‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 151 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

La seule chose qui lui causa quelque inquiétude, ce fut de laisser l'Institut grevé de tant de dettes, — elles s'élevaient à trente deux mille écus, — qu'il avait contractées pour faire face à des besoins urgents, en particulier pour entretenir un grand nombre de personnes au service des pauvres des hôpitaux. Et c'est ici qu'il montra un esprit vraiment grand et généreux. Le cardinal Salviati, étonné de sa libéralité et de sa grande charité, avait coutume de dire : «Cet homme a toujours vécu pauvre, il n'a jamais manié d'argent, où donc a-t-il appris à être si libéral? » voulant faire connaître par ces paroles la noblesse et la générosité de ses sentiments.

Ni les dettes, ni les lourdes charges qui pesaient sur son Ordre, ni les embarras qu'elles lui causaient, ni les infirmités, ni les morts fréquentes de ses Religieux, ni rien de ce qui abat et brise les esprits k-s plus robustes, ne purent le séparer de l'ardente charité de Jésus-Christ et de l'amour de ses pauvres; il fut supérieur à tout, et montra un courage surhumain. Mais ce qui a rendu, et rendra à jamais estimable cet homme de Dieu, c'est que, après avoir dépensé des sommes énormes pour le soulagement des pauvres et l'entretien des Religieux qui les servaient, il ne dépensa jamais rien pour son propre soulagement et son bien-être. 11 observa rigoureusement la sainte pauvreté, dans tout ce qui concernait sa personne, dans la nourriture, le vêtement, les meubles destinés à son usage, et dans tout le reste, en usant même moins que la Communauté. 11 choisit

pour ses délices les jeûnes, la faim, la soif, les veilles, les fatigues, la pauvreté, les calices amers de la vie, les humiliations, les opprobres; il embrassa avec amour la croix douloureuse de Jésus-Christ, c'est-à-dire la sainte mortification avec tout ce qui a coutume d'èlre un objet de dégoût et d'horreur pour les hommes du siècle.

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