‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 147 sur 237 · UVRE SECOND · texte numérisé non relu

UVRE SECOND

telle, que la seule pensée qu'il fallait prendre quelque chose le faisait pâlir et trembler. Il se faisait alors violence, et prenait courageusement les mets qu'on lui présentait, afin d'endurer ce tourment par amour pour Jésus-Christ. Il se disait quelquefois : « Que ceci serve de compensation pour ce que tu as pris avec trop de sensualité. * 11 po ta cette croix l'espace de deux ans et demi, et elle finit par triompher de sa vie, ou plutôt ce fut par elle que Camille triompha du monde, en abandonnant sa dépouille mortelle.

Voici le fruit qu'il tira de cette infirmité, tout le temps qu'elle dura. Il se considérait comme appelé à paraître prochainement devant Dieu, persuadé qu'il touchait au terme de son pèlerinage, et que Notre-Seigneur voulait qu'il ne prît aucun plaisir aux choses de ce monde, puisqu'il lui en inspirait un violent dégoût par cette grave maladie et la souffrance qu'elle lui causait. Reconnaissant que c'était une faveur du ciel, il ne chercha pas à la guérir, et n'en tint nul compte, parce qu'elle contribuait au salut de son âme; même au commencement, il la cachait, redoutant de se mettre entre les mains des médecins qui, lui ayant prescrit des remèdes, l'auraient contraint de suivre un régime particulier et d'abandonner ses exercices ordinaires. C'est pourquoi, ne s'occupant nullement de lui-même, il travaillait avec ardeur et persévérance, et fatiguait, comme s'il était en parfaite santé et dans la vigueur de l'âge, tandis qu'il dépassait sa soixantième année.

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