Gel. 109; Bon
Quand mon esprit est abattu au dedans de moi,
Toi, tu connais mon sentier.
Sur la roule où je marche,
Ils m'ont tendu un piège,
Jette les yeux à droite et regarde I
Personne ne me reconnaît,
Tout refuge est perdu pour moi
Nul ne prend souci de mon âme.
Étemel I c'est à toi que je crie.
Je dis : Tu es mon refuge,
Mon partage sur la terre des vivants^
Sois attentif à mes cris I
Car je suis bien malheureux.
Délivre-moi de ceux qui me poursuivent!
Car ils sont plus forts que moi.
Tire mon âme de sa prison
Afin que je célèbre ton nom.
Les justes viendront m'entourer
Quand tu m'auras fait du bien.
Les visites de la oiort sont toujours solennelles, mais la fin des justes est le plus émouvant sursum corda que r on puisse ouïr sur la terre. Les heures s'écoulaient et les frères ne le quittaient pas : c Hélas, bon père, lui dit Tun d*eux, incapable de se contenir davantage, vos enfants vont vous perdre et rester privés de la vraie lumière qui les éclairait: souvenez- vous des orphelins que vous laissez, et leur pardonnant toutes leurs fautes, donnez-leur à tous, aux présents co mme aux absents, la joie de votre sainte bénédiction, d
oc Voici, dit le mourant, Dieu m'appelle. Je pardonne à tous mes frères, présents et absents, leurs offenses et leurs fautes, et les en absous selon mon pouvoir. Ânnonce-le-leur et bénis-les tous de ma part^. d
i. 1 Gel. 109. Cf. EpisU Eliœ.
Puis croisant les bras, il posa les maias sur ceux qui reatouraieut. Il le fit avec une effusioa particulière pour Bernard de Quintavalle : cJe veux, dit-il, et je recommande de tout mon pouvoir, à quiconque sera ministre général de l'Ordre de l'aimer et de rhonorer comme moi-même ; que les provinciaux et tous les frères en agissent avec lui comme avec moi*.»
Il pensa non seulement aux frères absents, mais aux frères futurs ; l'amour surabondait tellement en lui qu'il lui arracha une plainte : le regret de ne pas voir tous ceux qui entreraient dans l'Ordre jusqu'à la fin des siècles, pour poser sa main sur leur front, et leur faire sentir ces choses que seul peut dire le regard de celui qui aime en Dieu'.
Il avait perdu la notion du temps : croyant qu'on était encore au jeudi, il voulut prendre un dernier repas avec ses disciples. Du pain fut apporté, il le rompit, le leur donna, et dans la pauvre cabane de la Portîoncule, fut célébrée, sans autel et sans prêtre, la Gène du Seigneur^.
Un frère lut l'évangile du Jeudi saint : Ante diem festum Paschœ : « Avant la fête de Pâques, Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père,
1. TribuL Laur. 22 b. Rien ne montre mieux la valeur histo* rique de la Chronique des Tribulations, que de comparer le récit qu'eUe fait de ces instants avec celui que font les documents suivants : Conform. 48 b 1; 185 a 2; Fior. 6 ; Spec. 86 a.