‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 189 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

imprimait, comme s'il eût été vivant. L'ulcère de la jambe, nettoyé avant que Camille expirât, fut trouvé alors, comme toujours, rouge, rempli de creux et de grosses tumeurs. Dès qu'il fut mort, la jambe s'allongea et s'ajusta, comme si elle n'avait jamais eu de plaie, n'en conservant que la cicatrice.

Pour témoigner la vénération qu'ils devaient au corps de leur Fondateur et de leur Père, déposé dans un cercueil de cyprès, comme nous avons dit, ses Religieux placèrent le cadavre béni dans un autre cercueil de plomb; tous les deux furent enfermés dans un autre de châtaignier ; et ils l'ensevelirent dans leur église de la Madeleine, près du maître autel, du côté de l'évangile.

Les Pères, par humilité, et pour ne pas provoquer de la part du peuple des démonstrations prématurées, n'inscrivirent point d'épitaphe sur sa tombe, se contentant de graver une croix sur les briques qui la recouvraient. Mais Dieu, toujours fidèle, a écrit de sa main puissante et d'une manière impérissable le véritable panégyrique de son serviteur, en honorant sa mémoire par les nombreux prodiges qui manifestent la sainteté de sa vie, le mérite de ses œuvres, et en accordant des grâces innombrables à ceux qui accourent pour visiter ses restes mortels et implorer son intercession. C'est ce qu'atteste le grand nombre d'ex-voto qui furent offerts, à peine quinze jours après sa mort, comme témoignage de la dévotion pour Camille et par reconnaissance pour les grâces déjà reçues. Le premier fut une jambe d'argent : et il semble que Dieu voulut commencer à hono-

rer par là son serviteur, à cause de la patience invincible qu'il avait montrée en souffrant pendant tant d'années la douleur occasionnée par l'ulcère qu'il avait à la jambe.

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