Journal de Paris^ 19 juin
NOTES D UN DILETTANTE
barbier. Pourquoi Galli ne cède-t-il pas le rôle de Figaro à Zuchelli ? Peut-être ne retrouverionsnous pas tout l'esprit du jeu de Pellegrini, mais nous aurions une voix suave qui semble créée pour exécuter dans la perfection les petits agréments du chant bouffe. Galli, qui est engagé, dit-on, pour de longues années, a tort, dans son intérêt, de vouloir imposer sa présence au public. Il doit se réserver pour la Semiramide et la Gazza ladra ; son amour-propre a couru hier de fort grands dangers. Si le public n'avait pas été heureux de la présence de M^^^ Sontag, on l'eût chuté. Faisons des vœux pour qu'on nous accorde le plaisir d'entendre un duo chanté par M^^^ Sontag et Zuchelli ; le public de Paris n'aurait rien à envier à aucun théâtre du monde.
Gomment donner une idée du chant de la débutante ? C'est un chant éclatant, brillant, procédant par mouvements imprévus et plein d'élégance. Pour tout dire, en un mot, cest un peu Davide. Comme ce grand chanteur, M^^® Sontag fait trop d'agréments. Hier, elle en a étouffé le grand air du Sigismond de Rossini, qu'elle a choisi pour la leçon de chant au second acte. Son succès dans <;e morceau a été nul ; elle n'y a été applaudie que par ces personnes dont le suffrage ne compte pas.
Dans le finale du premier acte, la voix de M}^^ Sontag s'est fort bien fait entendre. Cette voix, fort