‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 27 sur 237 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Camille se décide à fonder la Congrégation hors de l'hôpital, se charge de soigner les pestiférés, et prend la résolution de se faire prêtre.

Camille comprenait qu'il ne pouvait rien obtenir d'important, ni réaliser ses projets, en se réunissant secrètement, et comme à la dérobée, avec ses fidèles compagnons . Il était plongé dans la tristesse et l'anxiété, ne sachant quel parti prendre, lorsqu'il plut à Notre-Seigneur de le tirer de cet embarras par l'intermédiaire d'un de ses serviteurs dévoués.

Marc-Antoine Corteselli, disciple de saint Philippe de Néri, homme plein de prudence et de charité, faisait de fréquentes visites à l'hôpital. Camille lui fit part du dessein qu'il avait formé, de fonder une congrégation, lui raconta ce qui s'était passé entre lui et les administrateurs, et lui demanda son avis sur ce qu'il avait à faire. Il lui répondit que fonder une congrégation était une chose sainte et agréable à Dieu, mais que vouloir la fonder dans l'hôpital n'était ni possible ni convenable; qu'il ne pouvait attendre une heureuse issue de ses démarches, s'il voulait l'établir sur le domaine d'autrui; que c'était bâtir en l'air, sans base solide. Il lui conseilla de quitter l'hôpital, de prendre une maison dans la ville, où il pouvait facilement jeter les premiers fondements d'une œuvre si louable.

Camille reçut cet avis comme venu du ciel, et se proposa de le mettre en pratique. Il se confirma de plus en plus dans cette résolution, car le dimanche suivant, Marc-Antoine, étant retourné à riiôpital, lui dit qu'il avait communiqué son projet, sur lequel ils avaient mûrement réfléchi, au Père François- Marie Tarugi, de Tordre de Saint-Philippe de Néri, homme à qualités éminentes, qui fut dans la suite cardinal ; que ce religieux l'avait beaucoup goûté, et avait ajoute que, si cette congrégation s'établissait, elle pourrait être d'un grand secours en temps de peste. Ces dernières paroles ne furent pas perdues ; car Camille se proposa d'ajouter aux autres vœux celui de soigner les pestiférés, comme il fit dans la suite.

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