‹ Vie de S. Vincent de PaulChapitre 1 sur 115 · MADAME · texte numérisé non relu

MADAME

Uaccueîl favorable que VOTRE MAJESTÉ a toujours fait à M. Vincent pendant qu'il vivait sur la terroi et les témoignages de bienveillance dont elle a honoré sa mémoire après sa mort, in*ont donné le sujet d'espérer qu'elle agréerait cet ouvrage, (pii n'est qu'un crayon de la vie et des vertus de ce grand ser-

viteur de Dieu, que je me suis étudié de tracer avec toute la fidélité qu'il m'a été possible. U est bien \rai qu'oti n'y trouvera pas les ornements qui sembleraient convenables pour le rendre digne d'être présenté à une si grande princesse; mais j ai pensé que plus cette copie serait simple et naïve, plus aussi serait-elle conforme à son original, et plus favorablement reçue de V. M. qui reconnaîtrait mieux M. Vincent lorsqu'elle le verrait paraître dans son équipage ordinaire, c'est-à-dire avec son < humilité, sa simplicité et sa candeur accoutumée. Et pour y réussir plus heureusement, quoique ce saint homme pendant sa vie ait toujours retenu, autant qu'il a été en son pouvoir, sous le voile du silence les exbellentes grâces qu'il recevait de Dieu, j'ai fait néanmoins ce que j'ai pu pour l'obliger de parler après sa mort, et nous en déclarer quelque partie ; ayant soigneusement recueilli ce qu'il a dit sur ce sujet en diverses rentontres, lorsque sa charité l'a contraint de découvrir ce que son humilité eût voulu cacher. Si V. M. daigne lui donner quelque audience, il aura l'honneur de l'entretenir de plusieurs sujets qui sans doute contenteront sa piété, et tout ensemble lui donneront beaucoup de consolation , reconnaissant combien de grandes choses ont été faites pour la gloire de Dieu et l'accroissement du royaume de Jésus-Christ durant le temps de sa régence, non-seulement par ba permisiion et sous l'appui de son autorité, mais encore par la coopération de son zèle et par l'application de ses soins et^de ses libéralités. El ce qui doit

combler de joie V. M. , est que toutes ces grandes œuvres subsistent encore, s'augmentent et se perfectionnent toujours, à la faveur de la très-sage conduite de notre incomparable Monarque, qui éclaire comme un soleil , et vivifie en même temps toutes les parties de son royaume, et qui, parmi les plus importantes affaires auxquelles il s'applique pour le bien de son Ëtat avec une force d'esprit infatigable, ne laisse pas d'étendre ses soins et d'employer son zèle pour maintenir en tout lieu la vérir table religion et la solide piélé.

C'est, MADAME, ce qui obligera encore plus particulièrement celui duquel nous écrivons la vie, et dont l'innocence et h sainteté nous donnent tout sujet de le croire dans le ciel avec Dieu, d'employer incessamment ses prières pour obtenir de son infinie bonté toute sorte de bénédictions sur la personne de ce grand Prince, sur celle de V. M., et sur toute la Maison royale, en reconnaissance des grâces et faveurs qu'il en a reçues, et qu'il continue d'en recevoir dans la personne des siens.

Pendant qu'il a vécu sur la terre, et même dans les temps les plus périlleux et difficiles, il a toujours fait profession d'une

constante fidélité envers le Roi et d'une affection sincère pour tout ce qui concernait le bien de son service; et puisque les vertus des saints ne meurent point, et que leur charité est toujours vivante, il y a grande raison de croire que M. Vincent conserve dans le ciel cette même affection et ce même zèle pour procurer auprès de Dieu toutes sortes de biens à la personne du Roi^ à V. M. et à tout ce qu'elle a de plus cher. Ce ne lui est pas un petit sujet de consolation d'être assurée d'avoir un fidèle serviteur, ou bien, pour parler plus conformément aux sentiments de votre piété, un intercesseur et un protecteur qui lui est parfaitement acquis auprès de Dieu, lequel, comme un autre iêrémie, est continuellement prosterné devant le trône de cette adorable Majesté pour lui demander tout ce qu'il voit, dans ce grand jour delà gloire, être vraiment salutaire à V. M. et favorable à l'accomplissement de ses justes désirs.

Pour moi , MADAME , ayant été prévenu et comblé des grâces du Roi, et ayant ressenti les effets de votre bienveillance sans jamais les avoir mérités, et d'ailleurs me jugeant incapable d'en rendre à V. M. une reconnaissance telle que je lui dois, je la supplie de souffrir que j'emprunte de celui dont j'écris la vie ce qui me manque pour m'acquitter de ce devoir, et qu'à son exemple, et sous la faveur des mérites qu'il s'est acquis par ses

Mes services, jo mr dise avec tout le respect qui m'esl pos-

ie,

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