‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 32 sur 257 · BTUDE CRITIQUE DES SOURCES LV · texte numérisé non relu

BTUDE CRITIQUE DES SOURCES LV

bon droit appelé légende de Grégoire IX. Elie était rhonime du pape^ et c'est sur ses renseignements que le biographe a travaillé. Il ne pouvait pas ne pas s'arrêter avec une complaisance particulière sur son intimité avec François.

Par contre^ on ne peut s'attendre à y trouver des détails qui auraient pu appuyer les prétentions des adversaires d'Ëlie, de ces zélateurs indociles qui déjà se paraient avec orgueil du titre de Compagnons du Saint et cherchaient à constituer dans l'Ordre une sorte d'aristocratie spirituelle. Parmi eux s'en trouvaient quatre qui^ durant les deux dernières années, n'avaient pour ainsi dire pas quitté François. On devine combien il était difficile de ne pas parler d'eux. Celano tait soigneusement leur nom, sous prétexte de ménager leur modestie 1; mais par les louanges prodiguées à Grégoire IX, à frère Élie^, à sainte Claire ^ ou même & des personnages tout à fait secondaires, il montre que sa discrétion était loin d'être toujours aussi en éveil.

Tout cela est très grave ; il ne faudrait cependant pas Texagérer. Il 7 a une partialité évidente, mais il serait injuste d'aller plus loin et de croire, comme on l'a fait plus tard, que les derniers temps de la vie de François aient eu le caractère d'une lutte contre la personne même d'Élie. Cette lutte a existé, mais contre des tendances dont François n'aperçut pas la source. Il emporta dans la tombe ses illusions sur son collaborateur.

i- i Gel. 102; Cf. 91 et 109. Frère Léon n'est même pas nommé dans tout Touvrâge. Ange, Illuminé, Masseo non plus !

2. 1 Gel. Prol.; 73-75; 99-101; 121-126. Après S. François c'est Grégoire IX et frère Élie, (1 Gel. 69; 95 ; 98 ; 105, 108; 109.) qui occupent le premier plan.

Page 1