‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 75 sur 237 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

fit pour expédier à temps toutes les pièces nécessaires, la Providence permit qu'elle fût différée, et qu'elle eût lieu le jour d'une des fêtes de la très sainte Vierge.

La protection que Marie accordait h ce saint Institut avait toujours paru d'une manière sensible. C'était par l'intercession de la Reine du ciel que Camille s'eta t converti le jour de la Purification; celuidel'Assomplion,il conçut la première pensée de fonder la Congrégation, et le jour de la fête de la Nativité, il en jeta les premiers fondements. Ensuite cette tendre Mère permit qu'il survînt divers obstacles, afin que la profession se fit le jour de son Immaculée Conception.

Il fallait préalablement élire un général de l'Ordre, comme le prescrivait la bulle. Camille, craignant, à cause de l'attachement qu'on avait pour lui, qu'on ne lui imposât cette charge, fît assembler tous les religieux de l'établissement qui portaient la croix, dont le nombre s'élevait à trente-cinq, et leur annonça que le lendemain on procéderait à l'élection du général. Il leur donna à entendre que l'on ne devait pas penser à lui, pirce qu'il ne se reconnaissait pas apte pour une semblable administration. Il allégua pour raisons son âge, sinon avancé, du moins affaibli par ses travaux continuels, les infirmités de ses jambes qui le tourmentaient, son incapacité pour remplir dignement ce haut emploi, les suppliant de lui laisser finir sa vie dans un coin de quelque hôpital, où il pourrait encore se rendre utile à l'Ordre par ses prières et par ses soins pour les

pauvres. Ses excuses ne furent pas agréées par les Pères, qui ayant plutôt égard à sa prudence, à son zèle, à l'admirable sainteté de sa vie exemplaire, le conjurèrent de vouloir bien accepter la charge à laquelle Notre-Seigneur l'avait appelé, et cultiver la plante nouvelle dont il avait jeté la semence dans le champ de l'Église. Aussi le 7 décembre 1591 s'accordèrent-ils tous à le nommer général, pour le reste de ses jours, conformément à ce qui était prescrit par la bulle de fondation.

Les quatorze Frères qui se trouvaient à Naples avaient également concouru à cette élection : leurs voix avaient été données au même Père Camille. I>e son côté le Père Camille désigna alors les Pères et les Frères qui devaient faire avec lui la profession solennelle le jour suivant, les choisissant parmi ceux qui avaient porté la croix pendant deux ans dans la Congrégation et mené une vie exemplaire. Par mesure de prudence, et pour que tout sefîtdans Tordre, chacun vota en particulier, et fut reçu d'après le vote et le consentement de tous les autres assemblés et réunis en chapitre, et jugé digne de la profession.

Le même jour, c'est-à-dire le 7 décembre, le Père Camille renonça par acte public notarié aux six cents écus qu'on lui avait donnés pour son patrimoine, quand il fut ordonné prêtre, et les lit remettre à Fermo Calvi, voulant à l'avenir vivre dans la sainte pauvreté, et marcher sur les traces de son divin maître Jésus-Christ, mort nu sur la croix.

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