Journal de Paris, 23 avril
RossiN'. U. 27
Paesiello. Avec infiniment moins de talent, c'est à peu près le style de Mercadante. Nous ne concluerons point de ce jugement sévère qu'il ne faille pat entendre trois ou quatre fois sa Pastorella Feudataria avant de la juger. Le libre tto est traduit, tant bien que mal, de la Bergère Châtelaine de Feydeau. Ces traductions réussissent fort mal : l'esprit d'un joli dialogue français ne peut pas se rendre dans une langue étrangère, et nos petites pièces de Feydeau n'ont pas assez de ces situations frappantes et fortes, nécessaires à la musique passionnée des Italiens.
Je n'ai jamais vu de peur égale à celle qui semblait avoir paralysé les moyens de la débutante, ]y[iie Ferlotti. Peu à peu, elle s'est remise, et l'on a pu entrevoir cette méthode parfaite qui, en Italie, l'a placée à la tête des cantatrices d'opéra-bufïa. Le public a tort de ne pas encourager davantage les artistes qui arrivent à Paris en tremblant. Un public froid nuit à ses plaisirs en paralysant les moyens des chanteurs qui paraissent devant lui. Il s'en est fallu de peu que l'on ne sifflât la musique de Vaccaï. Que faire cependant ? Le public de Paris connaît tous les bons opéras de Rossini, à l'exception de la Pietra di Paragone, que l'on ne veut pas nous donner. Il nous faut du nouveau, et cependant nous nous obstinons à mal accueillir les opéras qui ont le plus grand succès en Italie. Que veut-on que fasse la direction ?
NOTES d'un dilettante 419