‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 86 sur 257 · Preuves de Vhistoire du Languedoc, t. III, p · texte numérisé non relu

Preuves de Vhistoire du Languedoc, t. III, p

2. Cathédrale d'Assise; on y baptise encore aujourd'hui tous les enfants de la ville ; les autres églises n'ont pas de fonts.

3. 3 Soc. 1 ; 2 Gel. 1, 1 ; V. aussi 3 Soc. édition de Pesaro, 1831.

4. La langue d'oïl était dès cette époque la langue internationale Ae TEurope, elle était en Italie la langue des jeux et des tournois et se trouvait en usage dans les petites cours princiëres du nord de la Péninsule. V. Dante de vulgari eloquio lib. I, cap. X. Brunetto Latini écrivit en français car « la parlure de France est plus délectable et plus commune à toutes gens. » À l'autre bout de l'Europe, l'abbé de Stade en Westphalie, parlait de la noblesse de Vidiome gaulois. Ann. 1224, apud Pertz, Script, t. XVI. Nous verrons saint François faire souvent des allusions aux romans de la Table-Roc de et à la chanson de Roland.

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Ces indications sur Bernardone sont d'une extrême importance; elles nous montrent au milieu de quelles influences François grandit. Les marchands eh effet jouèrent un rôle considérable dans les mouvements religieux du treizième siècle. Leur métier môme les obligeait à devenir des colporteurs d'idées. Comment, lorsqu'ils arrivaient dans un pays, ne pas répondre à tous ceux qui leur demandaient les nouvelles? Or, les plus impatiemment attendues étaient les nouvelles religieuses, car la curiosité était tournée d'un tout autre côté qu'aujourd'hui. Ils se faisaient à ce rôle; regardaient, prêtaient l'oreille, heureux à la pensée d'avoir quelque chose à raconter, et peu à peu, beaucoup devenaient les missionnaires des idées qu'ils avaient d'abord écoutées en simples curieux.

L'importance de ce rôle des marchands qui allaient et venaient, semant un peu partout ies nouveautés qu'ils recueillaient dans leurs courses, n'a pas été suffisamment mise en lumière; ils ont été les véhicules souvent inconscients et involontaires de toutes les idées, surtout des hérésies et des révoltes, et ont fait le succès des Yaudois^ des Albigeois, des Humiliés et de bien d'autres sectes.

Bernardone a pu être ainsi, sans y songer, l'artisan de la vocation religieuse de son fils. Les récils qu'il rapportait de ses voyages semblèrent peut-être d'abord n'avoir pas même éveillé l'attention de l'enfant^ mais ils furent comme ces germes qui restent longtemps ensevelis, et qui tout à coup, sous un chaud rayon de soleil, produisent des fruits inattendus. L'instruction de François ne fut pas poussée bien

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loin ^ ; l'école s'abritait alors à Tombre de réglise. Les prêtres de Saint-Georges furent ses instituteurs^ et lui apprirent un peu de latin. Cette langue resta courante en Ombrie jusque vers le milieu du treizième siècle ; tout le monde la comprenait et la parlait un peu, c'était encore la langue des sermons et des délibérations politiques ^.

Il apprit aussi à écrire, mais avec moins de succès: pendant toute sa vie, on le voit ne prendre lui-même la plume qu'en de rares occasions et pour quelques mots seulement ^. L'autographe du Sacro-Gonvento, qui a bien l'air authentique, témoigne d'une gaucherie extrême ; la plupart du temps il dictait et se bornait k signer ses lettres d*un simple T, symbole de la croix de Jésus *.

La partie de son instruction qui devait avoir le plus d'influence sur sa vie fut le français^ qu'il parlait peut-

i. Il ne faut pas se laisser égarer par certains passages sur son ignorance dont on pourrait conclure au premier abord qu'il ne savait absolument rien, par ex. 2 Gel. 3, 45. Quamvis kotno iste heatus nullis fuerit scientiœ studiia innutrituê. Il s'agit ici évidemment de la science, telle que la comprirent bientôt les Franciscains, et de la théologie en particulier.

La suite même du passage de Gelano en est la preuve évidente.

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