‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 23 sur 257 · ETUDE CRITIQUE DES SOURCES XLIII · texte numérisé non relu

ETUDE CRITIQUE DES SOURCES XLIII

Quant aux deux fameux cantiques Atmr de caritade ' et In foco Vamor mi mise^j ils ne sauraient être attribuésy du moins sous leur forme actuelle^ à saint François.

II appartient à M. Monaci et à ses nombreux et savants émules, de faire la lumière sur ces délicates questions, en publiant d'une manière scientifique les monuments de la poésie italienne à ses débuts.

J'ai indiqué plus haut quelques opuscules dont on retrouve la trace certaine, mais qui ont été perdus. Ils sont en nombre bien plus considérable qu'on ne le penserait au premier abord. Dans le zèle missionnaire des premières années, les frères ne pouvaient songer à collectionner des documents. On n'écrit pas ses mémoires en pleine jeunesse.

suum ad te et det tibi pacem. Au-dessous, François ajouta le signe thiu T qui était comme sa griffe (Bon. 51 ; 308) et les mots : fratev Léo Dominus benedicat te.

Puis quand ce souvenir passa parmi les reliques du Saint, frère Léon, pour l'authentiquer en quelque sorte, ajouta les indications suivantes : vers le milieu : Beatus Franciscus scripsit manu sua istam benedictionem mihi fratri Leoni; vers le bas : Simili modo fecit istud signum thau cum eapite manu sua. Mais l'annotation la plus précieuse se trouve au haut de la feuille : Beatus Franciscus duobus annis ante mortem suam fecit quadragesimam in loco Alveimœ ad honorcm Beatœ Virginis Mariœ matris Dei et heati Michael archangeli a feslo assumptionis Sanctœ Mariœ Virginis usque ad festum sancti Michael septembres et facta est super eum manus Domini per visionem et allocutionem> seraphym et impressionem stigmatum in corpore suo. Fecit has laudes ex alio latere catulc scriptas et manu sua scripsit gratias agens Domino de bénéficia sibi collato. (V. 2 Gel. 2, 18.)

1. Wadding en donne le texte d'après S. Bernardin de Sienne. Opéra t. IV, sermo 16 extraord. et sermo feriœ scxtœ Parasceves. Amoni : Legenda trium Sociorum, p. 166.

2. Wadding en a puisé le texte dans S. Bernardin loc. cit, Sermo IV extraord. Il a été reproduit aussi par Amoni 2oc. cit. p. 165. On en trouvera deux versions fort curieuses dans les Miscellanea 1888, p. 96 et 190.

XLIV VIE DB S. FRÂ.NÇOIS

II faut se rappeler aussi que la Portioucule n'avait ni archives, ni bibliothèque. C'était une chapelle de dix pas de long^ avec quelques huttes à Tentour. L'Ordre était déjà vieux de dix ans, qu'on n'y avait vu qu'un seul livre : un Nouveau Testament. On ne le garda même pas. Un jour, François, n'ayant rien d'autre, le donna à une pauvre femme qui demandait l'aumÔDe, et comme Pierre de Catane, son vicaire, s'étonnait de cette prodigalité : «Ne nous avait-elle pas donné ses deux fils pour l'Ordre? » répliqua vivement le maître ^

1. 2 Gel. 3, 35. Ce fait eut lieu sous le vicariat de Pierre de Catane, par conséquent entre le 29 sept. 1220 et le 10 mars 1231.

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