CHAPITRE IX
M. VIKGENT SE REllRE SECBKTEMENT DE LA MAISON DB GONDY, ET
\ iiLTc.i km: quelque temps après.
liCs succès pleins de hi^nédiction que Dieu donnaitàcesemploischaritablesdeM. Vincent, augmentait de plus en plus l'opinion qu'on avait de sa vertu ; il était regardé de ceux qui le connaissaient, comme nn homme rempli de l'esprit de Dieu; et pour cela M. le général des galères et Madame concevaient une estime toujours plus grande de sa personne, dont il ne se pouvait qu'ils ne lui fissent paraître quelques marques dans les occasions; ce qui était un supplice à son humilité, qui ne cherchait qu'à s'abaisser et se tenir dans l'avilissement ; de sorte que, ne voyant point d'autre remède, il se résolut, à l'exemple de plusieuragrands saints, de s'enfuir pour éviter ce dangereux écueii de la
vaine gloire, qui a sonvent causé un triste naufrage aux Ames les plus vertueuses, lorsqu'elles avaient le vent en poupe, et qu'elles se promettaient de faire une plus heureuse navigation.
3Ioi8c, comme remarque saint Arabroisc, s'enfuit de la cour du roi Pharaon, de peur que le bon traitement qu'il y recevait ne souillàtson 2\me, et que la puissance et l'autorité qui lui avait été donnée ne fût un lien qui ne le retint attaché : il s'enfuit, non par défaut de résolution ou de courage, mais pour trouver le sentier assuré de l'innocence, pour se mettre dans le chemin de la vertu, et s'affermir dans la piété*. »
Quoique la maison de M. le général fût une des mieux réglées de la cour, et que M. Vincent n'y vit aucune chose qui fClt contraire à la vraie piété, Thonneur néanmoins et tous les témoignages d'affection qu'il y recevait, et l'estime qu'on faisait de sa vertu, lui donnaient beaucoup de peine ; il craignait que le grand crédit qu'il avait acquis surlcs esprits danscetteillustrefaroille,ne fût un piège qui leretint,rt qui i*cm péchât de s*avancer dans la perfection de son état ; ce fut pourquoi, fermant les yeux à tous les sentiments de la nature, et à tous les intérêts du siècle, il se résolut de s'en retirer pour se donner plus parfaitement à Dieu.
Il y avait encore une autre raison qui le portait à cette retraite ; c'est que Madame la générale ayant reçu de grandes et notables assistances de lui pour le soulagement de son esprit, qui était fort travaillé de scrupules et peines intérieures, dans lesquelles Dieu l'exerçait, pour joindre la couronne de la patience à celle de la charité, avait conçu un tel surcroît d'estime et de confiance envers M. Vincent, que cela fit naitrcenelle une crainte de le perdre, et de n'en trouver jamais un semblable, qui eut lumière et grdce comme lui, pour tenir en paix sa conscience, adoucir les peines de son esprit, et la conduire dans les voies assurées de la vraie et solide vertu; et cette crainte vint tellement à s augmenter, qu'elle ne pouvait souffrir que difficilement sou absence ; et quand la nécessité des affaires l'obligeait à quelque voyage, elle en était en inquiétude, appréhendant que la chaleur ou quelque au tre accident ne lui causât quelque maladie ou incommodité . Gelaétait à la vérité une imperfection en cette dame, quoique d'ailleurs fort vertueuse ; et dès que M. Vincent s'en aperçut, il tâcha d'y remédier; et pour cet effet il l'obligea même de se confesser quelquefois a un Père Uécollet,qui était très-expert eu la conduite des âmes, duquel il jugeait
' Fuglt Moyses h fade regU Pharaoïils, no ciim aula régla inqiiinaret, ne IrteWret pt»tcQUa:fugaiiIa orat tramer innoccnUœ,vinuiis via, pictatisa&suuipUo.Amf^. lib.Ue fuiia site ni i, cap, 4.
qu'elle demeurerait satisfaite ; «t lui ayant fait avouer qu*en effet il l'avait fort consolée, il se servit de cette expérience pour la convaincre que Dieu la conduirait heureusement aussi bien par un autre que par lui, si elle mettait son unique confiance en son infinie bonté.
Mais tout cela n*eut pas assez de force pour lui ùter l'impression de la nécessité qu'elle crovait avoir, qu'un homme comme lui, véritablement charitable et prudent, demeurât auprès d'elle pour y avoir recours dans ses besoins, particulièrement lorsqu'elle se trouvait aux champs ; où ayant plusieurs terres, elle était obligée d'aller souvent, et d'y passer une partie de l'année, et où elle ne pouvait se résoudre de découvrir ses difficultés à un prêtre de village. M. Vincent donc, la voyant dans une telle position, et ne pouvant souffrir qu'aucune personne eût la moindre attache ù sa conduite particulière ; et d^ailieurs ayant une grande peine de voir l'estime qu'on faisait d'un misérable tel qu'il se croyait et disait, et craignant que cet excès de confiance ne fût un empêchement au vrai bieu de cette Âme, qui d'ailleurs était trèsvertueuse, et qui cherchait bien purement Dieu ; et qu'au lieu de lui aider» il ne servit d'obstacle à son avancement dans le chemin de la perfection, il prit résolution de se retirer ; et comme il n'était entré en cette maison que par la persuasion du Révérend Père de Bérulle, il le fut trouver, et le pria d'agréer qu'il eu sortit^ sans lui en dire aucune autre raison, sinon qu'il se sentait intérieurement pressé de Dieu d'aller en quelque province éloignée, s'employer à l'instruction et au service des pauvres gens de la campagne; ce que le Révérend Père de Bérulle u'improuva pas, reconnaissant en M. Vincent un esprit qui allait si droitement à Dieu, et qui était si fortement éclairé de sa grâce, qu'il ne jugeait pas lui pouvoir conseiller rien de meilleur, que ce que lui-même lui proposait.
il sortit donc de la maison de Gondy au mois de juillet de l'apnée ICI 7, prenant pour prétexte un petit voyage qu'il avait à faire; et quoiqu'il vit bien qu'on ferait divers jugements à son désavantage de s'être retiré de la sorte, et même qu'on le taxerait d'ingratitude après tantd'bonneursetde bons traitements qu'il avait reçus en cette maison ; ce qui sans doute lui était très-sensible, ayant un cœur tout à fait I)ortéàla reconnaissance; il passa néanmoins par-dessus toutes ces considérations, et renonçant à ses propres intérêts, s'exposa volontiers à tous ces inconvénients, pour être fidèle à Dieu, et pour procurer (quoique par un moyen qui paraissait fort extraordinaire) le plus grand bien spirituel de cette vertueuse ùme, qui s'était confiée à sa conduite, loi montrant par son propre désintéressement, qu'il ne fallait s'attacher qu'à Dieu seul.
r^ Révérend Père deBérulle voyant M. Vincent résolu à cette sortie, sans aucun dessein particulier du lieu où il se devait retirer, lui proposa d'aller travailler en quelque lieu de ia Bresse, où il y avait une graude disette d'ouvriers évangcliques, et lui désif^na particulièrement la paroisse de Chàtillon-lès-Dombes, oùson zèle pourrait faire une abondante moisson. M. Vincent, suivant cet avis, s'en allaen ce lieu de GliAtillon, et y étant arrivé, une des premirris choses qu'il lit, ce fut de porter cinq ou six ecclésiastiques qu'il y trouva, à se mettre ensemble en quelque sorte de communauté, pour se donner par ce moyen plus parfaitement au service de Dieu et de sou Kglise; ce qu'ils firent a sa persuasion, et ont continué de faire longtemps après, avec une trèsgrande édilioation de toute la paroisse ; il s'appliqua ensuite à travailler avec son zèle ordinaire à rinstructiou du peuple et à la conversion des pécheurs, par des catéchismes et exhortations publiques et particulières, qu'il lit avec un très-grand fruit; il n'oublia pas les malades et les pauvrep, les visitant et leur procurant toutes sortes de consolations et d'assistance, et s'employa ( comme nous dirons ci-après) même avec grande bénédiction, h la réduction de quelques bérétiques.
On ue savait encore rien de tout ceci en la maison de M. le général des galères; car .U.Vincent n'avait communiqué son dessein, à Paris, qu'à une ou deux personnes de confiance : de sorte que quelque temps après qu'il fut arrivé à Chàtillon, il crut être obli<j:é d'en donner avis à 31. le général, qui était pour lors eu ihovence; et pour cet eflet il lui écrivit une lettre, par laquelle il le suppliait d'agréer sa retraite, puisqu'il n'avait pas, disait-il, assez de grâce et de capacité i)our rinstructiou de Messieurs ses enfants. li ajouta qu'il n'avait pas dit à 31adame ni à personne de la maison, le dessein qu'il uvait de u'y pas retourner. Cette nouvelle si imprévue afiligea grandement c-e bon seigneur, qui en lit aussitôt part à Madame sa femme, à laquelle il déclara la peine qu'il en avait reçue par une lettre qu'il lui écrivit, dont voici les propres ternies :
« Je suis au désespoir d'une lettre que m'a écrite M. Vincent, et que je vous envoie pour voir s'il u'y aurait point encore quelque remède au malheur que ce nousserait de le perdre ; je suis extrêmement étonné de ce qu'il ne vous a rien dit de ha résolution, et que vous n'eu ayei point eu d'avis ; je vous prie de faire eu soiAe par tous moyens que nous ne le perdions poiut ; car quand le sujet qu'il prend serait véritable, il ue me serait de nulle considération , n'eu ayant point de plus forte que celle de mon salut et de meseufauts; à quoi je sais qu'il pourra uu jour beaucoup aider, et aux résoiutious que je souhaite plus que jamais pouvoir prendre^ et dont je vousai bleu souvent parlé; je ueiui
■i iioiDt mmn ftdt de r^m^et fattendrflf de Toi nourëllee aEopemvmt. JàfBi ai Ventomite de ma aœar.de Hagny qai n^cat paa loin de fari aerm à prepoa; maia je eroia qail 11*7 amm rien de ploa puisaamt qoe M. de Bérolle. Ditea-Ini, que qnand bien même H. Tineent n*anÉit paa la méthode d^enseigner la jenneme, qa'il peut avoir an hemme «eas lui; mala qn*en toatea façona je désire passionnément ipi*il vaviMM en ma maison, où il viTra comme il Tondra, et moi an jo«r en komaM de bien, si cet homme-là est âvee moi. »
CSalta latlra eat dn mois de septembre 1617, et ce fat le jonr de lHiaHaHen de la Sainte-Croix qoe Madame la reçut, et qu'elle apprit . la Um tt In vésdation où était M. Vincent ; ce qui loi fut Tralment une «oialiiaD «Migaanle, et nn glaive de douleor qoi lui pénétra si avant dana Tiase^ qoedepnia qu'elle eut appris cette nouvelle elle ne cessait de planer, al ne pouvait ni manger ni dormir. Yoici ce qu'elle fit nnanaiiin de saa sentiments à une personne de confiance, en lui déehaigaanl va jeor son eoBur sur ce sujet:
« JnnaraniaiaîaMaia pensé, dit-elle; M. Yineènt s'était montré trop eharitahleenvera mon Ame pour m'abandonner de la sorte : mais aaît bné, je ne Faoense de rien ; tant s'en faut, je crois qu'il n'a laitqQe par qne apéoiale providenee de Dieu, et touché de son i Bsaiade vérité son éloigoement est bien étrange ; je confsasa de »*y voir goutte; il aait le besoin que j'ai de sa conduite, et laaalriffaaqiiaf '41I i lui communiquer ; les peines d'esprit ^t de corps qne j'ai auufcit— nunqne d'assistance ; le bien que je désire faire en BMa Tillagea^ qu'il m'eat impomible d'entreprendre sans son conseil. Bni^ jevniaason Ame en un trèa-pitoyable état. Vous \07e1 avec quel ressenliment M. le général m'a écrit ; quemes enfants dépérissent tous laa jonra; que le bien qu'il Caf^t en ma nmison et h sept on buitmille Anmaqni aontan mea terres, lie se fera plus. Quoi! ces Ames ne sontaUea panaaml bien néhetéea du sang précieux de Notre-Seigneur, que eellea de Breaae? Ne lui sont-elles pas aussi chères? De vrai, je ne sais eainst M. YineènVKantend ; mais cela me semble assez considérable, pamr idr» non poaaible de le ravoir : il ne eherche que la plus grande H^oinada Die», et je ne le désire -pdMontre sa sainte volonté; mais je le anpplie de tout mon cœur de me le redonner : j'en prie sa sainte Mae, al je laa an prierais encore plus fortement, si mon intérêt particnUar n'était paa mêlé avee celui de M, le général, de mes enftuits, de mniuriliaatdemeasnjelB. « Voili fueli étaient lea scntimenta de cette vertueuse dame, laquelle erhamoyenslasplweffieaeaspoiArparvénirAcequ'elle priahaaneoap Dieu et le ilt pito ècâtte même fin par
toutes les bonnes àmcs qu'elle connaissait. Elle recommandait aussi cette affaire aux prières des principales communautés religieuses de Paris : elle alla trouver plusieurs fois tout éplorée le Révérend Père de liéruUe; elle lui ouvrit son cœur, et lui déclara la grande peine et afiliction où elle se trouvait : ses larmes et ses raisons pressantes firent «'(ssi/ connaître ù ce ^rand serviteur de Dieu le besoin qu'elle avait de hi présence et du conseil de M. Vincent ; de sorte que, répondant à la (lomaiidc qu'elle lui avait faite, il lui dit qu'elle pouvait, en sûreté de iouscience, faire tout son possible pour obliger M. Vincent de revenir on sa maison; car il vojait qu'au milieu de ses plus fortes angoisses, rlle conservait toujours dans son c^ur une résignation absolue au boa \)\'ùidv de Dieu, ne voulant pour quoi que ce fût aller en aucane façon ccuti e ces ordres , et pour la consoler davantage, il lai fit espérer de ::'emplo}cr lui-même envers M. Vincent, pour lui persuader de rêve ]iir : ce qui soulagea beaucoup sou esnrit et lui fit dire ensuite que M. de Cdrulle était l'homme du monde le plus consolant. Elle ne poo- ^ait pourtant ùter de son esprit la crainte de perdre M. Vincent ; car, disail-elle, il n'est pas homme à avoir fait le coup à demi, il a prévu tout ce que je pourrais dire ou faire, et s'est résolu avant que de partir. Cela néanmoins n'empêcha pas qu'elle n'employât tous les moyens dont elle put s'aviser, pour convier et obliger M. Vincent à revenir: elle lui écrivit sur ce sujet plusieurs lettres qu'elle laisait voir an Révérend Père de Bérulle ; elle lui envoya celle de M. le général et le pria de bien peser le grand désir qu'il témoignait avoir de son retour, en telle condition qu il lui plairait; et se plaignant à lui en l'une de ses lettres, elle dit ces paroles qui font encore particulièrement connaître les dispositions de sou esprit à son égard :
'^ 3 c n'avais pas tort, lui dit-elle, de craindre de perdre votre assistauee comme je vous ai témoigné tant de fois, puisqu*en effet je l'ai perdue : Tangoisse où j'en suis m'est insupportable sans une grâce de ])ieu tout extraordinaire, que jenemérite pas. Si ce n'était que pour un temps, je n'a!irais pas tant de peine; mais quand je regarde toutes les occasions où j*aurai besoin d'être assistée, par direction et par conseil, soit en la mort, soit en la vie, mes douleurs se renouvellent. Jugez donc si mon es|)rit et mon corps peuvent longtemps porter ces peines. Je suis en élal de ne rechercher ni recevoir assistance d'ailleurs, parce que vous savezbien que je n'ai pas la liberté |)our les besoins de mon ànie avec beaucoup de gens. ftï. de Bérulle m'a promis de vous écrire, et j'invoque Dieu et la sainte Vierge de vous redonnera notre maison pour le salut de toute notre famille, et de beaucoup d'autres, vers qui vous pourrez exercer votre charité. Je vous supplie encore
iquez-la envers nous, pour TaiBoor que tous portei à [Ty i la bonté dn^œl je me remetsen cette occasion, bien D crainte de ne poavoir ns perséyérer. Si après cela ? ou VOQB chargerai derant Diea de tout ce qui m*arrif era, en que je manquerai à faire, luite d'être aidée. Yovs me lard d'être en des lienx bien songent privée des sacrea grandes peines qni m'y arrivent, et le psa de gensqni le m*y assister. Tons voyea que M.Iegénéraia le mime qnc 0iea seifl Jni donne par sa miaéricorde. Nerésirtei ne vous poorres faire, aidant à son sslnt, puisqu'il est lui de beancoup d*autres. Je sais que ma vie ne servant Ken, il n'est pas dangereux de h pettre en hasard j asais [|re assistée à la mort. Souvenei-vona dal'apprâi^isioD I vue ep ma denite nialadie en un village : je suis pou^ pire état; et 1a ÏMW peu^de cela me ferait tantde mal, si sans grande dSposition précédente, eUe ne me ferait
lasser ontreence récit,il fisnt faire un peu de réfleiion B admirable de Dieu envers les âmes qu'il vent élever à lent degré de vertu, en ce qu'il dispose teUemei^ lesditres et accidents de leur vie que tout contribue à leur IBS le chemin de la perfection ; et ce qui Csitparaltri daésse et la puissance de Dieu, est que sonrnk Usa sert li semblent entièrement opposés à Vtffi #'il en vent rétait Dieu, sans doute, qui avait dopmé H. ViM^it k lérale, pour lui servir d'un.flifUe guide dans kQpMsflie ; k grand progrès qu'elle faisait dans te dieBBiaiU<fa ardmte charité qni allait tous les jours s'allomant de ms son cœur, et produisant au dehors de simerveiUeux I marque bien certaine de la bénédictionqiis Dieu donlite de son sage directeur; lequel de son cMé trouvait le nouvelles occasions de signaler soniète et d'accroître I Jésus-Christ. Cependant, IHeu, qui a^ait asioëé ces Imes pour lui rendre de si grands services, et se sanctis plus dans leurs eierdces de piété et de charité, est qui les sépare et les éloigne l'une de l'autre, et qni ec I de celte séparation, qui seml4|dt si contraire à te con lus les biens qu'ils avaient commencés, et même si pntte vertueuse dame; il s*en sert, dis^, pour lesdiq^- I plus grandes grâces, et à praticpier de plus cïieeltenles les rendre plus dignes instrumenta de sa tonte pnimanle
miséricorde, atin de coopérer d'une manière pins fructueuse et plM remplie de bénédîetionR, au salut d'un tri*s-grand nombre d'âmn, comme il se verra en la suite de ce livre.
Dieu voulait que sa fidèle servante fit en cette rencontre plasieon a0> tes d'une héroïque résignation, qu'elle lui offrit en sacrifice son Isaae, son appui, son conseil, sa consolation, enfin le secours qui loi semblait le plus nécessaire, non-seulement pour sa perfection, maisantsî poir sou salut; et réciproquement il voulait que M. Vincent eût occasion de faire plusieurs actes héroïques, d'un parfait détachement des personne mêmes qui devaient lui être les plus chères selon Dieu, et aoxqiiellei Dieu même Tavait engagé, et comme attaché avec des liens d'ane très^ pure et sincère charité. Il avait sans doute été obligé de faire un grand effort sur lui-même, lorsqu'il prit résolution de s'en séparer, et qo'il exécuta cette résolution sans en rien dire; mais il fut encore oMigi d en faire une autre non moindre, quand il eut reçu cette lettre, pour ne se pas rendre au\ raisons, aux remontrances, aux prières et aoi inslances très- pressantes qu'elle contenait. La peine et la détresse et il voyait cette Ame, qui lui était si chère selon Dieu, le grand besoin qu'elle avait de son assistance, les termes qu'elle employait pour k I supplier de ne la lui pas refuser, le ressouvenir de tous les témoigna*- (;es d'estime, de respect, de bienveillance qu'il en avait reçus, easseot été capables de surprendre un esprit moins éclairé, et d*ébranleraa rœur moins uni à Dieu que celui de Vincent de Paul; mais commefl s'était donné parfaitement à Kotre- Seigneur, et qu'il ne voulait agir que dans une totale dépendance de sa volonté, ayant lu cette lettrSy la première chose qu'il fit, ce fut d'élever son esprit à Dieu, reno»vêler à sa divine majesté les protestations d'une fidélité inviolable, lai faire un sacrifice de tous les sentiments et i*espects humains, dennndir sa lumière et sa grâce pour coiiiiaitrc et pour suivre ce qui lui était k plus agréable; et après avoir tout cx)iisidéré, en sa présence, ne reooiir naissant pas que Dieu demoiulùt de lui qu'il changeât de réaolatioo, ni qu'il retourn&t au lieu d'où il était sorti, il écrivit une réponae à madame la générale, dans Li ]-.i(-lle il lui représenta tout ce qu'il jug6i de plus propre pour soulager sa peine, et la |)orler de plus en plnsâ se conformer aux ordres du la divine volonté.
Mais comme on avait assuré cette vertueuse dame qu'elle poavaitsn bonne conscience employer tous les moyens qui lui seraient poasibki pour le retour de M. Vincent, cette lettre n'empêcha pas qu'elle ne fit jouer tous les rrsHorts dentelle put s'aviner pour fléchir son esprit : elk obtint que plusieurs porsonnes du toutes sortes de conditions lui éoiivissent, pour Tobliger àfi revenir : il se trouve deaieUres de i
I. le eiirdifiiil de Betx sùn beati -frère, pbnrtof^évèqpfii teiéêê» p^m pfyM^hèspareuts^deÉilrïiiâ^idldfBdérk jp\meutÉ ûMtëtîh et tOi^ëùx, et A*m iffmi îrAÉ- "^
ë de cMéïxm et de pim, iVl pnkïeA M f Mflièfiètit stoorner : le Révérend Père JlB^nille iai cdAsrf^t BVMt fèit eiipëtaf^ à madraie là gétiétiwj riùdi'oe fiit deeaf^Mdé (MMéneè et aèftdb éndnènté^tMi^: énr M et poser M pdiiè éxftéidë «h île tMbViiteèb ttt^ lE
ftildimtëHë^t^it itten«eéè,éi leghlfttfaékHr4bëÉ:1è èllrelott^MMrieh im all^daféMt^de<W^li^hilf 'I ; MÊàÉê&ÊÈi k êi diftsrétidii et à tilehsrité de tlâMLdént bkÈL Idl étMt ÉMfRflëntmefDt iriântfffMée^éf dépMlidrè H jQgèMl IM être la plu étriOmdé : «Mit 11 reéthUÀl Mer Idi-^ittftHe les dessdnê de IMett <ttf aa tMttprt Ittfîtalyre uiië «dire eoaaeil df perftaatfMii. iMtea eea ëétiiQiDcea èi prefléaiifea tftofkmméAt pMnt I Mi tioeefit, oto IttienTdya exprès^ ad ÎAiOitâ^étMléé to iet74 Vbû de aeè phMhltiaied^te : m fàt M. iNf^ a'de M« le général,- qm le Tint tnnrrer àCbâtilloitj^et' Nies raisona, qa*enfin il le mit en doate ai Diea le os longtemps de lui en ce pays-là ; et lui ayant reprétaic pas de lnt*iàèttè se détetttttfèr etMsoiidre éd iiiië mportance f itttfis qde poni* "mieux connaître ce que tt fity M fallait qb'à Titti tatkki M gMHd ApMi% «ftit tAnanias, c'est «hdire qQ'îl|xrRëdti«sd deqwlqiliriM^ taonse; pour cet effet il Inl persuada de teufir «véelM I étattif îl iTadressi^MRétérsnd Pècj^eiiee, mpêiMÈir fÊAj tôni Men cdttsldé^^ Idl CMaHlUt iè fMOoM»* |tf ed ce lien^là il ponmdt^ avec MlMi Mtii de éMM iéiit.depms longlempe^ dlseemér spfw j^lttl de IdlttiM nelle éuit la irolomé de IHea. ^
9«D ce ctaieH, il en écrivit ft M. le gdadrii ^tf ébdt à manda qu'il espérait dans dea)l 1ÊÊ0Ê Mleili t#fage t rrait ce que Dieu ordonnerait de hàl H deMtlt lUMÉi la riaparlaTOiedeH. Doftresne, nm^Mgigat i auëitt» e temps après, étant à Chàtlllon^ Il ré^dé M; te |tfanivaifte, du 15 octobre de hr mène dimée 1 mis deux jours celle que toos m'arted ëbHledel(feii^ dnttoB 90e vous avec prise de ftilre dfl petit td^^ft leaovembre, dont je mer^dis extrâiiieaieitt/ël|f0i< lir eu ce temps-là, et que vous aceoMeiM àr nés pril^
res et aux conseils de tous vos bons amis, le Uenqae jedéiirB d« je ne vons en dirai pas davantage, poisqoe YOoaaTCsm ktotlPifie jécris à ma femme ; je yoqs prie seolement de oonaidérar qofUiMMpHi qae Dieu Tent que par TOtremojai le père et les enfants tioitotippMi bien^ete. » % i • ,
H. Vincent partit de Chètillou, laissantàœax qn'ilqnittattmjMSi grand regret de se voir sitAt privés de toutes Im assistanow quilh vs* cevaient de sa charité, et arriva àParis le 23 déeembie, oàapaèstnk c(mféréavec le Révérend Père de Bériille,et quelques antres jpiianM fort éclairées, enfin par leur avis il rentra chei M. lu génértl dfliplk; res la veille de Noël, au grand contentement de toute la lamUlf^etpnp ticnlièrement de Madame, qui le reçutoomme nnange du lui renvoyait pour la conduire dans les voies sa perfection. Et afin qu'elle ne fût plus inquiétée par la eniwtovP nelaquittât une secondefoi8,eUe luifitpromettrequ'U V^ qu'à la mort, comme il a fait, DieaTàjant ainsi voulu, pour conmiencement à la Congrégatiim de laMission, parle nojen. sainte Dame, comme il sera dit dans la suite dipoe livre. . :. . < hi^^m
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CHAPETRE^. >.*:f,iJ»ia'
PBEMIEllS COMMENCEirarrS DE LA OOITFBBBIB M LA GHABIzi fÇ/ffi M^ FAUVBSS MALADES. .,., /,;,
Pendant le séjour qoe M. Yineent fit à OiâtiUmi,.!! arriva ^m jatfL j de fête, comme il montait en chaire pour fidreone nhortrtIaasA gwM ^ pie, la dame d'une maison de noblesse voisine, qui était l'entendre, l'arr^. pour le prier de recommander au e»..« paroisse une famiJUt^ dont la plupart des eafsnH etservilWMS tombés malades, dans une ferme, à demt-lîene de GhàlîUiMy» avaient grand besoin d'assistance ; ee qui ToUigy de pails«^<«»iBl^» sermon^jde l'assistance etdnseeours qu'on devait donner aamyamMlM^ et particulièrement à eeui qui étaient malades, telsqu'dtalsMMlki qu'il leur recommaaAtit. ■ * • . -.ih^t^m
Il plut à Dieudovper une telle efficace àsesparoks, qu'apvèt'fftfrfil dicationungrandnomlNrede personnes sortirent ptmr slfcr ilsHiMi<f pauvres malades, leur portant du pain, du vin, de k viandrat | sieurs autres commodités semblables ; et luio^mème sprfuriCBseti près s'y étant acbeminé avec quelques habitants dalicoi«tEmM pas que tant d'autres y fussent d^à allés, il ftu fMrt AonnédÉllfr contrer dans le chemin qui en revenaient psB'4P» u^élidNw même piosieare qui se reposaient sous desp n^
— SS- II liisait : ao sojet de qaoi, oes paroioi de l'Érangile loi h peniée, qu$ en bannes gen$ itaiem comme dee breUi, tetmâuUee par aucun paeUur* : « Voilà, dil-ilynnegrànde Il eiiereent, maie die n'est pas bien r^^lée; oee paotireg imnt trop de proT&ionB toot à |^foiSy dont nne partie A p^ue, et pnia après ils retoniv|ront en leur première
RfMi les jours snirants de conférer aToe quètqnes féniBies Ms^et des mieai aœommodées de la paroisse^des moyens aelqne ordre dans l'assistaiice qn'on rendait k ees pauvres nx antres qui à l'avenir se tronveralent dans nne sembla- Ji en telle sorte qn'ils pussent être seeourus pendant tout leurs maladies. Les ayant donc disposées à cette charitable et étaut convenu avec elles de la manière qu'il y faudrait sa un projet de quelques règlements qu'elles essaieraient pour les faire ensuite arrêter et^établlr par rantorité des et eonvia ces vertueuses femmes de se donner à Dieu pour n pratique; et ainsi commença la conflrérie de la Charité tanee spirituelle etcorporelle des pauvres malades; et ayant Dire dles de quelques offidèreSi elles s'assemblaient tous rant lui, et rapportaient tout ce qui s'était passé, le lui-même a dit en diverses rencontres, pour montrer pur I qu'il n'y avait rien do sien dans l'institution des divers sa Ckmgrégation, le tout s'étant fait sans aucun dessein de iii penser que ees petits commencements imprévus dnssen t
indes suites et les succès avantageux qu'il a plu à Dieu de
ne cette eonfrfrie de la Charité, à laquelle M. Yincent ■encraient & Chfttillon, qui a été la première et comme la 'â frit naître un très-grand nombre d'autres, que lui et les ipuis établies en France, en Italie, en Lorraine, en Savoie
I. Vincent étant de retour en la maison de M. le général des ime il a été dit au chapitre précédent, et son sèle, qui ne œurer oisif, le portant à entreprendre diverses missions ire les pauvres de la campagne, ayant par le paisé travaillé •iaa terres de madame la géoérale, il fut convié de faire la ité à toutes les autres qui appartenaient à la maison de ielon ce dessein, il alla faire mission à Yiilepreux et aux vil- I dépendaient ; et MH. Berger et Gontière, conseillers dercs i ànê non habeutes pastorem. Matth,, S).
aa pailememda Paris, H. (kM^oerotfddQtnranaéalogiddaiaiiiaiii d0 Navarre, et piosnon autrea Tertaebx eooiéiiaatiqaca, ie joigaiM à lui. Et là, U établit, la 33'ftf rier 161 8, la oMfMéidde ta OêêêAU é pa» vrei maladas, par Tatitorité dé H. le GârdiiiiA deBels, alèra tfaéfi de Paris, lequel ep apMpava les ffègiements; etfntte ooofrërie'e*! seconde qoe M. VinedHk établie, et qql se «miatitot enfxire par tain nédictioQ de Dieu, aassfbien qoe la première. La troisième fat par 11 semUablement établie en la ville de loignjr, et la qtaatcièiteM* ed de Hontmirail : enspite de qooî, Dien donna' nne teHe hitMkÊkm ces oommeneements, que la mèÉMf eônfrérie fut |Nir lui étaUia ^pMlqi tempe après en plos de trente paroisses dépendantes, tant de 9f ^Isfi néral des galères que de madame sa fémipe.