‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 37 sur 257 · IV. Légende des Trois Compagnons · texte numérisé non relu

IV. Légende des Trois Compagnons

La vie de saint François qui nous est parvenue sous le titre de Légende des Trois Compagnons, fut terminée le 11 août 1246, dans un petit couvent du val de Rieti, qui reviendra souvent dans le cours de cette histoire, celui de Greccio. Cet ermitage avait été le séjour préféré de François, surtout dans les derniers temps de sa vie. Il l'avait ainsi rendu doublement cher au cœur de ses disciples K Aussi le voyons-nous devenir, dès les premiers temps de l'Ordre, le quartier général des Observants ^, et rester à travers les siècles un des foyers les plus purs de la piété franciscaine.

Cette légende avait pour auteurs des hommes dignes de raconter saint François, et peut-être les plus capables de le faire : les frères Léon, Ange et Rufin. Tous trois avaient vécu dans son intimité et l'avaient accompagné durant les années les plus importantes; ils avaient eu soin, du reste, de recourir à d'autres pour compléter leurs souvenirs, en particulier à Philippe, le visiteur des

1. Le texte en a été publié pour la premièro fois par les BoUandistes, (A. SS. Octobris t. U, p. 723-742) d'après un manuscrit du couvent des Frères Mineurs de Loavain. C'est d'après cette édition que nous faisons nos citations.

Les éditions publiées en Italie^ dans le courant de ce siècle, sont devenues introuvables, sauf la dernière, due à l'abbé Amoni. Celle-ci est malheureusement trop fautive pour servir de base à une étude sdemiGque. Elle a paru à Rome en 1880 (in-8<> de 184 p.) sous le titre: Legenda S, Francisci Assisiensis quœ dicitur Legenda irium sodorum ex cod, memhr. Biblioth. Vatic. num. 7339.

2. 2 CeL 2, 5; 3, 7; 1 CeL 00; Bon. 113; 1 Gel. 84; Bon. 149; 2Cel. 2,14; 3,10.

3. Jean de Parme s'y retira en 1276 et y' vécut à peu près jusqu'à sa mort (1288). Tnbuî. Archiv, t. Il (1886), p. 286.

Clarisscs, à Illuminé de Rieti, à Masseo de Marignano, à Jean, le confident d'Égide et de Bernard de Quintavalle.

De pareils noms promettent beaucoup et par bonheur on n'est pas trompé dans son attente. Tel qu'il nous est parvenu, ce document est le seul qui, au point de vue historique, soit digne d'être placé à côté de la Première Vie de Celano.

Le nom des auteurs et l'époque de la composition indiquent avant tout examen à quelle tendance il devra sans doute se rattacher ; ce sera le premier manifeste des frères restés fidèles a l'esprit et à la lettre de la Règle. Tout ceci est confirmé par une lecture attentive: c'est au moins autant un panégyrique de la Pauvreté qu'une histoire de saint François.

On s'attend aussi à voir les Trois Compagnons nous raconter, avec une complaisance toute particulière , les innombrables traits de la légende qui ont eu Greccio pour théâtre; on court à la fin du volume pour y chercher le récit des dernières années dont ils avaient été les témoins, et l'on est tout surpris de ne rien trouver.

Tandis que la première moitié de l'ouvrage raconte la jeunesse de François, complétant çà et là la Première Vie de Celano, la seconde ^ est consacrée à un tableau des premiers temps de l'Ordre; tableau d'une fraîcheur et d'une intensité de vie incomparables, et où les auteurs à force de sainte naïveté atteignent bien souvent au sublime; mais, chose étrange, après nous avoir si longuement parlé de la jeunesse de saint François, puis des premiers temps de l'Ordre, la narration saute brusquement de l'année 1220 à la mort et à la canonisation.

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