‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 111 sur 257 · Soc · texte numérisé non relu

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voyantes étaient tout ce qui lui appartenait; arrivé chez ses parents, il fit un paquet des étoffes et se jetant à cheval partit pour Foligno.

Cette ville était alors comme aujourd'hui la cité la plus commerçante de toute la région. Ses foires attiraient toute la population de la Sabine et de TOmbrie. Beroardone y avait souvent mené son fîls^, qui eut bien vite fait de vendre ce qu'il avait apporté. Il se débarrassa môme de sa monture et reprit plein de joie le chemin d'Assise^.

Cet acte avait pour lui une grande importance: il marquait sa rupture définitive avec le passé; à partir de ce jour sa vie allait être de tous points l'opposé de ce qu'elle avait été ; le Crucifié s'était donné à lui ; lui de son côté, se donnait au Crucifié, sans partage et sans retour. Aux incertitudes, aux troubles de Tâme, aux angoisses, à la nostalgie d'un bonheur inconnu, aux regrets amers, avait succédé un calme délicieux, rivresse de Tenfant perdu qui retrouve sa mère et oublie en un instant les tortures de son cœur.

De Foligno^ il revint droit à Saint-Damien ; il n'avait pas besoin pour cela de passer par la ville, et était pressé de réaliser ses projets.

Le pauvre prêtre fut bien étonné lorsque François lui remit le produit intégral de la vente. Il crut sans doute à une brouille passagère entre Bernardone et son fils et pour plus de prudence, rerusa le présent, mais François insista tellement pour rester auprès de lui, qu'il en

i. Ce détail ressort du récit de 1 Gel. 8 : Ibi ex more venditis.

2. 1 Gel. 8; 3 Soc. 16; Bon. 16. Foligno est à trois heures de marche d'Assise.

obliDt enfin la permission. Quant à l'argent, devenu inutile, il le jeta comme un objet sans valeur sur la lucarne de la chapelle^.

Pendant ce temps^ Bernardone inquiet de ne pas voir revenir son fils, se mit à le rechercher de tous côtés et ne tarda pas à apprendre sa présence à Saint-Damien. En un insiaot, il comprit que François était perdu pour lui; résolu à tout tenter, il rassembla quelques voisins, et fou de colère se rendit à Termitage pour Tea arracher au besoin de vive force.

Mais François connaissait les fureurs de son père. Lorsqu'il entendit les cris de ceux qui arrivaient à sa poursuite, il se sentit déraillir et courut se jeter dans une cachette qu'il s'était préparée à cet effet. Bernardone, sans doute mal secondé dans ses recherches, fouilla en vain de tous côtés, et dut enfin retourner à Assise.

François resta caché durant de longues journées^ pleurant et gémissant, suppliant Dieu de lui montrer la voie à suivre. Malgré ses craintes, il avait au cœur une

joie infinie et n'aurait voulu à aucun prix revenir en arrière^.

Cet emprisonnement ne pouvait durer; François le comprenait et se disait que, pour un nouveau chevalier du Christ, il faisait bien piteuse figure. Aussi s'armant un jour de courage, il se dirigea vers la ville pour se présenter à son père et lui signifier ses résolutions.

On peut s'imaginer combien ces quelques semaines de réclusion passées dans les transes avaient altéré sa

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