ETUDE CRITIQUE DES SOURCES CXIX
c'est avec les citations de la Legenda Antiqua. Y a-t-il donc eu un ouvrage de ce nom? Certains auteurs, et parmi eux le Bollandiste Sujsken, semblent pencher pour la négative et croire que citer VAntiqua Legenda revient à peu près à se référer d'une manière vague à la tradition. D'autres, parmi les contemporains, ont cru qu'après l'approbation et l'adoption définitive par l'Ordre de la Legenda Major de Bonaventure on avait appelé Legenda Antiqua les légendes antérieures et en particulier celles de Celano. Les Conformités nous permettent de serrer la question d'un peu plus près. On 7 trouve en effet des passages de la Legenda Antiqua qui reproduisent la Première Vie de Celano ^ D'autres présentent des points de contact avec la Seconde, parfois d'une exactitude littérale ^, mais souvent ce sont les mêmes récits présentés d'une manière trop différente pour qu'on y voie des emprunts ^. Enfin il 7 a beaucoup de ces extraits de la Legenda Antiqua dont nous ne retrouvons la source nulle part dans les documents dont il vient d'être question^. Ceci suffirait pour démontrer qu'elle ne se confond pas avec eux. Elle les a absorbés en 7 apportant certains changements ou en les complétant par d'autres^.
1. F» 111 a 1. S\c habetur in leg. ant.: correspond littéralement à 1 Cel. 83. — 144a 2 Franciacus in leg» ant. cap. V de zelo ad religionem à 1 Gel. 106.
2. F» 111b 1. De predicantibus loquens sic dicebat in ant. leg. Cf. 2 Cel. 3, 99 et 106. — 140b 1 . Cf. 2 Cel. 3, 84. — 144 b 1. Cf. 2 CeL 3,45, — 144a 1. Cf. 2 Cel. 3,95 et 15. —225b 2, Cf. 2 Cel. 3, 116.
3. Fo 31 a 1. V. 2 Gel. 3,83. - 143 a 2 V. 2 Cel. 3,65 et 116. — i44a 1. V. 2 Cel. 3,94. — 170b 1 V. 2 Gel. 3, 11.
5. Les chapitres 18 (chapitre des nattes) et 25 (lépreux guéri) des FioreUi se trouvent en latin dans les Gonf. comme empruntés à Ix Leg. Ant. V. 174blet?07al.
En étudiant les fragments que nous a conservés Barthélémy de Pise on voit aussitôt que ce recueil appartenait à la tendance des zélateurs de la pauvreté; on pourrait donc être tenté d*y voir Touvrage de frère Léon.
Mais il 7 a fort heureusement un passage où Barthélémy de Pise cite comme étant de Conrad d'Offida un fragment qu'il avait déjà cité précédemment comme emprunté à VAntiqua Legenda^. Je ne voudrais pas exagérer la valeur d'une indication isolée; mais faire de Conrad d'Offida Tauteur de cette compilation semble une hypothèsé*tout à fait plausible. Ce que nous savons de luiy de ses tendances^ de ses luttes pour la stricte observance^ concorde avec ce que les fragments connus de VAntiqua Legenda nous permettent d'induire sur son auteur ^.
Quoi qu'il en soit^ il semble que dans ce recueil les récits aient été donnés (la principale source étant la légende de frère Léon ou des Trois Compagnons avant sa mutilation) d'une manière bien moins écourtée que dans la Seconde Vie de Celano. Cette œuvre ne dut guère être qu'une seconde édition de celle die frère Léon^ complétée çà et là de quelques traits nouveaux et surtout d'exhortations à la persévérance à l'adresse des zélateurs persécutés ^.
Enfin d'après f» 168 b 2, c'est aussi à la Leg. Ant. que serait empruntée la description de l'habit telle qu'on la trouve à la fin de la Chronique des Tribulations, Voir Archiv, t. II, p. 153.