‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 207 sur 237 · LIVRE SECOND 3 il · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND 3 il

du sommeil. Comme c'était un bon prêtre, qui savait combien est grande la puissance de Dieu, il lui offrit ses prières avec des sentiments de foi, afin que par l'entremise de saint Camille il daignât le délivrer d'une position aussi affreuse. Ayant donc placé sur la plaie un peu de cette poussière bénie, dont nous avons parlé, au même instant la douleur et la fièvre cessèrent, les nerfs se raffermirent, la plaie se cicatrisa, à sa grande surprise et à celle de tous les témoins du prodige. Il put marcher sans difficulté, comme s'il n'avait jamais été malade.

En 1738, se trouvait à Rome, dans une maison de Refuge, Maria Dominica, de Pistoie, dont le corps entier était couvert d'une gale hideuse, à laquelle infirmité se joignaient une rupture d'artère dans la poitrine et un autre mal encore plus dégoûtant. Elle fut transportée dans l'hôpital de Saint-Jacques, vulgairement appelé des Incurables. Malgré tous les remèdes et les soins empressés des médecins les plus habiles, on ne put la guérir; et, même étant survenue une hydropisie, accompagnée d'une enflure générale, elle fut toute couverte de boutons purulents, et se trouvait extrêmement affaiblie, soit par la fièvre continuelle qui la consumait, soit par l'abondance de sangqu'el e rendait par les narines et par la bouche. Elle était réduite à toute extrémité, et Ton avait déjà placé aux pieds de son lit la petite table qu'on met, selon l'usage des hôpitaux, auprès des lits des mourants. Une personne de piété, ayant vu dans ce triste état la moribonde, la recommanda à notre

6ainl, el lui fil prendre un peu de la poussière dont nous avons parlé; après un court espace de temps, la malade commença à être délivrée de l'oppression qui la suffoquait. Ensuite elle implora elle-même le secours du Saint avec cette confiance que devaient naturellement lui inspirer de si heureux commencements, et on lui appliqua sur la poitrine son image sacrée. Au même instant elle reprit ses forces perdues toute douleur et tout malaise ayant disparu, elle se sentit revenir à une santé parfaite, et le dimanche suivant, accompagnée par la vertueuse dame Éléonore de Boncompagni, princesse de Piombino, elle alla à l'église de la Madeleine pour remercier Dieu et son glorieux intercesseur d'un si grand bienfait. Le Saint devait lui obtenir de nouvelles grâces. Huit mois après, cette pauvre femme fut affligée d'une fièvre très ardente, suivie de douleurs intolérables, et tourmentée par un mal de cœur si violent, qu'elle ne pouvait s'empêcher de pousser les cris les plus lamentables; elle finit par se trouver dans un état si désespéré, qu'on ne s'attendait plus qu'à la disposer à la mort qui approchait. On appela pour remplir ce pieux ministère les Ministres des infirmes; le Père Camille de Romanis, Religieux d'une grande bonté, se rendit auprès de la malade, et la voyant si oppressée, qu'on pouvait raisonnablement croire qu'elle n'avait que quelques instants à vivre, il lui vint dans l'esprit d'avoir de nouveau recours à l'intercession du Saint qui avait donné des preuves si éclatantes de sa bienveillance pour elle ;

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