pour être chantée par la Marcolini dans Quinto Fabio. Le duo : Siete Turchi, non vi credo, présente au commencement une grande analogie avec le duo : ai capricci délia sorte de V Italiana in Algeri. Et puis qu'importe ? Ces morceaux de musique, œuvres originales de Rossini, ont plu dans V Italiana et dans le Turco et si l'on nous donnait ici ce dernier opéra bien représenté, nous en éprouverions pour la quatrième fois un plaisir extrême.