‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 187 sur 237 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Le corps du serviteur de Dieu est visité par une foule nombreuse : lieux où il fut déposé.

Le saint et vénérable Camille ayant échangé cette vie de souffrances contre une vie meilleure, ses enfants orphelins étaient plongés dans la douleur la plus profonde, qui se manifestait par des

torrents de larmes. Leur bon Père étant mort, pour eux venait de s'éteindre la lumière qui les éclairait, pour eux disparaissait le guide qui les dirigeait dans leur marche, et pour l'Ordre tombait son plus ferme et plus solide appui. La plupart disaient : < Le père des pauvres est mort; oh! qu'ils vont le regretter ! quelle perte ! * Le Père Dominique, Carme déchaussé, dit à cette occasion à un Religieux : « 11 est mort un grand athlète du Christ, et nous pouvons lui appliquer ces paroles de saint Paul : « Dieu le fit un digne ministre du nouveau Testament (1). » Plusieurs autres Religieux et autres personnes graves disaient, en consolant les Pères, qu'ils ne savaient s'ils devaient s'attrister ou se rejouir de la mort de leur bon Père, parce que, s'ils l'avaient perdu sur la terre, ils avaient obtenu un défenseur de plus dans le ciel; et tous les hommes de bien faisaient les plus grands éloges du serviteur de Dieu.

On revêtit le vénérable' corps de Camille des ornements sacerdotaux ; son visage conserva tant de beauté et de douceur, qu'il semblait sourire sans rien perdre de sa gravité. Le matin, six prêtres s'empressèrent de le porter à l'église, où l'on chanta l'office des morts et dit les messes, conformément aux prescriptions de l'Ordre. Les chants de ses enfants étaient entrecoupés de sanglots, et des larmes coulaient des yeux de ceux qui célébraient les saints mystères.

Quand, le malin, le bruit de sa mort fut répandu

(1) Idoneuin fecit Dotuinus Diinistruiû Novi Testament!. 77. Cor., m, 7-8.

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