Journal de Paris, 18 janvier
Tout porte à croire que le succès de M^^^ Cesari sera beaucoup plus remarqué à une seconde représentation. Le talent de cette jeune personne aurait besoin des leçons de M"^^ Pasta ; on voit qu'elle a l'âme qu'il faut pour pouvoir imiter cette grande actrice. Les dilettanti se rappellent encore comment le talent de M^^® Mombelli nous donna il y a deux ans une nouvelle édition de la Cenerentola. Cet opéra, qui semblait usé, fit l'effet d'une musique nouvelle ; tel est le genre de succès que M"^^ Pasta obtient à Naples dans l'opéra d'Otello. Rubini, qui succède à Nozzari dans le rôle d'Othello, a voulu que la reprise de cet opéra eût lieu au théâtre del Fondo. Les jours où l'on donne Otello, les corridors de ce petit théâtre sont aussi remplis de spectateurs que les loges.
Tous les opéras nouveaux donnés dans les grandes villes d'Italie le soir du 26 décembre, premier jour du Carnaval, ont fait fiasco. Les théâtres moins riches, au lieu de faire composer un opéra nouveau, se contentent de donner un opéra non encore représenté dans la ville.
Un seul grand succès est venu attester le bon goût des personnes chargées de choisir les partitions : il a été obtenu par le Crociato^ de Meyerbeer. Ce jeune compositeur est à Paris maintenant : pourquoi ne lui demanderait-on pas un opéra nouveau pour notre Théâtre Italien ? Quand nous croira-t-on dignes d'un plaisir dont jouissent trois
fois par an toutes les grandes villes d'Italie ? II me semble que l'on peut tout attendre d'une administration qui a le bon esprit de réclamer de toutes parts des renseignements utiles. Nous devrons à ses premiers efforts le Moïse, que nous allons entendre en français à l'Académie royale de musique. On fait le plus grand éloge des paroles et des situations que l'auteur de Sylla veut bien placer sous la musique de Rossini.
DÉBUTS DE M^l^ FERLOTTI DANS LA « PASTORELLA FEUDATARIA )), MUSIQUE DE M. VACCAÏ ^
Que de gens voudraient, comme M. Beaufils, pouvoir tout juger par ces deux mots si commodes : c^est divin! ou cest exécrable! C'est surtout parmi les dilettanti que l'on trouve la manie des superlatifs. En faudrait-il conclure que ces messieurs ne sont pas bien sûrs de ce qu'ils sentent ? Toutes les premières représentations sont froides au Théâtre Italien ; ce n'est guère que le surlendemain, quand les journaux ont parlé, que les dilettanti se hasardent à être ivres de plaisir, ou à chuter.
La maestro Vaccaï n'a pas la vivacité de Rossini, mais quelquefois il imite assez bien la grâce de