‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 66 sur 257 · Archiv, t. III, p · texte numérisé non relu

Archiv, t. III, p

2. Y. Archiv I, p. 557 , ., n Et hoc totum ex rapacitate et tnalignitate luporum pastorum qui voluerunt esse pctstores^ sed operibus negaverunt deum d et seq. Cf. p. 562. « Avaritia et symoniaca heresis absque pallio régnât et fere totum invasit ecclesie corpus, »

3. « Qui exeommunicat et hereticat altissimam evangelii paupertatem, excommunicatus est a Deo et hereticus eoram Christo^ qui est eterna et incommutabilis veritas, » Arch. I, p. 509. « Non

ÉTUDE CRITIQUE DES SOURCES Cni

. aurait tort d'aller se chercher des ancêtres parmi eux. Non, ils voulurent mourir comme ils avaient vécu, dans la communion de cette Eglise qui était pour eux une marâtre, mais qu'ils aimaient avec cette passion héroïque que quelques ci-devant nobles mirent en 93 à aimer la France, même gouvernée par les Jacobins, et versèrent leur sang pour elle.

Clareno et ses amis ne croyaient pas seulement que saint François avait été un grand saint ; mais, à cette conviction qui était aussi celle des frères de la commune observance, ils ajoutaient la persuasion que l'œuvre du Stigmatisé ne pouvait être continuée que par des hommes atteignant à sa stature morale, à laquelle on pourrait arriver à force de foi et d'amour. Ils furent de ces violents qui ravissent le royaume des cieux; aussi, quand au sortir des frivoles et séniles préoccupations quotidiennes, on se trouve en face d'eux, on se sent à la fois rapetissé et grandi, car on découvre tout à coup dans le cœur humain des puissances inespérées et comme des claviers inconnus.

n y a un apôtre de Jésus auquel il est difficile de ne pas penser en lisant la chronique des Tribulations et la correspondance d'Angelo Clareno, c'est saint Jean. Entre les écrits de l'apôtre de l'amour et ceux du Franciscain il y a des conformités de style d'autant plus frappantes qu'ils ont été rédigés dans une langue différente. Des deux côtés on sent une âme de vieillard, où tout n'est qu'amour, pardon, besoin de sainteté, et

est potestca contra Chinstum Dominum et contra evangelium. » Ib. p. 560.

Il termine une de ces lettres par une parole d'un mysticisme plein de sérénité et qui nous fait descendre au fond du cœur des frères Spirituels, c Totum igitur atudium esse débet quod unum inseparabiliter sirnus per Franciscum in Christo. t Ib. p. 564.

qui pourtant parfois vibre tout & coup, comme ji celle du voyant de Patmos, d'indignation, de colère, de pitié, de terreur et de joie, quand Tavenir se découvre et laisse deviner la fin de la grande tribulation.

Les œuvres de Clareno sont donc, dans le sens le plus étroit du mot, des écrits de parti : il s'agit de savoir si l'auteur n'aurait pas sciemment dénaturé les faits oa mutilé les textes. A cette question on peut répondre hardiment: non. Il commet des erreurs^, surtout dans les premières pages, mais elles ne sont pas de celles qui pourraient diminuer notre confiance.

£n bon Joacbimite, il pensait que l'Ordre aurait à traverser sept tribulations avant le triomphe définitif. Le pontificat de Jean XXII marquait, croyait-il, le commencement de la septième: il se recueillit alors pour faire, sur la demande d'un ami, l'histoire des six premières^.

Son récit de la première est précédé tout naturellement d'une introduction ayant pour but d'exposer au lecteur, en prenant comme cadre la vie de saint François, l'intention que celui-ci avait eue en composant la Règle et en dictant le Testament.

Né entre 1240 et 1250, Clareno eut à son service le témoignage de plusieurs des premiers disciples^: il se

1. Par exemple dans la liste des premiers généraux de l'Ordre.

2. La première (1219-1226) s'étend du départ de saint François pour rÉgypte jusqu'à sa mort; la seconde comprend le généralat de frère Élie (1232-1239) ; la troisième celui de Grescentius (1244- 1248); la quatrième celui de Bonaventure (1257-1274); la cinquième conunence à Fépoque du concile de Lyon (1274) et se prolonge jusqu'à la mort de l'inquisiteur Thomas d'Âversa (1304). Enfin la sixième va de 1308 à 1323.

3. « iSupercrant adhuc multi de sociis b, Francisci, . . et alii non pauci de quibus ego vidi et aJb ipsis audivi quœ narra. » Ms. Laur. cod. 7, pL XX : fo 24 a. a Qui passi aunt eam [tribulationem ter-

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