‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 150 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

en furent attristés et versèrent des larmes. Un autre jour, il reunit le matin tous ceux de la Maison, leur déclara qu'il avait renoncé à la charge de Général, et les avertit que dorénavant il devait être traité comme les autres Religieux et le dernier des frères. Par obéissance, il donna connaissance au Supérieur de la Maison de tous les objets à son usage qu'il avait dans sa cellule, et, chose admirable ! quoiqu'il eût gouverné l'Institut pendant tant d'années, tous ses meubles dénotaient la plus grande pauvreté, et l'on fut même obligé de lui en donner quelques-uns, dont il s'était privé. Il écrivit aussi dans le même but à tous les établissements de l'Ordre. La lettre qu'il envoya à Florence était ainsi conçue :

« Très révérends Pères et très chers frères,

Pax Christi.

« Vous avez appris, sans doute, que j'ai renoncé de grand cœur au Géneralat. J'espère que ce sera pour la gloire de Noire-Seigneur, pour le bien de l'Ordre et pour le mien en particulier. Ce que vous avez à faire maintenant, c'est de m'aider à remercier Notre-Seigneur, à me recommander à lui, afin que j'en retire le fruit que Notre-Seigneur demande. Je suis toujours votre tendre Père,

comme je Tai été jusqu'ici. — Que le Seigneur vous bénisse.

« De vos Révérences, le Frère en Jésus-Christ, « Camille de Lellis.

« Rome, 14 octobre 1607. »

On s'occupa du choix de celui qui devait le rempin cer pour gouverner l'Institut; on élut le Père Biaise de Opertis, alors provincial de Naples. L'élection fut confirmée et approuvée par Sa Sainteié, par un Bref apostolique, en date du 13 octobre 1607.

A cette renonciation, se trouvèrent présents le cardinal protecteur Ginnasio, Mgr Antoine Seneca, évêque d'Anagni, ami et confident de Camille, trois consulteurs généraux, — l'autre était absent, — cinq provinciaux et le secrétaire de la Consulte. Aucun d'eux n'aurait consenti à lui laisser prendre cette détermination, s'ils n'avaient été émus de compassion pour le serviteur de Dieu, en le voyant exténué de fatigues, à cause de ses travaux et de ses voyages sur terre et sur mer, qu'il se croyait obligé d'entreprendre pour remplir les devoirs de sa clurge, dont il se démit avec tant de joi.^que, lors-que les provinciaux se rendirent à Rome, il leur lava les pieds et les baisa respectueusement. Ils étaient confus de voir ce saint* vieillard, leur vénérable Père, à genoux devant eux, s'abaissant jusqu'à faire une action si humiliante.

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