CHAPITRE GENERAL DE
aspirations et ses rêves. Cet exemple montre combien élaît général Tétat d'attente des âmes, lorsqu'éclata rÉvangile franciscain, et combien les voies lui étaient partout préparées.
Mais il est temps de revenir au chapitre de 1217 : les frères partis pour TAUemagne , sous la conduite de Jean de Penna, furent loin d'avoir le même succès qu'Élie et ses compagnons; ils ignoraient complètement la langue des pays qu'ils allaient évangéliser. Peut-être François ne s'élait-il pas rendu compte que si l'italien pouvait suffire, à la rigueur, dans tous les pays baignés par la Méditerranée, il ne pouvait en être de même dans l'Europe centrale*.
Le sort du groupe parti pour la Hongrie ne fut pas plus heureux. Bien souvent^ il arriva aux missionnaires de se dépouiller de tous leurs vêtements, et de les donner aux paysans et aux bergers qui les maltraitaient, pour tâcher de les apaiser ainsi. Mais incapables de comprendre ce qu'on leur disait, aussi bien que de se faire entendre, ils durent bientôt songer à retourner en Italie. Il faut savoir gré aux auteurs franciscains de nous avoir conservé le souvenir de ces échecs, et de n'avoir pas cherché à montrer les frères sachant tout d'un coup toutes les langues par inspiration divine, comme on le raconta si souvent plus tard^.
Ceux qui avaient été envoyés en Espagne eurent aussi bien des persécutions à subir. Ce pays était, comme le midi de la France, ravagé par l'hérésie ; mais elle y était réprimée dès lors avec vigueur. Les Francis-