‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 223 sur 237 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

quelques années, a désolé l'Europe et particulièrement l'Italie, ait voulu ouvrir un vaste champ au dévouement héroïque de lous les Ordres, et en particulier aux enfants de saint Camille, afin qu'il fût attesté devant Dieu et devant les hommes qu'ils sont encore embrasés du feu de la charité, qu'ils so::tt oujours prêts à sacrifier leur vie pour le bien spirituel du prochain. C'est ainsi qu'ils ont prouvé, non par de vaines arguties, mais par des faits évidents et palpables, que l'esprit de saint Camille se conserve toujours plein de vigueur parmi ses disciples.

Nous ne parlerons pas des courageux efforts de l'Ordre pendant les ravages du choléra en Espagne et en Portugal, où, avant les dernières commotions politiques, il possédait de grands Établissements. Nous nous contenterons de donner un court aperçu de ce qui s'est passé en Italie. Commençons par la première période où l'épidémie se montra dans une des villes où les Pères avaient une Maison. En 1835, quand il commença à sévir avec fureur à Gènes, tous les membres de l'Institut, sans exception, se sentirent si pleins de ferveur et si animés de l'esprit de leur vocation, qu'ils se précipitèrent au fort du danger, s'enfermèrent dans les lazarets, visitèrent les pi rticuliers dans leurs maisons, et cela avec une telle ardeur et une si sublime abnégation, qu'ils reçurent des nombreuses populations les marques les plus sincères de gratitu le, et que le roi lui-même leur offrit de fortes sommes d'argent, qu'ils furent contraints de refuser pour se conformer à leurs

Constitutions. Ils se comportèrent de la même manière quand le fléau reparut, les deux années suivantes, se rappelant toujours leurs promesses et l'offrande héroïque qu'ils firent de leurs vies le jour de leur profession solennelle. La même chose arriva aussi dans d'autres villes du Piémont, comme Tortona, Casale, etc., ainsi qu'à Naples, Bénévent, Palerme, Trapani, Aci-Reale, Catane, etc., visitées par la fatale épidémie. Au premier cri d'alarme, ils ne balancèrent pas un seul instant à se montrer les dignes enfants du grand Apôtre de la charité, et à faire tout ce qui était en leur pouvoir pour soulager les malheureux, encourager les pusillanimes par leurs discours et leurs exemples, de telle sorte que les autorités, par reconnaissance pour les bienfaits reçus de la part des enfants de saint Camille, leur donnèrent des attestations publiques de leur entière satisfaction.

Nous n'avons pas besoin de relater ici ce qui a été fait à Rome, en 1837, par tous les Religieux, quoique vieux et infirmes, des trois Maisons de l'Ordre, et de dire comment cette ville, autrefois le théâtre de la charité admirable de leur Fondateur et le siège de la Maison-Mère, fournit encore d'illustres exemples de l'esprit qui anime le charitable Institut. Ce zèle a paru avec éclat dans les lazarets et dans les hôpitaux, dans les maisons particulières, comme aussi dans les secours diss tribués aux indigents et dans l'empressement dedisciples de saint Camille à offrir l'Agneau sans tache pour les infortunées victimes du choléra.

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