‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 20 sur 237 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

De la première pensée qu'eut Camille de fonder la Congrégation.

Camille, continuant à remplir, comme nous avons dit, la charge d'économe général de l'hôpital de Saint-Jacques, délivré enfin du scrupule occasionné par son vœu, au milieu de la paix profonde dont il jouissait, ne songeait qu'aux moyens à prendre pour arriver au plus haut degré de la charité. Il veillait les nuits entières auprès des malades en danger, pour les aider au dernier moment de la vie, et leur procurer le bonheur du ciel ; et s'il était par hasard pressé par le sommeil, il inclinait la tête sur le lit du malade. Il portait la plus grande attention à ce qu'aucun ne mourût sans le secours des sacrements. Il n'étaitpas moins empressé à leur faire accorder tout ce qui était nécessaire pour le soulagement du corps.

Quoiqu'il mît toute la diligence possible à servir les malades, en tenant un grand nombre de serviteurs à gage, il ne pouvait ni subvenir aux besoins des pauvres, ni satisfaire l'ardeur de ses désirs. Il remarquait que ces domestiques, qu'il fallait changer chaque jour et qui travaillaient, non par amour pour Dieu, mais en vue de leur intérêt personnel, manquaient continuellement à leurs obligations. Il éprouvait une affliction très grande, quand il en voyait quelques-uns montrer tant de

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