‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 249 sur 257 · Tribal. Laur. 25 b; Archiv, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Tribal. Laur. 25 b; Archiv, 1. 1, p

3. Au sommet des Apennins, à peu près à moitié cbemii> entre Gamerino et Nocera (Umbria). TfHbuL Laur. 26 b. Maj^l. l^b.

confisqué et détruit, ou alla jusqu'à le brûler sur la tête d'un frère qui s'obstinait à vouloir Tobserver *.

TESTAMENT (traduction littérale).

Voici de quelle manière Dieu m'a donné, à moi frère François/ de commencer à faire pénitence : lorsque je vivais dans le péché, il m'était très pénible de voir des lépreux ; mais Dieu lui-même m'amena au milieu d'eux, et j'y restai un peu de temps ^. Quand je les quittai, ce qui m'avait paru amer me devint doux et facile.

Peu de temps après, je quittai le monde, et Dieu me donna une telle foi en ses églises que je m'agenouillais avec simplicité, et je disais: «Nous vous adorons, Seigneur Jésus-Cbrist, ici et dans toutes vos églises qui sont par tout le monde, et nous vous bénissons de ce que, par votre sainte croix, vous avez racheté le monde.»

En outre, le Seigifeur me donna et me donne une si grande foi aux prêtres qui vivent selon la forme de la sainte Eglise romaine, à cause de leur caractère sacerdotal, que même s'ils me persécutaient je veux avoir recours à eux. Et quand bien même j'aurais toute la sagesse de. Salomon, lorsque je trouverai de pauvres prêtres séculiers, je ne veux prêcher dans leurs paroisses qu'avec leur assentiment. Je veux les respecter, eux comme tous les autres, les aimer et les honorer

1. Declaratio Ubertini, Ârchiv^ III, p. 168. Ce fait ne saurait ôtre révoqué en doute, puisqu'il est allégué dans une pièce adressée au pape, en réponse aux frères relâchés, auxquels elle devait être communiquée.

% Feci moram cum illis. Man. 338. La plupart deâ textes imprimés domient misericordiam qui présente, un sens moins satisfaisant. Cf. MisceUanea t. ffl (1888) p. 70; 1 Gel. 17; 3 Soc. 11.

comme mes seigneurs. Je ne veux pas considérer leurs péchés^ car en eux je vois le Fils de Dieu, et ils sont mes seigneurs. Je fais cela parce que je ne vois rien, je n'aperçois rien ici-bas corporellement du très haut Fils de Dieu, sinon son très saint corps et son sang qu'ils reçoivent et que seuls ils distribuent aux autres. Je veux honorer et vénérer par -dessus tout ces très saints mystères, et les garder précieusement. Partout où je trouverai les noms sacrés de Jésus ou ses paroles en des lieux indécents, je veux les en Ôter, et je prie qu'on les en ôte pour les placer en quelque endroit honnête. Nous devons honorer et vénérer tous les théologiens et ceux qui prêchent la très sainte parole de Dieu, comme nous dispensant l'esprit et la vie.

Quand le Seigneur m'eut donné des frères, personne ne me montrait ce que je devais faire, mais le Très- Haut lui-même me révéla que je devais vivre selon le modèle du saint Évangile. Je "fis écrire une courte et simple formule, et le seigneur pape me la confirma.

Ceux qui se présentaient pour embrasser ce genre de vie distribuaient aux pauvres tout ce qu'ils pouvaient avoir. Ils se contentaient d'une tunique rapiécée en dedans et en dehors avec la corde et les braies, et nous ne voulions rien avoir de plus.

Les clercs disaient l'office comme les autres clercs, et les laïques : Pater noster.

Nous aimions à demeurer dans les églises pauvres et abandonnées, et nous étions ignorants et soumis à tous. Je- travaillais de mes mains et veux continuer, et je veux aussi que tous les autres frères travaillent à quelque métier honorable. Que ceux qui n'en ont point en apprennent un, non dans le but de recevoir le prix de leur travail, mais pour le bon exemple et pour fuir l'oisiveté. Et quand on ne nous donne pas le prix du travail, ayons

recours à la table du Seigneur, en demandant Taumône de porte en porte. Le Seigneur me révéla la salutation que nous devions faire : «Dieu vous donne la paix.»

Que les Frères aient grand soin de ne recevoir les églises, les habitations, et tout ce qu'on construit pour eux, que si tout est comme il convient à la sainte pauvreté dont nous avons fait vœu dans la Règle, et qu'ils n'y reçoivent l'hospitalité que comme des étrangers et des voyageurs.

J'interdis absolument, par obéissance, à tous les frères, en quelque endroit qu'ils se trouvent de demander aucune bulle en cour de Rome, soit directement, soit indirectement, sous prétexte d'église, de couvent, ou sous prétexte de prédications, ni même pour leur protection personnelle. S'ils ne sont pas reçus quelque part, qu'ils aillent ailleurs pour faire pénitence avec la bénédiction de Dieu.

Je veux obéir au ministre général de cette fraternité, et au gardien qu'il lui plaira de me donner. Je veux me mettre entièrement entre ses mains, n'aller nulle part et ne rien faire contre sa volonté, 'car il est mon seigneur.

Quoique je sois simple et malade, je veux cependant toujours avoir un clerc qui me fasse l'office comme il est dit dans la Règle ; que tous les autres frères soient aussi tenus d'obéir à leurs gardiens et de faire l'office suivant la Règle. S'il yenait à y en avoir qui ne fissent pas l'office selon la Règle et qui voulussent faire tout autre changement, ou bien s'ils n'étaient pas catholiques, que tous les frères, partout où ils se trouvent, soient tenus par obéissance de les présenter au custode le plus voisin. Que les custodes soient tenus par obéissance de le mettre sous bonne garde, comme un homme qui est dans les liens nuit et jour, de façon à ce qu'il ne puisse

échapper de leurs mainS; jusqu'à ce qu'ils le remettent personnellement entre les mains du ministre. Et que le ministre soit tenu par obéissance de l'envoyer par des frères qui le garderont nuit et jour comme un prisonnier, jusqu'à ce qu'ils l'aient remis au seigneur évêque d'Ostie qui est le seigneur, le protecteur et le correcteur de toute la Fraternité ^

Et que les frères ne disent pas : ceci est une noavelle Règle ; car ceci est un souvenir, un avis, une exhortation, c'est mon testament, que moi petit frère François, je fais pour vous, mes frères bénis, afin que nous observions plus catholiquement la Règle que nous avons promis au Seigneur de garder.

Que' le ministre général, tous les autres ministres et les custodes soient tenus par obéissance de ne rien ajouter et de ne rien retrancher à ces paroles. Qu'ils aient toujours cet écrit avec eux, à côté de la Règle, et que dans tous les chapitres qui seront tenus, en lisant la Règle, on lise aussi ces paroles.

J'interdis absolument par obéissance à tous les frères, clercs ou laïques-, d'introduire des gloses dans la Règle, ou dans ce testament, sous prétexte de l'expliquer. Mais puisque le Seigneur m'a donné de dire et d'écrire la Règle et ces paroles d'une manière claire et simple, comprenez-les de même, d'une manière claire et simple, sans commentaire, et mettez-les en pratique jusqu'à la fin.

Et que quiconque aura abservé ces choses soit comblé au ciel des bénédictions du Père céleste, et sur la terre de celles de son Fils bien-aimé et du Saint-Esprit consolateur, avec l'assistance de toutes les vertus célestes et de tous les saints.

1. On voit qu'il ne s'agit là que de rhérésie. Les frères qui en étaient entachés devaient être livrés à l'Église..

Et moi petit frère FrançoiS; votre serviteur, je vous confirme autant que je puis cette très sainte bénédiction. Amen.

Après s'être occupé de ses frères, François songea à ses chères sœurs de Saint-Damien,et fit pour elles aussi un testament.

Il ne nous est pas parvenu, et Ton ne saurait s'en étonner; les frères Spirituels purent s'enfuir et protester du fond de leurs retraites, mais les sœurs se trouvaient complètement désarmées contre les entreprises de la commune Observance ^.

Dans les dernières paroles qu'il adressa aux Glarisses, après leur avoir rappelé de persévérer dans la pauvreté et dans l'union, il leur donnait sa bénédiction^. Puis il les recommanda aux Frères, suppliant ceux-ci de ne jamais oublier qu'ils étaient les membres d'une seule et même famille religieuse^. Ayant ainsi fait son possible pour tous ceux qu'il allait quitter, il songea un instant à lui-même.

Il avait fait connaissance à Rome d'une pieuse dame nommée Jacqueline de .Settesoli. Quoique riche, elle était simple et bonne, toute dévouée aux idées nou-

i. Urbain IV publia le 18 octobre 1263 (Potthast 18680) une Règle pour les Glarisses qui changeait complètement le caractère de cet Ordre. Elle avait pour auteur le cardinal-protecteur Jean des Ursins (le futur Nicolas III) qui par précaution défendit, sous les peines les plus sévères, aux Frères Mineurs de dissuader les Sœurs de l'accepter. « Elle diffère autant de la première Règle, dit libertin de Casai, que le blanc et le noir, le savoureux et l'insipide ! » Arbor vit. crue, lib, V, cap. 6.

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