‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilletanteChapitre 115 sur 122 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

« La facilité a^ec laquelle Rossini compose est une de ■ses plus étonnantes qualités. Un des premiers marchands de musique de Milan, qui a tiré de grands bénéfices de la çente de sa musique, me racontait que c était durant son séjour à Florence que Rossini aidait composé un de ses plus beaux airs de la Gazza ladra en une heure dans son atelier de copie, parmi les cris de douze ou quinze copistes se dictant les uns aux autres à haute ç>oix la musique à copier. Quant aux chansons et aux romances qui ont procuré tant de renommée à certains musiciens^ ce serait une bagatelle pour Rossini d'en composer douze par jour en s'habillant aidant de sortir de chez lui. »

La facilité avec laquelle Rossini compose est inimaginable, j'en conviens. Mais encore ici qu'on me permette de faire une distinction. Quand Rossini compose, inspiré par son génie, Rossini court très vite. Les bruits qui se produisent autour de lui ne le gênent pas, ils l'aident plutôt à composer sa musique. Semblable en cela à Cimarosa, le bruit que font ses amis en causant suscite en lui des idées nouvelles. Il n'en va pas de même lorsqu'il compose par exemple son Mosè. Il faut alors qu'il concentre sa pensée, qu'il cherche, recherche et se fatigue et parfois, dans l'effort pour vaincre la difficulté, Rossini échappe à Rossini. Au demeurant, je l'ai vu à Rome composer la Cenerentola au milieu du plus grand vacarme. Il priait ses amis de l'aider de

cette manière. « Si vous vous en allez, leur disait-iï parfois, je manque d'inspiration et d'aide. » Bizarrerie singulière : on riait, on parlait et même on chantonnait des ariettes gaies à la cantonnade. Et Rossini? Rossini, assisté de son génie, en manifestait à tout moment la puissance en jouant sur le piano les morceaux les plusréussis.

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