‹ Vie de S. Vincent de Paul, instituteur et premier supérieur général de la Congrégation de la missionChapitre 1 sur 80 · MADAME · texte numérisé non relu

MADAME

L'accueil favorable que VOTRE MAJESTÉ a toujours fait à M. Vincent pendant qu'il vivait sur la terre, et les témoignages de bienveillance dont elle a honoré sa mémoire après sa mort , m'ont donné sujet d'espérer qu'elle agréerait cet ouvrage , qui n'est qu'un crayon de la vie et des

vertus (le ce grand serviteur de Dieu , que je me suis étudié de tracer avec toute la fidélité qu'il m'a été possible. Il est bien vrai qu'on n'y trouvera pas les ornements qui sembleraient convenables pour le rendre digne d'être présenté à une si grande princesse ; mais j'ai pensé que plus cette copie serait simple et naïve , plus aussi serait-elle conforme à son original , et plus favorablemiSjttt reçue de V. M, , qui reconnaîtrait mieux M, Vincent lorsqu'elle le verrait paraître dans son équipage ordinaire , c'est-à-dire avec son humilité , sa simplicité et sa candeur accoutumée. Et pour y réussir plus heureusement , quoique ce saint homme pendant sa vie ait toujours retenu , autant qu'il a été en son pouvoir, sous le voile du silence les excellentes grâces qu'il recevait de Dieu , j'ai fait néanmoins ce que j'ai pu pour l'obliger de parler après sa mort , et nous en déclarer quelque partie ; ayant soigneusement recueilli ce qu'il a dit sur ce sujet en diverses rencontres , lorsque sa charité l'a contraint de découvrir ce que son humilité eût voulu cacher. Si V. M. daigne lui donner quelque audience, il aura l'honneur de l'entretenir de plusieurs sujets qui sans doute contenteront sa piété , et tout ensemble lui donneront beaueaup de consolation , reconnaissani combien de grandes choses ont éié faîtes pour la gloire de Dieu et Faccroisse- Bfient.dn royaume de Jfésus-Christ durant le temps de sa régence, non-soulemçnt par sa permission et sous l'appui de

son autorité , mais encore par la coopération de son zèle et par Tapplication de ses soins et de ses libéralités. Et ce qui doit combler de }oie V. M. , est que toutes ces grandes œuvres subsistent encore, s^ugmentent et se perfeciiona«it toujours, à la faveur de h. très-sage conduite de notre iacempairâble monarque, qm éclaire comme un soleil, et tÎTifie m même temp& toutes tes parties de son royaume , et qui, parmi les {Jus ^port^tes affaires auxquelles !l s'afiplique pour le kien de son Êtet avec une force d'esprit inialilpbiS', ne laiï»e pa» d'étendre ses soins et d'employer ^m »to pour maintonir en foui Heu la véritable religion et bi»)»dèplécé.

C'est, MJdUlffî, ce ^ioUigera encore plus particuKèlemeiit cefaii duquel now écrive»^ lavi^, et dont l'innocence et lasaÛBleté nçua donMoM tocit m^ de le croire dans le ciel avec Dieu, d'employer incessamment ses prières pour obtenir de son infinie bonté toute sorte Ue bénédictions sorla pevaoovne^dQ <^ gt9»A pm^^ mU celte de V. II. , et swtwtfelft«wis0i^ royale, e» reeoiHiMisancé^ des grâce» et faveurs qu'il en a reçuea,. ec ^'tt comîlme d'en receMÎr dan^l^persônoe de&si««s^

Peadaatqu'jl avéi» sur la terre^ etmémfe dans tes te»ps le» plus pânDeuK et difficiles , ik gr toujoûirs fait pitofe*ioii

d'tinc constante fidélité envers le roi et d'une affection sincère pour tout ce qui concernait le bien de son service ; et puisque les vertus des saints ne meurent point , et que leur charité est toujours vivante , il y a grande raison de croire que M. Vincent conserve dans le ciel cette même affection et ce même zèle pour procurer auprès de Dieu toutes sortes de biens à la personne du roi, à V. M. et à tout ce qu'elle a de plus cher. Ce ne lui est pas un petit sujet de consolation d'être assuré d'avoir un fidèle serviteur, ou bien, pour parler plus conformément aux sentiments de votre piété , un intercesseur et un protecteur qui lui est parfaitement acquis auprès de Dieu, lequel , comme un autre Jérémie , est continuellement prosterné devant le trône de cette adorable Majesté pour lui demander tout ce qu'il voit, dans ce grand jour de la gloire , être vraiment salutaire à V. M. et favorable à l'accomplissement de ses justes désirs.

Pour moi, MADAME , ayant été prévenu et comblé des grâces du roi , et ayant ressenti les effets de votre bienveillance sans jamais les avoir mérités , et d'ailleurs me jugeant incapable d'en rendre à V. M. une reconnaissance telle que je lui dois , je la supplie de souffrir que j'emprunte de celui dont j'écris la vie ce qui me manque pour m'acquitter de ce devoir , et qu'à son exemple , et sous la faveur des mé-

rîtes qu'il s'est acquis par ses fidèles services , je me dise avec tout le respect qui m'est possible ,

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