‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 54 sur 257 · Bon · texte numérisé non relu

Bon

lâTUDB CRITIQUE DBS SOURCES LXXXYII

rheure d'aller à la messe ^. Que penser de cette autre brebis de la Portioncule, qui accourait au chœur d&s qu'elle 7 entendait la psalmodie des frères, et s'agenouillait dévotement pour l'élévation du Saint-Sacrement»?

Tous ces traits dont on pourrait grossir la liste'i révèlent le travail de la légende; saint François devenait un grand thaumaturge, mais sa physionomie 7 perdait son originalité.

Le plus gprand défaut de cette œuvre est en effet ce vague où l'on reste quant au caractère du Saint. Tandis que, dans Celano, il 7 a les grandes lignes de l'histoire d'une ftme', l'esquisse de ce drame émouvant d'un homme qui arrive à se conquérir lui-même, chez Bonaventure, tout ce travail intérieur disparaît devant les interventions divines; son cœur est pour ainsi dire le lien géométrique d'un certain nombre de visions; il est un instrument passif dans les mains de Dieu, et on ne voit vraiment pas pourquoi c'est lui qui a été choisi et non un autre.

Et pourtant Bonaventure était italien; il avait vu rOmbrie ; il avait dû s'agenouiller et célébrer les saints mystères dans la pauvre chapelle de la Portioncule, berceau de la plus noble réforme religieuse; il avait conversé avec frère Egide et pu retrouver sur ses lèvres un écho des premières ardeurs franciscaines : mais hélas, rien de cet enivrement n'a passé dans son livre, et s'il faut tout dire, je le trouve bien inférieur à des documents tout i fait postérieurs, aux Fioretti par exemple ; car

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