LIVRE SECOND
les hôpitaux, obtinrent la permission de fonder à la Madeleine, en l'honneur de l'Assomption de la sainte Vierge, une Congrégation de soixante trois membres, en mémoire des soixante-trois années de la vie de la bienheureuse Vierge Marie, sous la direction d'un Religieux de l'Ordre. Elles s'employèrent à diverses œuvres de charité, se transportant souvent dans l'hôpital des Incurables pour assister les pauvres femmes malades, et leur rendant les services les plus humbles et les plus repoussants pour la nature, afin d'imiter le zèle de saint Camille, qui commença à jeter les fondements de la Congrégation dans ce même hôpital, Ces dames ne se bornèrent pas à des œuvres de commisération ; elles montrèrent le même zèle pour le salut des âmes et prirent tous les moyens pour gagner leur confiance. Elles \a^ exhortaient a faire une bonne confession, leur enseignaient les vérités de la Religion, les excitaient à se corriger de leurs vices, à supporter la maladie avec patience, à accepter la mort avec résignation et à s'y préparer par les actes d'amour de Dieu et de sincère repentir.
Les dames nobles ne furent pas les seules à donner cet exemple édifiant; d'autres aussi, qui voulurent marcher sur les traces de saint Camille et de &es enfants, formèrent une association semblable, sous le patronage de Noire-Dame des Sept-Douleurs, dans une autre église, Sainte-Marie in Trioio, appelée des Crucifères. Celles-ci, sous la direction d'un Père de l'Institut, fréquentèrent également les hôpitaux, et pratiquèrent presque
les mêmes œuvres de piélé et de charité envers les pauvres femmes malades.
Plusieurs autres Congrégations analogues, soit d'hommes, soit de femmes, se sont formées dans plusieurs villes où l'Ordre compte des Établissements; elles sont un témoignage toujours vivant de l'esprit qui, grâce à Dieu, n'a cessé de régner, et règne encore avec éclat dans l'Institut de saint Camille. Nous pouvons donc dire, en terminant, avec l'immortel Benoît XIV dans la Bulle de canonisation de saint Camille : « On est vraiment surpris, quand on considère le bien immense produit par cette école de charité parmi toutes les classes non seulement pour le corps, mais principalement pour l'âme; les hôpitaux considérablement améliorés, les travaux des servants mieux dirigés, les pasteurs des âmes partout assistés, leurs anxiétés et leurs soins allégés, de sorte que l'on ne doit pas être étonné que, dans un si court espace de temps, un si grand nombre de Maisons de cet Institut aient été fondées en Italie, en Sicile et dans les provinces les plus éloignées, même dans toute l'Europe, à la grande satisfaction des fidèles et avec le concours des Évêques. Dans tous ces Établissements, l'admirable esprit de charité que Camille répandit et propagea parmi ses enfants vit encore au grand avantage des peuples. »
Mais comme les soi-disant philosophes de ce siècle ont coutume de calomnier les Ordres religieux et de les dépeindre comme un ramassis d'hommes oisifs qui ne recherchent que leur bienêtre, il semble que Dieu, dans le îléau qui, il y a