‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 196 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

affligé par une fièvre continue. Saint Camille alla le voir et lui ayant demandé comment il se trouvait, il lui répondit que la fièvre ne lui laissait pas un instant de repos. Alors Camille appuya ses mains sur sa tête, en lui disant d'avoir confiance, parce que Dieu ne Pavait pas appelé dans son Ordre pour un court espace de temps : il vécut encore trente ans.

En 1594, F. Mortola, de Naples, fut atteint d'une fièvre maligne, accompagnée d'érysipèle sur la face, et fut abandonné des médecins. Le serviteur de Dieu l'assistai!, quand le malade, tournant vers lui ses yeux voilés de tristesse, lui dit que l'érysipèle s'étendait intérieurement dans la région du cœur, qu'il était sur le point d'atteindre. Camille le regarda, et dit simplement : « Ne craignez pas, ayez confiance dans le Seigneur, car vous ne mourrez pas de cette maladie. j> Ces paroles et la foi de celui qui les prononçait inspirèrent du courage au malade, qui s'aperçut que l'érysipèle avait changé de direction. Quelques jours après il était hors de danger.

En 1596, Lucas Moneta, Novice dans une Maison de Naples, fut également affligé par un érysipèle dangereux, qui lui fit enfler tellement la tête et li gorge, qu'il ne pouvait avaler même quelques gouttes d'eau, sans risquer d'être suffoqué. Heureusement pour lui saint Camille arriva en ce moment de Koine, et avant toute autre chose il alla à l'infirmerie : il fut en effet surpris de l'enflure extraordinaire de la tête du Novice qui se mourait. Ce dernier se plaignit, en particulier, de la douleur

qu'il ressentait au côté gauche de son cou; le Saint, ému de compassion, toucha doucement la partie souffrante, et, faisant le signe de la croix sur lui, lui dit, avec un visage riant, de n'avoir aucune crainte, qu'il guérirait bientôt. La douleur cessa instantanément, quoique l'enflure n'eût pas entièrement disparu, et le soir même il pouvait prendre de la nourriture. Le docteur Jean-André Maluso le visita le lendemain matin, et, en lui voyant une seule joue enflée, il fut très étonné ; mais, quand le malade lui apprit la visite de Camille : « Que Dieu vous pardonne ! dit-il, pourquoi ne lui avez-vous pas fait toucher l'autre côté, car maintenant vous seriez tout à fait guéri. » Trois jours après il était parfaitement bien. Jean-Baptiste Balsamo, de Naples, déclara qu'il était cruellement tourmenté par la goutte : la douleur cessait quand saint Camille faisait le signe de la croix sur lui. La même déclaration fut faite par F. Giomei, de la Communauté de Rome, et par une cousine de François Ugolino, qui souffrait d'un cancer si malin qu'il lui semblait qu'on lui rongeait les chairs ; mais une visite de Camille et le signe de la croix qu'ilôt sur la plaie suffirent pour calmer la douleur, comme si elle n'était pas malade.

En 1596, trois des plus habiles médecins de Rome, MM. Zecca, Barga et Vergato, désespéraient de conserver les jours d'un Novice de 1 Institut, F. Antoine Balsamo; après diverses consultations et l'essai d'une foule de remèdes, ils déclarèrent que sa jeunesse seule pouvait le sauver. On en instruisit Camille, qui vint le visiter le même jour,

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