‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 141 sur 257 · Gel. 42 et 43; 3 Soc. 55; Bon · texte numérisé non relu

Gel. 42 et 43; 3 Soc. 55; Bon

RIYO-TORTO 127

Mais ces petites misères ne troublaient en rien leur bonheur. Aucune appréhension n*élait venue encore troubler les espérances de François; il débordait de joie et de bonté, et Rivo-Torto n*a laissé dans les souvenirs de rOrdre que de doux et frais tableaux ^.

Une nuit» tous les frères semblaient dormir, lorsqu'il entendit des gémissements. C'était une de ses brebis, pour parler comme le biographe franciscain, qui s'était imposé de trop fortes privations et qui mourait de faim. Aussitôt il se lève, appelle le frère^ va chercher les maigres provisions restées en réserve, et se mettant lui-même à manger pour lui donner courage, lui explique que si la pénitence est bonne, il faut ce[jendant l'assaisonner de discrétion ^.

François avait ce tact du cœur qui sait deviner les autres et- devance leurs désirs; une autre fois, encore à Rivo-Torto, il prit par la main un frère indisposé, le mena dans une vigne et, lui présentant un beau raisin, se mit à en manger lui-même. Ce n'était rien, mais cet acte si simple lui conquit si bien le cœur du malade, que bien des années après, le frère ne pouvait le raconter sans émotion ^.

Cependant François était loin d'oublier sa mission. De plus en plus sûr, non de lui-même, mais de ses devoirs vis-à-vis des hommes, il intervenait dans les affaires politiques et sociales de son pays avec cette assurance des cœurs droits et purs qui ne parviennent

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