‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilletanteChapitre 93 sur 122 · Journal de Paris, 21 décembre · texte numérisé non relu

Journal de Paris, 21 décembre

garder rimpression d'aucune. A ce compte, jamais Rossini, dont le génie n'est rien moins que tendre et rêveur, n'a été plus grand poète que dans la Donna del Lago. Il avait été froid, sa partition ne touchait pas vivement les spectateurs ; il a eu le bon esprit d'introduire dans le second acte l'admirable quartetto de Bianca e Faliero, qui est peut-être ce qu'il a fait de plus pathétique.

M^^^ Blasis, qui débutait par le rôle d'Elena, a obtenu un succès fort satisfaisant. Cette jeune personne, née à Marseille d'un père napolitain et d'une mère romaine, est plutôt belle que jolie. M^^^ Blasis possède une voix agréable, et elle sait la conduire avec beaucoup d'adresse ; elle a réussi surtout dans les morceaux d'ensemble, et le public, assez froid jusqu'à la fin du second acte, a applaudi à deux reprises différentes le quartetto de Bianca e Faliero. Conseillons à M}^^ Blasis de faire moins de gestes et surtout de sourire moins souvent.

M}^^ Cesari, qui n'avait jamais joué en Italie le rôle de Malcolm, a été supérieure à tout ce que nous y avons vu. Elle a chanté, non pas en cantatrice consommée, mais comme une débutante qui un jour peut-être marchera sur les traces de M^^ Pasta.

NOTES d'un dilettante 415

Page 1