Cel. 10; 3 Soc. 16; Bon. -17; A. SS. p
physionomie. Aussi, lorsque pâle, décharné, les vêtements en loques, il parut sur ce qui est aujourd'hui la Piazza Nuova où des centaines d'enfants ne cessent de jouer toute la journée, il fut accueilli par un long cri : Pazto! Pazzo! au fou! au fou! Un pazzo ne fa centOj un fou en fait cent autres, dit le proverbe, mais il faut avoir vu Tensorcellement délirant des enfants des rues en Italie à la vue d'un fou, pour comprendre combien cela est vrai. Dès que le cri magique retentit, ils se ruent dehors avec un fracas épouvantable et alors, pendant que les parents regardent par les croisées, ce sont des chants, des cris, des hurlements sauvages, entremêlés de rondes folles dansées autour du malheureux. On lui jette des pierres, on le couvre de boue, on lui bande les yeux; s'il se fâche, on redouble; s'il pleure, s'il supplie, on répète ses cris, on contrefait ses sanglots et ses supplications sans trêve et sans merci K
Bientôt Bernardone entendit la clameur qui s'engouffrait dans les petites rues et sortit pour prendre sa part du spectacle; mais soudain il lui sembla entendre son nom, celui de son Qls et suffoqué par la honte et la rage, il aperçut François.
Se précipitant sur lui prêt à l'étrangler, il l'entraîna jusque dans la maison et le jeta à demi-mort dans un réduit obscur.
Menaces, mauvais traitements, tout fut mis en œuvre pour changer les résolutions du prisonnier; ce fut inutile. Enfin lassé, désespéré, il le laissa tranquille non sans l'avoir solidement garrotté ^.