‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 120 sur 237 · CHAPITRE VIII Pouvoirs accordés par l'évèque de Noie au Père Camille · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII Pouvoirs accordés par l'évèque de Noie au Père Camille

Pendant que l'épidémie exerçait ses ravages à Noie, l'évèque de cette ville était retenu à la cour pontificale, soit par indisposition, soit par les temps contraires qui s'opposaient à son retour. Le pape Clément V11I, informé de ce qui se passait à Noie, lui dit : « Vous avez donc abandonné vos brebis? — Très saint Père, répondit l'évèque, elles sont entre les mains du Père Camille, qui est un pasteur plus charitable que moi. » — Cette réponse calma le Pontife, qui se montra satisfait d'apprendre que Camille fût chargé du soin de ce troupeau.

L'évèque, ayant été instruit par ses vicaires des

actes de dévouement des Pères Ministres des infirmes, adressa la lettre suivante à Camille, en réponse à une autre que le serviteur de Dieu lui avait envoyée pour lui rendre compte de ce qui se passait.

« TrÈS RÉVÉREND ET TRES HONORÉ PÈRE,

« Jen'ai pulire, sans verser d'abondantes larmes, la lettre dans laquelle Votre Uévérendissime Paternité me dépeint les afflictions et les misères de ma ville de Noie et de son district. Elles m'ont affligé et m'affligent au point que, je puis le dire, elles me laissent presque sans forces et sans énergie. Je ne puis que prier Notre-Seigneur et les glorieux Saints protecteurs de la ville, de rendre la santé à ses habitants, d'avoir pitié de nous, et de nous obtenir le pardon de nos péchés. J'ai fait toute la diligence possible pour trouver ici des hommes et des prêtres, afin de les envoyer à Noie ; mais jusqu'à présent je l'ai fait sans succès. Je vous rends mille actions de grâces pour la grande charité que vous et les Pères, vos enfants, avez montrée dans la ville et ses environs, à l'égard des pauvres malades; et parce que, à mon premier appel, vous ayez daigné me favoriser, non seulement en envoyant tant de prêtres, mais en vous y rendant vous-même en personne. Il y a longtemps que j'ai les plus grandes obligations à votre Institut pour l'assistance qu'il m'a prêtée dans une semblable épidémie, en 1594; mais maintenant l'obligation a doublé, de manière que, me sacri-

Page 1