‹ Vie de S. Vincent de Paul, instituteur et premier supérieur général de la Congrégation de la missionChapitre 2 sur 80 · AVIS AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AVIS AU LECTEUR

Moa dbier lecteur, j'^i à vous avertir en peu de mots de trois choses, sur lesquelles ja toms prie de faire quelque attention avant que de vous engager dans la lecture de ce livre.

La preoiière , que la vérité étant oomine l'ime de Tbistoire , sans laqndle die ne mérite pas le nom d'bistoire j nais plutôt de roman ou de conte fait à plaisir, vous pouvez vous assurer qu'dle a été très*fidéle- Q9ent et très-exaeteoaent obsertée en celle-ci ; tout ce que vous y lirez étant ou piibliquem<3fit connu , ou appuyé du téoioignage de diverses persoiuies très-dig»es de foi ; ou bien étant tel » 91e je piis vous certifier rav<»r vu de mes yeux ou entendu de mes oireiUes, ayant eu le bonbeur de connaitre et de fréquenter M. Vincent durant un grand nombre d'années, et d'avoir même visité le lieu de sa naissance et ses plus proches parents dans un voyage que je fis en ûuienne il y a environ vingt, cinq ans.

Que si parmi les témiMgnages des antres j'y rapporte aussi divers ex^ traits de ses lettres ou de ses ^tretretîens, qui ont été en partie recueHrt fis pgr qtt^ue&-uns des siens avec grande fidélité^ et oda seulement sur les dermères aimâes de sa vie , j'en ai usé de la sorte dans la pensée que Je ne pouvais fiatire une expression plus sincère ni plus certaine de s^ disposions intérieures qu'en rapportant ce qu'il a lui-même dit , kifsqtte la charité Fo^ligeait de parler, et de découvrir quelquefois c# que rhumilité lui faisait ordinairement cacher. En quoi son témpignage e^t d^autant plus digne de croyaiace, que tous ceux <pii font connu sa*vent qu'il était très^oigié de tout esprit de vanité et de vânterie , et qu'une de ses pins fréquentes pratiques était de chercher ratyeeti(»i et Tavilissffinent de kii-mteie, dkant et faisant volontiers dans les rencon* tMe ee qin pçuv^it le rendre m^Htsable «ix yeux des autres.

Or, comme ce saint homme faisait ordinairement ces entretiens san les avoir prémédités, parlant à ceux de sa compagnie sur les sujets qui se présentaient comme un père à ses enfants , on n'y verra pas tout l'ordre ni toute la liaison qui se trouveraient dans un discours étudié et préparé: néanmoins nous avons ; pensé que» les rapportant dans leur

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simplicité , le lecteur serait d'autant plus satisfait et édifié de cette lecture , qu'il y verrait plus naïvement dépeint le fond de l'esprit et de la vertu de ce grand serviteur de Dieu , sa bouche ayant parlé en ces occasions de l'abondance de son cœur.

La seconde est que cet ouvrage semblera peut-être trop ample et trop étendu, et quelques-uns même pourront penser qu'il n'était pas nécessaire de s'arrêter à déduire beaucoup de choses particulières qu'on eût pu passer sous silence , étant assez de rapporter en général les principales et les plus dignes de l'attention du lecteur. Mais comme on ne peut pas bien juger des choses si on ne les connaît que superficiellement ou en partie, on a cru que, pour bien faire voir la grandeur et l'utilité ' des œuvres que Dieu a faites par M. Vincent , il était nécessaire de les rapporter plus au long et de les mettre en leur jour, et que ce n'était pas assez de les déduire sommairement et seulement en général , sans descendre au particulier.

Au reste, le lecteur considérera, s'il lui plaît, que ce n'est pas ici une pièce d'éloquence, ni un panégyrique, mais un simple récit de la vie et des actions vertueuses d'un serviteur de Dieu , lequel ayant Mt totite sa vie une profession très-particulière d'humilité, ce serait en quelque façon aller contre son esprit, défigurer cette vertu qu'il a tant chérie, que de la revêtir des ornements pompeux d'une éloquence mondaine. Le style dont on se sert en écrivant quelque livre doit toujours avoir un entier rapport avec le sujet qu'il traite^ et on ne saurait bien réussir en rapportant les actions vertueusesdes saints qu'en les décrivant avec le même esprit dont elles ont été animées.

Enfin , mon cher lecteur, la troisième et d^nière chose dont j'ai à vous avertir est que , pour me conformer aux ordres très-sagement établis par le Saint-Siège apostolique , je déclare que je n'entends, et que je n'ai aucun dessein de faire entendre à personne tout ce qui est rapporté en ce livre autrement qu'on a coutume de prendre les choses qui sont appuyées seulement sur le témoignage des hommes , et non sur l'autorité de l'Église , et que je n'emploie le titre de saint, que je donne quelquefois à M. Vincent, qu'au sens que saint Paul le donne à tous les fidèles : ne voulant signifier autre chose ^ par cette honorable qualité et par toutes les autres semblables, sinon que ce grand serviteur de Dieu a été doué d'une vertu très-éminente , et qui surpassait beau* coup celle du commun des chrétiens.

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