‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 16 sur 237 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Rome, et qui jouissait d'une grande réputation de sainteté. Il se confessait à lui, les dimanches et les fêtes, dans l'église de Saint-Jérôme de la Charité, où saint Philippe célébrait les saints mystères, et recevait de sa main le pain de vie.

Camille, se voyant entièrement guéri de sa plaie, jouissant depuis plus de sept mois d'une bonne santé, embrasé du désir ardent d'une plus grande perfection, se crut obligé d'accomplir son vœu. Il résolut donc de retourner chez les Capucins, avec l'intention de revêtir de nouveau leur habit, et de vivre parmi eux sous le joug de l'obéissance, libre des dangers du siècle, suivant un genre de vie austère et pénitent, si conforme à ses premiers désirs. Il communiqua sa détermination à saint Philippe de Néri, qui lui conseilla de n'en rien faire, parce qu'il serait encore tourmenté par son ancienne plaie, et qu'il ne persévérerait pas. Mais Notre-Seigneur, pour le délivrer du scrupule du vœu qui l'inquiétait beaucoup, permit qu'il ne se conformât pas sur ce point à l'avis de son confesseur, ce qu'il aurait dû faire.

Il fut agréé une seconde fois pour la prise d'habit de Capucin par le Père Jean-Marie de Thusa, Procureur de son ordre à Rome, le même qui le congédia la première fois, lequel n'avait pas oublié la promesse qu'il lui avait faite, promesse qui l'obligeait, puisque la condition imposée de la guérison de la plaie était remplie. Il l'envoya recevoir l'habit au couvent de la ville de Penne, et voulut qu'il fit son noviciat à Tagliacozzo, dans l'Abruzze.

Camille resta dans l'Institut cette seconde fois, environ quatre mois, édifiant singulièrement les bons Pères qui l'aimaient tendrement, voyant qu'il égalait non seulement le reste des novices dans la pratique de l'humilité, de l'obéissance et de la pénitence, mais même les anciens qui marchaient à grands pas vers la perfection. Cette fois les religieux, à cause de sa haute stature, l'appelèrent Frère Christophe.

Mais Dieu dont les décrets sont éternels et immuables, et qui avait destiné Camille à de plus grandes choses, permit que le frottement de l'habit sur le cou-de-pied renouvelât son ancienne plaie, ce qui le contraignit, à son grand regret, à sortir de nouveau de l'Ordre.

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