LIVRE PREMIER
tourner chez lui le jour suivant, lui disant qu'il lui enseignerait à faire une bonne! confession. Le lendemain malin, cette femme vint trouver Camille, qui tira de son sein une liste écrite de sa propre main, (!ans laquelle étaient clairement et distinctement spécifiées toutes ses fautes : il les lui lut Tune après l'autre, ce qui frappa de stupeur cette dame, qui reconnut que Dieu seul pouvait avoir révélé à notre saint des circonstances de sa vie secrètes et inconnues.
Le second trait que nous allons raconter n'est pas moins frappant que le précèdent. Djux Anglais, quoique amis, s'étant querellés pour je ne sais quel motif, dans la chaleur de la dispute, mirent les armes à la main, furent blessés tous les deux, et se réfugièrent dans l'hôpital de Milan, où ils furent placés dans deux lits à côié Tun de l'autre; ils n'avaient rien ditàpjrsonneni de leur différend, ni de leur profession. Camille retournait alors de Rome, cl, à peine arrivé dans la première ville, dont nous avons parlé, il alla visiter l'hôpital selon sa coutume. Chose merveilleuse! il s'achemina directement vers l'endroit où se trouvaient les deux Anglais, et s'en approchant, il leur dit : Comment est-il possible, mes frères, qu'étant amis et compagnons dans le monde, vous ayez eu dispute ensemble, et que vous vous soyez blessés! Et pourquoi, ajoutait-il, pourquoi, mes frères, ne vous décidez-vous pas à croire ce que croit et enseigne notre sainte Mère l'Eglise catholique, apostolique et romaine, vous obstinant à nier Vèeidencc de ses dogmes. Il n'en fallut pas davantage pour leur faire
comprendre clairement que Dieu lui avait révélé des choses tenues si secrètes, et qu'un homme si éclairé était envoyé de Dieu pour leur faire connaître et embrasser la vérité. Ils abjurèrent leurs erreurs, rentrèrent dans le girou de la sainte Église, et passèrent le reste de leur vie, unis par les doux liens de l'amitié la plus rare.