‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 179 sur 257 · Matth · texte numérisé non relu

Matth

2. Les miracles n'occupent que dix paragraphes (61-70) dans i Gel. et sur le nombre, il en est plusieurs qu'on ne peut guère compter comme miracles de François, puisqu'ils ont été faits par des objets lui ayant appartenu.

3. Les hérétiques profitèrent souvent de cette soif de merveilleux pour duper les catholiques : Les cathares de Moncoul fabriquèrent un portrait de la Vierge, où elle était représentée borgne et édentée, et dirent que dans son humilité le Christ avait choisi une femme très laide pour mère. Ils n'eurent pas de peine à provoquer quelques guérisons ; l'image devint fameuse, fut vénérée un peu partout, et accomplit une foule de miracles jusqu'au jour où les hérétiques divulguèrent la mystification au grand scandale des fidèles. Egbert de Schônau, Contra Catharos^ serm. I, cap. 2 (Patrol. lat. Migne, t. 195). Cf. Heisterbach, loc cit., Y, 18. Luc de Tuy, De altéra Vita, lib. II, 9; III, 9, 18(Palrol. Migne, 208).

qu'un appel à la conversioa et à une vie supérieure. Cela peut intéresser des malades ou des dévots, mais ni le cœur ni la conscience n'y sont saisis.

Il faut dire à la décharge d'Antoine de Padoue que ses relations avec François semblent avoir été fort peu de chose. Chez les disciples de la première heure, qui avaient eu le temps de pénétrer jusqu'au fond de la pensée de leur maître, on retrouve des traces de ce noble dédain du merveilleux; ils savaient trop bien, ceux-là, que la joie parfaite n'est pas de stupéfier le monde par des prodiges, de rendre la vue aux aveugles, ni même de ressusciter des morts de quatre jours, mais qu'elle est dans cet amour qui va jusqu'à l'immolation. Mihi absit gloriari nisi in cruce Domini ^.

Aussi frère Égide demandait-il en grâce au bon Dieu de ne pas lui faire faire de miracles; il voyait en eux, comme dans la passion pour la science, un piège où se feraient prendre les orgueilleux, et qui détournerait l'Ordre de sa vraie mission 2.

Les miracles de saint François sont tous des actes d'amour: c'est dans la guérison des maladies nerveuses, de ces troubles en apparence inexplicables, qui sévissent aux époques de crise, qu'il accomplit les plus nombreux. Ses regards si doux, si compatissants et si puissants aussi, qui semblaient être comme les messagers de son cœur, suffisaient souvent à faire oublier toute souffrance à ceux qui le voyaient.

Le mauvais œil est une superstition moins stupide

1. t A Dieu ne plaise que je me glorifie d* autre chose que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ. • Gai. 6, 14. G*est encore aujourd'hui la devise des Frères Mineurs.

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