‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 195 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

de l'Ordre, fut entièrement privé de l'usage de la parole par une fièvre maligne, qui l'avait réduit à un état tel, que les Pères se rendant à l'hôpital récitèrent en chemin le chapelet pour lui, s 'attendant à le trouver mort à leur retour. Saint Camille entra dans l'infirmerie, et, ayant fait sortir les autres Religieux, il demanda au malade s'il voulait être guéri et rester dans la Congrégation. Sur la réponse affirmative qu'il fit par un signe de tête, le Saint plaça ses mains sur ses yeux se découvrit, regarda le ciel, pria pour lui, l'excitant à prendre courage, parce qu'il ne mourrait pas de cette maladie. Le lendemain, les médecins revinrent et le trouvèrent sans fièvre ; il était parfaitement rétabli. Cette guérison fut attestée dans le procès par Gallo lui-même.

En 1591, Onufre de Lellis, cousin du Saint, eut à Bocchianico une attaque d'apoplexie, qui le priva entièrement pendant trois ans de l'usage de ses membres, en sorte que son état parut désespéré. Le serviteur de Dieu, qui à cette époque résidait dans la maison du paralytique, priait souvent pour lui, et les domestiques déclarèrent qu'ils l'avaient vu dans son appartement qui était resplendissant de lumière. Un matin, il entra dans la chambre du malade et lui dit : « Pour cette fois Dieu vous a fait grâce, efforcez-vous de lui témoigner votre reconnaissance par une bonne conduite. » Dès ce moment, Onufre, dont la peau avait été noircie par la violence du mal, commença à éprouver du mieux, et dans un court espace de temps il recouvra une santé parfaite. Dans le même district, Do-

minique Rezzo, qui était à l'article de la mort, fut guéri par la visite et les prières de saint Camille, qui était venu recommander son âme à Dieu.

Françoise Torricella, du même endroit, fut aussi frappée d'apoplexie, et resta pendant six mois incapable de tout mouvement, en sorte que les personnes qui la soignaient ne pouvaient faire son lit qu'en la tournant enveloppée dans un drap. Saint Camille, étant venu la voir, lui dit de se lever, et comme elle lui répondit qu'elle ne pouvait se remuer, il lui donna la main, et elle put ainsi se redresser elle-même, à sa grande joie et à la surprise de tous les assistants; ses forces s'accrurent de jour en jour, au point qu'à la fin du mois elle se trouva parfaitement bien. La même Torricella fut tourmentée plus tard par une fièvre opiniâtre, qui résista un an entier à tous les remèdes, de telle sorte que les médecins qui la soignaient l'abandonnèrent, déclarant qu'elle n'avait plus que quelques jours à vivre. Notre Saint, apprenantcela, quoique l'on eût déjà acheté les cierges pour les funérailles, s'approcha de son lit, où il la trouva entièrement privée de l'usage des sens, de manière qu'elle ne répondait pas quand on l'appelait. Il commença néanmoins à prier, et un peu après il rappela. Elle commença à se réveiller comme d'un profond sommeil, et demanda au Saint quelque chose pour la sustenter. Il lui donna un peu de bouillon, et lui dit de prendre un peu de repos. Quelques jours après elle fut entièrement rétablie.

En 1592, Paul Renda, Frère Profès à Rome, fut

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