‹ Vie de S. Vincent de Paul, instituteur et premier supérieur général de la Congrégation de la missionChapitre 69 sur 80 · PAROLES REMARQUABLES DE M. VINCENT TOUCHANT CES RETRAITES · texte numérisé non relu

PAROLES REMARQUABLES DE M. VINCENT TOUCHANT CES RETRAITES

SI»IRITU£LLES.

Ce fidèle serviteur de Dieu reconnaissant d'un côté les grands fruits que ces retraites pouvaient produire pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, et sachant bien d'ailleurs qu'elles étaient fort à charge à sa communauté, tant pour la dépense que pour la peine d'avoir continuellement affaire à tant de sortes de personnes de si différentes conditions et dispositions , il appréhendait beaucoup que les siens ne vinssent à se lasser de porter un fardeau si pesant. C'est pourquoi il recommandait si souvent à sa compagnie de soutenir cette charge avec constance et persévérance , d'avoir toujours un grand soin de servir et aider ces âmes qui viennent chercher Dieu : « Craignons, Messieurs, leur disait-il, craignons que Dieu ne nous ôte cette moisson qu'il nous offre : car il transfère ses grâces à d'autres quand on n'en fsiit pas l'usage tel fu'on le doit. »

£i un jour, recommandant aux prières des siens ime personne qui était en retraite » il prit sii^et d'exhorter et d'exciter toute sa communauté à Tafifection de cette sainte œuvre. « 0 Messieurs^ leur dit-il, que BOUS devons bien estimer la gr&ce que Dieu nous feit de nous amener tant de personnes pour les aider à ftiire leur salut! Ilj vient mémo beaucoup de gens de guerre» et ces jours passés il y en avait un qui me disait : Monsieur, je m'en dois aller bientôt aux occarions» et je désire auparavant me mettre en bon état : j'ai des remords de conscience, et dans le doute de ce qui me doit arriver, je viens me disposer à ce que Dieu voudra ordonner de moi. Nous avons maintenant céans, par la grâce de Dieu*, bon nombre de personnes en retraite. 0 Messieurs, quels grands biens cela ne peut-il pas produire, si nous y travaillons fidèlement! Mais quel malheur si cettfs maison se relâche un jour de cette pratique ! Je vous le dis , Messieurs et mes frères, je crains que le temps ne vienne auquel elle n'aura plus le zèle qui jusqu'à présent lui a fiait recevoir tant de personnes à la retraite. Et alors qu'arriverait-il? Il serait à craindre que Dieu n'ôtât à la compagnie, non-seulement la grâce de cet emploi , mais qu'il ne la privât même de tous les autres. On me disait avant-hier que le parlement avait dégradé ce jourlà un conseiller, et que, Tayant fait venir en la grand'chambre , où toutes les autres étaient assemblées, vêtu de sa robe rouge » le président appela les huissiers, et leur commanda de lui Oter cette robe et son bonnet, comn^e indigne de ces marques d'honneur» et incapable de la charge qu'il avait. La même chose nous arriverait, Messieurs, si nous abusions des grâces de Dieu^ en négligeant nos premières fonctions. bien nous les ôterait, comme indignes de la condition où il nous a mis , et des œuvres auxquelles il nous a appliqués. Mon Dieu, quel sujet de douleur 1 Or pour nous bien persuader quel grand mal ce nous serait si Dieu nous privait de l'honneur de lui rendre ce service , il faut considérer que plusieurs vi^ment céans faire leur retraite, pour eonnattre la volonté de Dieu i dans le mouvement qu'ils ont eu de quitter le monde ^ ^ j'en réBommande un qui a aeh^vé sa retraite, et qui en sortant d'ici s'èti va aux Gapueins prendre Tbabit. Il y a quelques communautés qui dons adressent plusieurs de ceux qui veulent entrer chez elles; et les en- TC^Bt pour faire les exercice céans , afin de mieux é{»*ouver leur vocation àYài&t que de les recevoir ; d'aub'es viennent de dix , de vingt et de einqnante UeueS loin exprès ^ non-seulement pour se venir récolUger ici ^ et feire mie ccmftsMon gélkérale , mais pour se déterminer à un ehoi^c. de vie dans le monde , et pour prendre les moyens de s'y sauver. No^s voûtas aussi tantdeeuréset d'ecclésiastiques i|ui y viennentde t<»a$i;ôtés se redresser en leur proftssslon , et s'avancer en la vie spirituelle* I^

viennent tous sans se mettre en peine d'apporter de l'argent , sachant qu'ils seront bien reçus sans eela ; et à ce propos une personne me disait dernièrement que c'était une grande consolation pour ceux qui n'en ont pas de savoir qu'il y a un lieu i Paris toujours prêt à les recevoir par charité, lorsqu'ils s'y présenteront avec un véritable dessein de se mettre bien avec Dieu.

c Cette maison, Messieurs, servait autrefois à la retraite des lépreux; ils y étaient reçus, et pas un ne guérissait : et maintenant elle sert à recevoir des pécheurs, qui sont des malades couverts de lèpre spirituelle, mais qui guérissent par la grâce de Dieu ; disons plus , ce sont des morts qui ressuscitent : quel bonheur que la maison de'Saint-Lazare soit un lieu de résurrection! Ce saint, après être demeuré mort trois jours dans le tombeau, en sortit tout vivant ; et Notre-Seigneur, qui le ressuscita, fiiit encore la même grâce à plusieurs qui, ayant demeuré quelques jours céans , comme dans le sépulcre du Lazare, en sortent avec une nouvelle vie. Qui est-ce qui ne se réjouira d'une telle bénédiction, et qui n'entrera dans un sentiment d'amour et de reconnaissance envers la bonté de Dieu pour un si grand bien? Quel sujet de honte si nous nous rendons indignes d'une telle gr&ce? Quelle conibsion, Messieurs, et quel regret n'aurons-nous pas un jour, si par notre fente nous en sommes dégradés, pour être en opprobre devant Dieu et devant les hommes! Quel sujet d'affliction n'aura pas un pauvre frère de la compagnie, qui voit maintenant tant de gens du monde venir de toutes parts se retirer un peu parmi nous pour changer de vie, et qui pour lors verra ce grand bien négligé! il verra qu'on ne recevra plus personne, enfin il ne verra plus ce qu'il a vu : car nous en pourrons venir là. Messieurs, non pas peut-être sitôt, mais à la longue. Quelle en sera la eause? Si on dit à un pauvre missionnaire relâché : Monsieur, vous plait-il de conduire cet exercitant en sa retraite? cette prière lui sera un géhenne, et s'il ne s'en excuse, il ne fera, comme on dit, que traîner le balai ; il aura tant d'envie de se satisfeire, et tant de peine à retrancher une demi-heure ou environ après le dtner, et autant après le souper, de sa récréation ordinaire, que cette heure lui sera insupportable, quoique donnée au salut d'une âme , et la mieux employée de tout le jour. D'autres murmureront de cet emploi, sous prétexte qu'il est fort onéreux et de grande dépense : et ainsi les prêtres de la Mission, qui autrefois auront donné la vie aux morts, n'auront plus que le nom et la figure de ce qu'ils ont été : ce ne seront plus que des cadavres, et non de vrais missionnaires; ce seront des carcasses de saint Lazare, et non des Lazares ressuscites, et encore inoins des honmies qui ressuscitent les morts. Cette Mission > qui est maintenant comme une piscine salu-

taireoù tant de monde Tient se laver, ne sera pbis qu'une citerne corrompue par le relâchement et Toisiveté de ceux qui rhabiteront. Prions Dieu, Messieurs et mes frères, que ce malheur n'arrive pas ; prions la sainte Vierge qu'elle le détourne par son intercession, et par le désir qu'elle a de la conversion des pécheurs; prions le grand saint Lazare qu'il ait agréable d'être toujours le protecteur de cette maison, et qu'il lui obtienne la grâce de la persévérance dans le bien commencé. » Recommandant une autre fois un exercitant aux prières de sa communauté, il ajouta ce qui suit : « Je la supplie, dit-il, de remercier Dieu pour l'attrait qu'il donne de faire ici retraite à tant de personnes, que c'est merveille ; tant d'ecclésiastiques de la ville et des champs qui quittent t(Hit pour cela, tant de personnes qui pressent chaque jour pour y être reçues, et qui le demandent avec instance longtemps auparavant. Grand sujet de louer Dieu ! Les uns me viennent dire : Monsieur, il y a tant de temps que je demande cette grâce, tant de fois que je suis venu ici sans pouvoir ro|)tenir ; les autres : Monsieur, il faut que je m'en aille, je suis en charge, mon bénéfice me demande, et je suis sur mon départ ; accordez-moi cette faveur ; les autres : J'ai achevé mes études et je suis obligé de me retirer et de songer à ce que je dois devenir \ les autres : Monsieur, j'en ai grand besoin. Âh ! Monsieur, si vous le saviez, vous m'accorderiez bientôt cette consolation. Il y a même des vieillards qui viennent pour s'y préparer à la mort. Grande faveur, grande grâce que Dieu a faite à cette maison d'y appeler tant d'âmes aux saints exercices, et de se servir de cette famille comme d'instrument pour leur conversion. A quoi devons-nous penser qu'à gagner une âme à Dieu, surtout quand elle vient à nous? nous ne devrions avoir autre but et ne viser qu'à cela seul. Hélas! elles ont tant coûté au Fils de Dieu! et c'est à nous qu'il les envoie pour les remettre en sa grâce. O Sauveur! prenons bien garde de ne nous rendre pas indignes de ce choix, et que Dieu ne vienne à retirer sa main de dessus nous. Je veux croire qu'il n'y en a que fort peu qui n'en profitent pas ; et pour quelqu'un qui n'en fait pas bon usage, il ne faut pas priver de ce bien tant de bonnes âmes qui en tirent tant d'avantages et qui en recueillent de si grands fruits, mais des fruits merveilleux. Je vous en ai parlé autrefois et je ne vous en rapporterai aujourd'hui qu'un exemple. Au dernier voyage que je fis, il y a cinq ans, en Bretagne, d'abord que j'y fus arrivé, un tort honnête homme me vint trouver pour me remercier de la grâce qu'il disait avoir reçue, d'avoir fait en cette maison une retraite spirituelle. Oh! Monsieur, me diWI, sans cela j'étais perdu; je vous dois après Dieu mon salut, c'est ce qui a mis ma conscience en repos et qui m'a fait prendre une manière de vivre que j'ai toujours gardée de-

p«is ee tempera , et 411e je garde m^ore pêt H grâee de Dten^ «vee grande paix et satisftettoniLe ibon e^rit. Certes» M oi^îettr» ijoata-t-iU je me tiens si tort obligé à votre oharité, que j'en parle partout, et je dis dans toutes les eompagnies où je me trouve que, Sans la retraite que j'ai ftiite à Saint*Ltzare, je serais damné. Gombim done déisme estime cette grAee que vous m'atei Aiitel je vous prie de erûtre ftteîe m'ai soutiendrai tonte ma ?».

• Après eela , Messieurs» ne seriens-n(His*nous pas bien OM^eonauz si par notre fainéantise noùS Teni<ms à obliger Dieu de nous soustraie cette grâce? Tous ceux à la vérité qui font en ce lifeu teur retraite n'ca profitent pas ttJut à fait comme celui dont je viens de vous parier. Mab le royaume de Dieu sur la terre n'est-il pas rempli de bons et de mauvais ? N est-ce pas un rets ou un filet qui prend toutes sortes de poissons? Dans cette grande abondance de grftces que Diett répand sur toutes les personnes du monde, combien s'en trOuve-t-il qui en abusent! et quoiqu'il prévoie cet abus qu'ils ^ lieront, il ne laisse pas pottrtant de les leur départir. Combien 7 en a-t-il qui négligent de se sertir des fruits de la Passion et de la mOrt de Notre-Seigneur, et qui, cernant dit le saint Apôtre^ foulent aux pieds le sang qu'il a répandtt pour leur salut! 0 doux et miséricordieux Sauteur ! vous saviez bien que la plupart n'en tiendraient coitipte» et vous n'avez pas pourtant laissé de souffrir la mort pdur leur salut , quoique vous prévissiez cette prddigKsu^ multitude d'infidèles qui s'en moqueraient» et ce grand nombre deebrétiens qui abuseraient des grâces que vous leur avez méritées.

€ Il n'y a point d'œuvre de piété que quelques-uns ne profonent^ rien de si saint dont ils ne fassent mauvais usage ; mais pour cela on ne doit pas désister de faire du bien, et nous ne serions pas excusables devant Dieu si nous venions à nous relâcher ou nous refroidir eu ces ^ercices de charité, parce que tous ceux que nous y assistons n'en ré^ tirent pas tout le fruit que nous pourrions souhaiter. Mais quelle j^ts et quel malheur pour nous , si nous venions à nous dégcfàter de tett$ faveur que Dieu nous a fiaite ,• de nous choisir ehtre Uxtt d'autres eém^ munatilés pour lui rendre ce service^ et ps-iver sa divine Majesté éb la gloire qu'il en retire. Oui, je le dts,^ Messieurs et nies frères,* nialheur à celui qui par sa paresse où par la crainte de perdre ses aises^ ou par ufe désir déréglé de chercher son repos quand il faut travaâler, fora ratenttir )a faveur de cette sain^ pratique. Mais quoi qu'il arrif e par la faute de (piques particuliers, il ne fout jamais que le gro^ se relâche, il fout avoir toujours bon courage, et espérer que Dieu, qt^i nûifisa donné cette grâce ^ nous la conservera, et mémo nous eu domta'a de plus scandes. Mettons donc toujours de plus en plus notre (^tifianee en

lui, ayom m coeur fmne contre l'iaemstanoe, et bon eomge ew^tie les difficultés. Il n'y a que ce mtudit eiprit de paresse qui se laisse abattre à la moindre répugnance, quiapprAende trop les difficultés» et qui évite autant la peine et le travail qu'il recherche ardemmwt ses pro{a*es satiuftctions ; c'est im effirt de l'amour^-propre, ^i ruine et qui g4te tout : c'est pourquoi nous devons le in^ft<ar, et l'assujettir à Ta* mour de Dieu, Demandons-lui que par sa mûéricorde il nous caaserve ce qu'il nous a si libéralement dimné. Oui» mes frères » c'est un grand don qu'il a hit à notre.petite cinnpagnie, et par eonséquenit nous devous prier sa bonté qu'il ne permette pas que nous nous en rendions indignes par notre nonchalance. 0 Sauveur ! suseitef en nous cet esprit du grand saint Laurent, dont nous célébrons la fête, qui l'a ihit triom-^ pher au milieu des flammes de la rage de tout renisr. Suscitez en nos cœurs ce feu divin, cette ferveur ardente, qui nous Aisse semblablement triompher de tous les empêchements du diable et de notre nature corrompue, qui s'opposent au bien. Fomentez en nous un zèle ardent de proeurer votre gloire en tous nos emplois, afin que nous y persévérions oonstanunent jusqu'à la mort, à l'exemple de ce grand saint. Nous vous en eoiqurons par son intercession.

« Bemercions Dieu, mes flères, mille et mille fois, disait*il en une autre occasion, de ce qu'il lai a plu choish* la maison de Saint-Lazare pour être un théâtre de ses miséricordes, où le 8aint«Esprlt fait une descente continuelle sur les âmes. 0 ! qui pourrait voir des jeax du corps cette effusion ! combien serait^l ravi! Mais quel bonheur pour nous antres missionnaires, que Saint*Lazare soit un trdne des justifications de Dien 1 que la maison de Saint*Lazare soit un lieu oft se prépare la couche du Roi des rois dans les âmes bien disposées de ceux qui vien^ nent ici hne leur retraite! Servons-les, Messieurs, non comme dea shnples hommes, mais comme des hommes enve|és de Dieu^ M'àyona aucune aocei^ion des personnes ; que le pautre nous soit aussi cher que le rmhe, et même encore davantage, étost plus contortne à l'état de la vie que Jésus»Christ a menée sur la terre. J'en recommande un à vos prières, qui en a un besoin tout partîeiili^, qui sans doute est capable de faire beaucoup de bien, s'il se convertit entièrement à Dieu ; et au contraire, s'il ne se convertit pas comme il faut, il y a sujet de craindre qu'il ne fasse beaucoup de mal.

c Nous avons céans un capitaine (leur dit-il une autre fois) qui veut être diartrenx» et qui nons a été envoyé par ces bons pères peur éprou-* ver sa vocation, selon leur coutume : je vous convie de te recoœwanà Netre-Seigneiar, el en même temps considérer combien grande est sa boi^t d'aller ainsi pren^ un homme loraqu'il est »gagé ftM avant

dans un état si contraire à celui auquel il aspire maintoiant. Adorons cette miséricordieuse proTidencei et reconnaissons que Dieu ne fait point acception des personnes, mais qu'il en prend de toutes sortes d'états par son infinie bonté, et prend qui bon lui semble.

c Nous en avons encore céans un autre qui fait profession des armes, et qui est pareillement capitaine : nous en louerons Dieu, et le lui recommanderons aussi bien que Fautre. Vous vous souviendrez encore en vos prières d'un antre nouvellement converti de la religion prétendue réformée, mais très-bien converti» et qui travaille et écrit présentement pour la défense de la vérité qu'il a embrassée, et pourra par ce moyen en gagner d'autres : nous en remercierons Dieu et le supplierons qu'il lui augmente ses grices de plus en plus.

• Nous avions un prêtre ces jours passés (dit-il encore en une autre occasion) , lequel étant venu de fort loin pour faire céans sa retraite, me dit d'abord : Monsieur, je viens à vous, et si vous ne me recevez, je suis perdu : et lorsqu'il s'en alla , il paraissait tellement touché de l'esprit de Dieu , que j'en fus extraordinairement étonné. Trois autres sont partis du fond de la Champagne , s'étant encouragés réciproquement pour venir faire leur retraite à Saint-Lazare. O Dieu, combien y en vient-il de loin et de près, à qui le Saint-Esprit donne ce mouvemmit! Mais combien faut-il que la grâce soit forte, pour amener ainsi de toutes parts les hommes au crucifiement ! car la retraite spirituelle est pour crucifier sa chair^ afin qu'on puisse dire avec le saint Apôtre : Je mis crucifié au monde, et le monde m'est crucifié. »

Voilà quelques bluettes des saintes ardeurs dont le cœur de M. Vincent était embrasé pour procurer l'avancement du royaume de Dieu dans les âmes, par le moyen des exercices de la retraite spirituelle; c'était ce même feu divin qu'il tâchait de communiquer et inspirer à ceux de sa Congrégation , pour allumer en leurs cœurs une charité et un zèle infatigable en faveur de tous ceux qui venaient se réfugier à l'abri de leur maison , et y chercher la guérison et la sanctification de leurs âmes.

SECTION IV

SENTIMENTS DE PLUSIEURS AUTRES PERSONNES TOUCHANT CES MÊMES RETRAITES, ET QUELQUES EXEMPLES DES FRUITS QU'ELLES ONT PRO- DUITS.

Un prêtre du Languedoc étant venu à Paris en Tannée 1640 , voulut d'abord faire sa retraite à Saint-Lazare; après laquelle il en écrivit à un prêtre de ses amis qui l'y avait adressé en ces termes : c J'ai reçu tant de témoignages de bienveillance, et tant de bons traitements en

cette maison de tous ceux, à qui j*ai parlé » que j'en étais contas f et par*dessus tous les autres, M. Vincent m'a re^u avec tant d'amour, que j'en suis tout saisi : mon cœur le ressent bien, mais je ne trouve point de paroles qui le puissent exprimer. Ce que je puis dire est que, durant le temps dfi nos retraites, j'ai été comme en paradis; et maintenant que j'en suis dehors, il me semble que Paris m'est une prison. Ne croyez pas que je vous dise cela par manière de compliment, je parle selon assentiments que Dieu m'en donne. Au reste , je ne saurais phis vivre au monde; ma résolution est d'en sortir, pour me donner entièrement à Dieu. >

Un autre ecclésiastique d*Orléans écrivant à M. Vincent sur ce même sujet : « Je vous prie, lui dit<-il, de m'octroyer, pour l'amour de Dieu et de la sainte Vierge , encore une autre retraite en votre maison. Je ne fois que soupirer après ce dessein ; et j'espère que , quand vous aurez reconnu pour quelle fin je la veux faire derechef, j'obtiendrai cette grâce de la miséricorde de Dieu et de votre bonté. Certainement, Monsieur, lorsque je pense aux bons sentiments que l'on con<20it chez vous; j'en suis comme ravi hors de moi-même , et je ne puis que je ne souhaite qu'il plût à Dieu que tous les prêtres eussent passé par ces saints exer» cices : si cela était, nous ne verrions pas tous les mauvais exemples que plusieurs donnent, au grand scandale de l'Église, t

Un vertueux curé d'une paroisse de la campagne qui n'est pas beaucoup éloignée de Paris, écrivant à M. Vincent en Tan i64â , lui dit : « Les fruits que remportent ceux qui ont fait chez vous les exercices de la retraite spirituelle répandent une telle odeur en tous les lieux où ils passent, qu'ils font naître en l'esprit de plusieurs le désir d'en aller cueillir eux-mêmes sur l'arbre. Voyant donc un de mesproehes parents dans cette bonne volonté, j'ai cru ne pouvoir mieux feire pour lui que de vous supplier très-humblement qu'il vous plaise le recevoir à feire en votre maison les exercices de la retraite spirituelle, dont il espère recevoir lumière et grâce pour la conduite du reste de sa vie. »

Feu M. le baron de Renty, aussi noble par sa vertu que par sa nais^ sance, ayant employé tous les moyens que sa grande charité lui avait pu suggérer pour retirer un curé d'un grand désordre où il avait longtemps croupi, sans y avoir rien avancé, eut la pensée de l'adresser à M. Vincent, afin de le porter à faire une retraite à Saint-Lazare; et dans la lettre qu'il lui écrivit sur ce si^et, il lui témoigne qu'il avait cette confiance , que, par le moyen des exercices de cette retraite sous sa charitable conduite, la vie déplorable qu'il avait menée jusqu'alors serait changée en une vie de bénédiction.

Le supérieur d'une religion réformée d'une maison de Paris eut aussi le même sentiment touchant un religieux de son ordre, curé d'une pa

— 47ft-

reisie» ^i était tombé en ({uelque désordre! : voici en (]ttels termes il en écrivit à M. Vincent : t Ce bon religieux , lui dît-il , a grand besoin, pour phnieara »ijeti qu'il vous pourra dire, d'amender sa vie cl-âevant asses déréglée» au préjudice des âmes qu'il a sous sa conduite. On lui a reeonmiandé de seretirer cbea vous » comme en un lieu de sùrrté pour lea âmes, et d'adresse pour les remettre au chemin de leur devoir. Je vous prie très-instasunent de lui fiiire la charité de le recevoir, et de n'oublier rien de tout oe que vous jugerez propre pour le gagner à Dieu. »

Un autre religieux d'un des plus célèbres couvents de Paris crut ne pouvoir mieux faire pour un page qui voulait se convertir que de le mettre entre les mains de M. Yincent , et le prier de lui donner retraite pour quelques jours ea sa maison. # Je prie Dieu ( dit-il dans une lettre qu'il lui écrivit peur cela en l'année 1644) qu'il prolonge vos jours et vos années pour sa gloire, et pour le bien du prochain, pour lequel vens travailler incessamment : voici un sujet digne de votre charité que je vous envoie ; c'est un page du prince de Talmont , qui jusqu'à présent a été élevé en la fiaiusse rdigion calviniste , et s'est adressé à moi pour se convertir; mais ne me trouvant pas assez puissant pour une$i bonne œuvre y je prends la hardiesse de vous l'adresser, comme à celui à qui Dieu fiiit des gi ftees frès^pctrticulières et très-grandes pour sa gloire, et. pour M salut des pécheurs et des dévoyés. Ayez donc la eharité, mon très^honoré père en Notre^Seigncur, de Faccueilln* et Tembrasser comme une pauvre brebis égarée qui cherche où se reth^ et se sauver de la gueule du loup. >

Certainement s'il fallait ici rapporter parle détail toutes les personnes qui ont eu recours à la charité de ce grand serviteur de Dieu , et feire va dénombrement de toutes le» infirmités, misères et néces»tés spirituelles, auxquelles il a pourvu et remédié avec bénédiction, par le moyen des retraites spiritueMes, dans la seule maison de Saint-Lazare, H y aurait de quoi rempKr plusieurs volumes ; et l'on pouirait en quelque ili^n dire du serviteur ce que rÉvangSe rapporte de son divin Maître \ qu'on lui amenait de tous côtés tous ceux qiM étaient atteints de quelques infirmité» et maladie», et qnll sortait de lui une vertu qui les dé!!' vrait de tous leurs maux , et leur doniiaii une entière guérison.

Or, comme ce n'est pas seulement en la maison de Saint-Lafare que la charité de M. Yincent s'est feft ressentir, mais qu'elle s'est répandue en plusieurs autres lieux , nous rapporterons encore ici quelques téufioignages et exemples des biens que ce» mêmes retraites spiritueltes ont

" Virlns de Itio exit>at, et sanabat omnes. Lue,, 12.

produits en d'autres eadroits, sous la o<mâaite des enfents de ce père des missionnaires.

Un eoelésiastique de Paris de condition et de très-grande vertu» après s^ètre exercé plusieurs années dans tous les emplois de la Missim, et avoir fait plusieurs retraites à Saint-Lazare , fut enfin nommé à un évA* ebé , et aussitôt il s'y retira pour se mieux dispeser à son sacre et à tous les autres devoirs de sa charge : ensuite étant allé en son diocèse avec quelques prêtres de la Congrégation de la Mission, il commença à mettre en usage tout ce qu'il avait vu pratiquer à M. Vincent, et à ceux de sa compagnie ; et reconnaissant par sa propre expérience l'utilité des re* traites spirituelles il convia les éurés et autres ecclésiastiques de son diocèse d'en (venir ftiireen son palais épiscopai, lequel il destina ea partie à cet usage. Voici ce qu'il écrivit en peu de mots à M. Vinc^ en Vannée i6&& : « Pour vous faire part de nos nouvelles, je vous dirai guenons continuons nos assemldées des ecclésiastiques, tant de ceux du diocèse que des autres des lieux cireonvoisins qui demandent d'y assister; }'ai préseidement environ 50 prêtres avec moi, qui ftmt les exercices de la retraite spirituelle dans révéehé avec beaucoup de fruit et de bénédiction. >

Un autre grand prélat , qui est même archevêque , et qui a fréquenté durant plusieurs années la maison de Saint-Lazare et les exercices de ta Mission, a cru ne pouvoir procurer un plus grand bien à son clergé que de hite venir en son palais ardiiépiscopal les curés et autres eceUésîastiques de son diocèse en diverses bâmâes, ponr y faire les exercices de la retraite spirituelle , sous un prêtre de la Ccmgrégaikm de la Mission , lequel , lui rendant compte par une lettre du succès de la première de ces retraites, lut parle en ces termes :

c Au commencement , chacun se regardait avec crainte et murmure : les plus timorés ne savaient qu'en juger ; Bsais Dieu , qni les avait contraints par votre ministère, et même trateés pour la plupart dans la solitude, changea tellement leurs cœurs , que tous s'écrièrent : rerè Bem est in hco isto, et ego nesciebam; et dans la suite des exercices , comme le jour s'avang^ > et dissipait leurs ténèbres et froideurs, ils disaient : Quàm bonum et quant jucundum habitare fratres in unum / et à la lin de ta retraite : Faciamm hic tria tabemacula. Ces bons messieurs , qui étaient au nombre de quarante , tant recteurs que vicaires, assuraient n'avoir vécu que ces dix jours : ils pleuraient à chaudes larmes, se ressouvenant de leur vie passée, et de Tignoranee dans laquelle ils avaient vécu : les plus âgés couraient aux exercices ; et jiB vous puis assurer que je n'ai pas encore vu tant de ferveur, ni des opérations si sensibles de Pesprit de Dieu, qui tient en sa «ttin ks

cceurs, non*s6uIement des rois de la terre , pour les fléchir où il voudra, mais encore des rois du ciel et des prêtres, dont la dureté apporte souvent plus de résistance à la grâce. Chacun a feit sa confession générale, et la plus grande part de toute leur vie, croyant n'avoir rien fait jusques ici ; tous ont pris de fortes résolutions de travailler à leur propre sanctification, et à celle de leurs troupeaux , disant avec le prophète-roi : Dixi, nunc cœpi; hœc matatio dexterœ excelsi. A mesure que la grâce changeait les cœurs, ils me venaient trouver en particulier, et me disaient , comme quoi le démon les avait aveuglés , leur faisant croire que la retraite n'était qu'une nouveauté insupportable , une prison et mie géhenne ; les autres me disaient : Âh ! Monsieur, combien sommesnous obligés à Monseigneur ! que nous devons bien prier Dieu pour sa personne et pour son retour ! Si nous eussions eu les lumières que nous avons, nous n'eussions pas fait ce que nous avons fait. Enfin, Monsieur, tous étaient comme des petits enfants, et je m'étonnais comme des personnes qui pouvaient être mes grands- pères prenaient tant de créance à un si faible instrument. Fitulus et leo, lupus et ovissimul accubabunt; puerparvulus mînabit eos. Toute votre ville a été embaumée de bonne odeur de ces bons messieurs, non-seulement de leurs paroles, mais encore de leur modestie. Les ecclésiastiques qui se raillaient de ces exercices ont été surpris de voir leurs amis et leurs confrères cbanser de langage, et quelques-uns de votre chapitre demandaient quand leur tour viendrait. J'espère , Monseigneur, que vos prières obtiendront de Dieu l'exécution de tant et de si saintes résolutions , et que par ce moyen votre diocèse prendra une nouvelle face , les chefs versant de si bonnes influences sur le reste du corps. »

Nous ajouterons encore ici un extrait d'une autre lettre écrite au même archevêque, touchant la continuation des bénédictions que Dieu versait sur le clergé de son diocèse, dans les autres retraites qui suivirent cette première, où le même prêtre de la Mission lui parla ea ces termes :

€ Encore que ni le lieu ni le temps ne rende pas précisément les hommes saints , néanmoins l'un et l'autre y contribuent beaucoup. La grâce a ses temps aussi bien que la nature. L'Église appelle les jours de carême jours de salut et de propitiation. L'expérience de la dernière retraite ne nous permet pas d'en douter. Et je vous puis assurer, Monseigneur, que si Dieu s'est montré libéral dans les précédentes retraites, il s'est montré comme prodigue en celle-ci, qui finit la veille du dimanche des Rameaux : car outre que chacun a remarqué dans la conduite de ces Messieurs l'opération merveilleuse de la grâce, qui change Jes cœurs les plus rebelles, et tire la lumière des ténèbres; je leur ai

souvent entendu dire qu'ils ne commençaieirt qn'à ouTrir les yma, ymu connaître l'éminence de la dignité du sacerdoce» laquelle s'ils eusseitf plus tôt connue, ils ne s'y fassent jamais engagés si légteement. Il y en avait qui offraient leurs bourses pour la continuation de ces retraites chaque année ; les autres voulaient résigner leurs bénéfices pour demeurer toujours en de semblables exercices : d'autres enfin demandaient à passer quelque temps dans le séminaire, pourvu que leurs cures fussent pourvues. Chacun se retira avec un tel regret que leur visage était tout baigné de leurs larmes; et avec une telle dépendance de vos ordres et de messieurs vos grands-vicaires, qu'ils disai^t être en état de faire tout, et d'aller où il vous plaira. Voilà, Monseigneur, comme vous établissez des missionnaires en chaque paroisse, pour arroser ce que la mission avait planté. Tous les séculiers en louent la divine bonté, et reconnaissent dans leur pasteur des entrailles de père, pour le spirituel et pour le temporel. Je vous puis assiirer que , si vous aviez eu la consolation de voir les merveilles de la miséricorde de Dieu, votre joie serait parfaite autant qu'elle peut Tétre en ce monde. Mais j'ai pensé oublier de vous dire comme l'un de ces messieurs, qui n'avait pas vécu en ecclésiastique depuis plusieurs années en divers lieux de votre diocèse, et qui ne venait aux exercices que par grimace, et pour sauver les apparences extérieures, ainsi qu'il Ta avoué depuis, peu à peu se laissa toucher le cœur ; néanmoins , ne voulant pas qae mes filets l'arrêtassent, et cherchant un autre confesseur dans lequel il croyait trouver plus de confiance, Dieu lui en ôta Toccasion, et, la nuit avant le jour de la communion, bourrelé par sa propre conscience, il ne put dormir : Quis enim ei restitit et pacem habaiO Une sueur saisit tous ses membres, un tremblement universel le prend ; il entendait une voix intérieure qui lui disait : Yoici ton heure, il faut mourir ; tu résistes à Dieu. Il appelle un de ses confrères couché en la même chambre, lui dit qu'il va rendre l'âme, et qu'il le prie de me venir appeler. Ce qu'ayant fait, je me lève ; je le confesse depuis minuit jusqu'à quatre heures du matin, avec des larmes et une reconnaissance envers la divine bonté qui n'est connue que de Dieu seul. U communia avec les autres, mais avec un tel regret que j'avais crainte qu'il ne perdit le sens , et que le démon ne se transfigurât en ange de lumière pour lui faire perdre un si grand trésor. En eflfet, ce bon monsieur était comme hors de lui; mais étant revenu à soi, il me dit que c*était un secret jugement de Dieu qui voulait que, comme ses fautes avaient été publiques, la réparation en fût publique et connue de tout le clergé ; et ainsi il se retira très-satisfait, disant : Jdisericordia tua magm est super me, qui emfsli animam meam eoi infemo inferiort. i

PisaoM mtiniMunt en Italie, oà rem pratique les mtaet ef ertiees, et eonneocons par Géoes. Yoiei en quels termes 4a supérieur de la Mission de cette Tille en écrifit à M. Vincent en l'année 1646 : i Nous ayons écrit de la part de Me«se<gneur le cardinal Dur^a^zo » archcTéque de eette ?ilie» à tous les arcbiprétres des lieui où s'est faite la mission, de donner ans à tous les eurés et prêtres de leur arehiprètré que les exercices cpîritiiek se doirent commencer à tel jour en la maison de la Mission» et que tous ceux qui voudraient se servir de cette bonne occasion se pourraient rendre ici à telle heure. Plusieurs sont venus et se tout déjà rotinis. Je ne vous puis exprimer la grande consolation qu'ils ont rci^, Bil'abondanee des grtees que Notre-Seigneur leur a com- MUBîquëes, ni la «grande modestie et le silence exact qu'ils ont observé, m leur bnoiyilité et sincérité à rendre compte de leurs oraisons, ni les' conversions admirables et presque miraculeuses qui s'y sont faites. Entre antres il ««'y est trouvé un ciu*é qui m'a dit, et presque en public, qu'il était venu pensant se moquer, et plutôt par hypocrisie que par d^- TOtion, afin que monseigneur le cardinal lui procurât quelque augmaniatîon de reveno. Il a dit de plus que la Mission n'a pas eu de plus grand woemi que lui, qu'il en avait dit tout le mal qu'il s'était pu imaginer , et même de son Ëminenee. C'était un homme fort adonné au vice, qui avait 4d)teBU un bénéfice par simonie, reçu les ordres sans autre titre t}6e ee bénéfice , exercé les ordres, administré les sacrements , fait tous les <Mces euriaux , et demeuré plusieurs années en cet état^ un homme 4t négoce et d'intrigue, etc. Mais enfin Di^ l'a touché, et Va Umàié très^lReacement; il s'est converti, il a pleuré, il s'est humHié, et a 4oDDé de grands témoignages de son changement. Tous ceux qm i'oat TU dans ces exercices ou qui en ont entendu parler &on restés extrêmement édifiés ; et nous ne le sommes pas moins de tons les autres qui ont Ait beaucoup de fruit, chacun selon ses besoins. De vous dire mainte^ suait , Monsieur, combien grande a été la joie et la consoiaUon qu'efl a «ocueoonÉminenGe,eerte$,les larmes fui sortaient de ses yeux, quand ^qUfAques-uns de ces messieurs lui oi^ dit leurs sentiments , le pearent MflMignerimieuK.que mes paroles : ce qui a fait un tel édat dans la viUe -et «encore auK eavirons^ que plusieurs autres se pr^éseeieat {^our v«eir Mrelemème* >

De temps en ^tempst le même supérieur écrivait à M. ¥ineent Jes sbseèsdeaemUàbles exercices, qui seraient tr^ longs à déduire en ce lieu ; nous n'en rapporterons que ces mots : c Les curés , diK4l , se retirmat •vendredi dernier, tout pleins de feryeur et d'édifictrtion , et disentmerveOlcs desgrAces que Dieu leur a laites , ieaquelles en efet août grades ; et je puis dire que jamais je n'ai vu une sembkMedispoaîtioB, ai

$an$ étppafn^nt et a^mlr^tiou : iU étaiepf ^èll^^t tf^)}p|ié$ qu*fj$ rei|daiejjt lpur§ pof}%8io»§ tpute§ ppblifluef. Et i| y en put ya qui dit: Nq^» $Qn)aie$ ici an 1% y^ljée de Jofapha^., yofafi^ la liberté et ç^n^rQ- $fté ayp(; laquelle chacun i}^coi]if rait 3ou cireur f ,et cpl^» cofunip j'ai dit, avec sfrapde aI)Qpdançe de larjpes en publfc pt ep particulier. Ce ^oBjt âe$ effets de la grâce toute puissante : wiai$ qperie ipjBryeille, si le bpp Dieu ç'esj montré si libéral envers dps per^opnes qjji o^t pt4 si ftdèles au petit feulement, et partici|Uèregient au sjlepce! Je les ypyais treptj^ ensemble dans la salie, en m'attendant, sans qu'il y en eù( up qui os^t dire upe parole à un autre. Nous avops epcpre préçenteffleiït quatre ^xercitants, pntrp lesquels est un juif qui se veut faire çhrjétien et qui yenu de Pjl3e tout isxprè$ ; çpn £mlnence npu$ l'a enypyé.

f II y a un sénateur, lequel, dé§ipant faire une bonne confefsipp générale, et ne pouvant laisser les afl^ires publiqup$ pouf* faire les exercices spirituels, a choisi ces trois jours de fête, pendant lesquels il vient deux fois le jour à la maison conférer avec moi pour faire sa conconfession générale ; il Ta commencée avec beaucoup de ferveur et avec de grands sentiments ^e contrition : J'espère qu'il h finira de même.

c Nous attendons à ce soir six ou sept prêtres qui doivent venir commencer les exercices; ils ont dessein d'entreprendre une mission dans la ville, comme nous faisons aux champs. Je prie votre charité de reeommander l'aflaîre a Dieu. >

M^ns^ni^ar le cardinal, arcbevéque de Gèi^s, a fait luiripêm^ fe^s ex;erescei plusieurs lois che^ les (M*etres ifi la Mission, mn a^^fi ces cur^^, mais avec les missionnaires jnémes qui les font Iqu» le» an|. Yf^fi ee que te même isupérieur en écrivit à 9f . Vipcent au mw <ie npvenibire de ruinée 16&8 :

f L'ÊBûnentisstia^ cardinal a été huiit jours avec mm » .et a fajit 1$$ exerdces spûritoels avec tes missipnnaires , au noinbre de dix. Ob l que c'est un grand serviteur de Dieu ! on ne saurait ^roir^ av« quelle #S^titqdeetponctualîtéil a jobservé Tordre des 6x&ffsi»^, «mqu'il iq|it d'i^ complexion fort fetble, et âg^ de 4i& ans , m^i^ m lPQJ)ltre en avioir da^vantage par ses eontinuek travanx , tant st^rijtn^s qjqie jeqyrpuH rels. U âiiSiaiit oraîsw le matin en cot^oaiw <3iv^ Im AVJtr^s, et k ^mmiy sans ae mouy^r depios le cppim^ceçienl: jusqu'à la ^ , t^w qm m^iques!«iBs se leva^s^t , ^t quant aux aiMres mAit^^ifm qm cbaeup fusait dans sa chambre, il les l»sa«|; à &mi>v^ ; m H pai^ il sa tr/iwvait un peu fatigué , il me dem^J^datt #'il pp^rraM se J^yier : jP Im Jf.m§ M^ dit qu'il le pouvait, et que même il était à propos qu'il s'assit quelqviepeu

de tempspourne sepastrop incommoder, et ne laissait pas à chaque fois de me le demander, pour avoir le mérite de l'obéissanee. Lorsqu'il communiquait les pensées et les bons sentiments de ses oraisons, il le faisait avec autant de simplicité, d'bumilitc et de dévotion qu'aucun de nous. Sitôt qu'il entendait la cloche pour TofBce y ou pour les autres exercices de la communauté , il laissait tout, et se trouvait des premiers à la chapelle : à table il voulait être traité comme les autres ; je le suppliai de permettre que nous le traitassions différemment, à quoi enfin il condescendit. Il montrait avoir peine qu'on lui donnnât à laver à part , se voulant conformer aux autres. Sur la fin des exercices , je le priai de nous donner à tous sa bénédiction, pour impétrer de Dieu la persévérance. Ce qu'il ne voulait pas faire ; mais , au contraire, il voulait absolument que je la donnasse moi-même : toutefois , après beaucoup d'importunités, il nous la donna. 0 mon cher père , quel exemple de vertu avons-nous devant les yeux ! >

Page 1