‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 60 sur 237 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

ment une servante qui Tétait aussi et un serviteur, comme complices de la prétendue infidélité de son épouse. Peuauparavant, il avait aussi donné la mort aune vieille femme, qu'il avaitenterrée danslacave de sa maison. A raison de tous ces meurtres, après que son malheureux père eut vainement dépensé toute saforlune pour lui sauver la vie, le dernier jour de mars de l'an 1598, un lundi de la semaine sainte, on lui trancha la tête sur la place de Naples; on avait déjà pendu sous ses yeux un de ses domestiques, complice de ses f rfaits. Ainsi se vérifièrent d'une manière terrible les menaces que Camille avait faites au père et au fils. Toute cette histoire a été racontée par le coupable lui-même, avec d'abondantes larmes, à plusieurs Pères de la Congrégation, qui s'étaient rendus dans la prison où il fut enfermé après sa condamnation à mort, pour le consoler et le fortifier dans ce moment suprême. 11 leur dit qu'il était si criminel et si malheureux pour avoir quitté l'habit de Tordre, que, depuis le jour où il entendit les paroles et les menaces de Camille, il les eut sans cesse devant les yeux et gravées dans le cœur; qu'il les suppliait avec les plus vives instances de l'aider de leurs prières dans ce dernier instant, où il allait être offert en spectacle à la ville de Naples. Les Religieux restèrent d'autant plus altérés par cet événement, qu'ils se trouvaient présents à Rome quand Camille lui avait parlé, éclairé par une lumière surnaturelle; et ce qui les effraya encore davantage, c'est qu'il quitta l'habit le dernier jour do mars, pendant la semaine sainte, et que ce fut encore

pendant la semaine sainte, et le dernier de mars, que s'accomplit la prédiction de notre saint.

Nous nous contenterons de citer les deux traits suivants, pour prouver que Dieu, par un effet de sa libéralité infinie, avait accordé à Camille ce don que l'Apôtre appelle le discernement des esprits, c'est-à-dire, la connaissance claire et précise des choses qui sont cachées dans le cœur des hommes, selon l'explication du Docteur angélique.

Une grande pécheresse, s'acheminant vers l'église de Saint-Jean de Latran, rencontra deux religieux, dont un la voyant parée avec tant d'élégance et de luxe, — comme elle le raconta ellemême, — après avoir fait le signe de la croix, s'enfuit à pas précipités. Celle-ci en fut grandement surprise, et touchée en cet instant par la grâce divine, vaincue par la honte et le repentir, elle éclata en sanglots entrecoupés, s'adressant à ellemême ces paroles : Oh! malheureuse! ce Père aura vu ma mauvaise conscience^ et connu que je suis un démon! Elle se proposa de purifier son âme par une confession générale. Mais ses désordres étaient si grands, que, dans l'embarras où elle se trouvait, elle eut. recours aux conseils d'une personne pieuse. Elle fut adressée au Père Camille, et, comme elle crut reconnaître ce même religieux qui peu auparavant avait pris la fuite à sa vue, elle lui ouvrit son cœur, lui fit connaître son intention et sa perplexité, et le pria enfin de vouloir bien l'aider de ses lumières dans une affaire aussi importante. Le saint l'écouta avec bonté, et, après l'avoir consolée, il la congédia, l'engagea à re-

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