‹ Vie de S. Vincent de PaulChapitre 112 sur 115 · CHAPITRE DEB]?ÏIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEB]?ÏIER

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mAlDÊ Q0I SE POLfRRAtT FAlRE^ POOnQUDÎ Off WÎ RAÎ*PORTE lH

LiirtE kvcvn mibacle paiI poun PttEtJVE ùè la sâietteté Mof^siËUE viïîCErr.

Ceui qui mettent par écrit là vie des personnes qui ont ejtccHé en vertu rapportent ordinairement à la fin de leur ouvrage les miracles que Dieu a opérés en leur faveur, pour servir comme d'un léc^ioiguage auibenlique de leur sainteté. Et comme on ue doit pas légèrement croire tout ce qui se dit de ces œuvres extraordinaires i miraculeuses, aussi ne lès faut-il pas témérairement rejeter ou im« prouver : car la main de Dieu n est pas raccourcie, et sa puissaûç i|'a pas moins d'étendue en ces derniers siècles que ctans les préc dents. Il est le souverain Seigneur de iunivera, qui peut toujoufT faire tout ce qu'il lui plaît au ciel et eu la terre i et comme le don des

leur

^.- ..ti jjcut-tHre demande citde ia \ie de M. Viueeiit ou n'a rapp le vie ayant été si VËilueuse €t ^i sali lire que Dieu n'm eût pas oyété tu i {u^uQf pourquoi est-ce qu'où le relies le déclare poiQt| pu Is^ue^ selon le lujiu Il chose honorable et g[orleu.sc à Biea de œuvres de sa puksriiici' ' ?

mdre^ en premier UeQ| qjjBp^ ii'6itpu niu f lorsqu'une personne a aieiié mi tfe a accompagnée du don des jpiffwjyi jwjjm inds saints reconnus pour teîa4ci.twitf JIUh 1 ne lit point qu'ils aiwt jnilraiMaa JUJK ?lare expressément que saint Jfi|i^BÎy| la bouche du Fils de JDieii qi^m ^flliS g> n'a pourtant fait ancon OBiraii^ : .il l'I^jlli et devant les yeuK un.tDèSF-gpnuid nfmhf^ x>nditiony qui n'en ont janiais^{ut^.dffi|t M ) pas de reconnaître e^ d'hoiMNrer k sÂitl^ en que Dieu n'eût jTaijt aoeon plrijilftj Tait eu rien diminoer raitWR ,qiM .«M tion qui est due à la . ■lâiMii^.ili^.^yi

^pondre, que si on B*a fltfporté Qt homme, ce n'est pas one ^^"^

^Headire de la guéridon de plusieura autre» personnes affligées eti

^litiFâ carpH de maludteft li-ts-ficheuses, et qui paraiîïs&ieiii irreriié-

^diables, laquelle s'est faite d'une luauiiTe qui surpuâse entièrement

les forces de la nature, lorsque ces personnes ont eu recours aux

interce.^dioas de ce graud serviteur de Dieu,

Mais quoiqu'on pût rapporter plusieurs esemples de telles et sem^ ' lilables choses^ qui sont très-avérées^ et appuyées sur des lëmoi- ^ gaages irréprochables, et qui mériteraient saug doute la créanH^fl rdu lecteur, on a mieux aimé toutefois les cacber sous le voile d^^ silence, tant pour rendre une plus exacte obëifi^oce aux ordres de la iainte l^lgli&e, qui ne veut point qu'on publie aucun miracle qui n*^ auparavant été reconnu et approuvé par l'autorité des évèques, qt pour se conformer plus parfaitement à Fesprit de ce père des miEsionnaires dont rbumllité ne pouvait souiïrir qu'on découvrît les dons et les grâces extraordinaires dt^ Dieu, voulant qn*on les tînt cacbées, Jusqu à ce que sa providence les manifestât elle-même pa les voies qu'elle jugerait lei plus convenables,

ËnOn, si Tim ne produit en ce livre aucun miracle pour marque .la saiuteté de M. Vincent, c*efet que nous en avons d'ailleurs de preuves si fortes, qu'elles sont plus que suJD&anles, non-seulcme pour convaincre, mais aussi pour persuader uu esprit raisonnable chrétien. On rapporte d'un cardinal fort âgé qu'étant présent dai le consistoire d la lecture qui s'y faisait des informations que le souverain poutile avait ordonnées pour procéder à la canonisation d*uÉH personne qui avait vécu et qui était morte en réputation de saintete^^ pendant qu'on récitait nu graud nomlre de guérisoos miraculeuses de diverses maladies faites par ses intercessions, ce cardinal paraii ~ sait tout assoupi et abattu de sommeil ; mais que dans la suite, quaij un vint à rapporter qu'un jour ajaut re^u eu pleine rue une injc fort atroce et un auront très-sensible, elle Tavait supporté avec une patience admirable, sans eu faire paraître la moindre émotion, et qu'au contraire elle avait témoigné beaucoup de cbarité et d^amouf CD vers ceux qui la traitaient si mal ; ce bon cardinal ouvrant les yeul comme sHi se fût réveiLié, dit tout haut: « Voilà un grand miraelef voulant témoigner par ces paroles que les actions vertueuses, et pa ticuUèremeut celles qui sont bérotques, et beaucoup élevées au-de sus de la portée de ta nature, doivent passer pour des preuves 1^ plus fortes et les plus c^nvaincautes de la sainteté de ceux qui les ûq^ pratiquées jusques à la mort. ^M

Suivant cette maxime, ceux qui voudront faire attention sur tout ' et qui a été rapporté de H. Yinccut trouveront aboudamment do

elaj

qu^^ [lisles Inl pay

;ou- ^ uses,

qo^i oomraincre lear esprit sar ce sujet ; car si Ton peut appeler miracaleuses les œuvres qui sout au-dessus des voies communcK de ia nature, qui surpassent de beaucoup ses forces et qui vont bien loin au-delà du train ordinaire du commun des chrétiens, on peut aussi bien dire que la longue vie de M. Vincent a été presque un continuel miracle, puisqu'elle n*a été autre chose qu'un tissu d actes des plus eicellentea vertus, dans la pratique desquelles ce fidèle serviteur de Dieu a toujours constamment persévéré jusqu'à la fin.

Mais pour donner encore plus de jour à ce que nous desirons fidre entendre au lecteur, il observera s'il lui plaît que, comme Dieu ne s*e8t pas servi des seuls miracles, mais qu'il a employé divers autres moyens pour rendre croyables les mystères et les vérité de notre religion, de même sa divine providence ne veut pas toujours manilester la sainteté de ses plus fidèles serviteurs par les œuvres miracoleoses qu'il opère par eux, pouvant se servir d'autres moyens, quand il lui plait, qui ne sont pas moins propres ni moins efficaces pour cette fin. Ainsi nous voyons dans THistoire Ecclésiastique qu'il en a rendu quelques-uns célèbres par une vocation tout extraordinaire et par une manière de vie fort élevée au-dessus du commun, et plus angélique'qu' humaine, pour laquelle ils sont l'objet de la vénération aussi bien que de l'admiration de tous les fidèles.

Il a voulu que le seul martyre, sans aucun autre effet miraculeux , en ait canonisé un grand nombre d'autres ; et que plusieurs, par une voie différente, se soient rendus illustres et recommandables dans l'Église par leur érudition et doctrine toute singulière et toute sainte.

Mais pour son serviteur Vincent de Paul ( s'il est permis de pénétrer dans les secrets de sa providence), il semble qu'il ait voulu, . par une conduite toute spéciale et non moins merveilleuse, se servir de ses abaissements pour le l'élever, et de sa profonde humilité pour le rendre plus digne d'honneur et de vénération dans son Eglise : en sorte qu'en cet humble prêtre se trouve parUr.ulièrement vérifié ce que Jésus-Christ a dit : « Que celui qui s'humilie sera exalté. »

Certainement, si d'un côté l'on considère avec quoique attention le mépris que M. Vincent faisait de lui-même, et le désir continuel qu'il avait de passer pour un homme de néant, pour un pauvre serviteur inutile, pour un misérable, pour un abominable pécheur, tel qu'il se disait ; et que d autre part on regarde les choses extraordinaires et presque incroyables qu'il a plu à Dieu de faire par son moyen, on sera obligé de reconnaître que si ces choses ont réussi T. II. 32

me lait

avec um telle bénédicUon, cela n'est pas vetiu do riudustrîeiu de la vcrlQ de rijcimmc, mais que ce sont des effets d'uoe cooduite totttc parlicalière de U sagcsjiO et de la puissance de Dieu, et presque aultiùt de miracles opérés par sa baulé, pour lémoignage qull agréait <?t approuvait ce que gou ildèle servilêur en t reprenait labâit pour son service.

Carn'^ a-t-il pas sujet de tenir pour une cliose en quelque façon miraculeuse que le fils d'un simple paysan, né dauj» l'obscurité d|| I la plus basso condition qui se trouve parmi les bonimeâ, élevé d'une niEiruènî toule rus^Uque à la garde des bestiaux, tt après rédui dans uu mal heureux esclav^e, et qui B'e»t toujours tenu cacbé autai [qu il a pu dans l'ombre d'une vie commune et abjecte, ait, nonoi stant tout cela^ paru dauH l'Église comme un nouveau soleil qui

elairé un nombre [^rti^que innombrable Je pauvres âmes qui gitsaîeut daus les ténèbi^es et daus l'ombre de la mort, commis parle un prophète, cVst-à-direj qui passaient loule leur vie dans une effrojablc ignorance de Dieu et des chosea nécessaircjï à leur salut , et que non-BCulement il ait éclairé, mais au^^t éehaulTé et vivit par les ardeurs de son zèle une in Unité de perso un es qui élaieS mortes à la vie de la grAce et eommc ensevelies dans le péché, rallumé dans 1«^b cœurs de plusieurs autres te feu du divin amour | Qu'un simple priHre sans bénéfices, saus biens extérieurs et saG tiucun pouvoir ut autorité dans TE^lise^ ait su rcjnédier eificaee ment à un Irès-graud nombre de dérèglements qui se trouvaient dans le clergé, et qu'il ait fait sur ce sujet, et heureusement conduit |à chef dedans cl dehors le royaume de France, ce que les pins gran<] [prélats et les plus lélés eussent à peine résolu d'entrcpreudre dan leurs propres diocèses et dans le^ lieux dépendants de leur jurl^ dictioOi avec toute leur autorité et tous leur^ grands revenus?

Qu'un homme pauvre et dénué de tous mojrens et de toutes çomlodités ait trouvé le moyen de secourir et d'assister dans leur ex* flrème nécessité les pauvres, non d une geule ville, mais de plusieurs provinces entiëros, non pendant quelque partie d'une mauvaifK^ ^saison, mais durant un grand nombre d années, et que pendant lout ' ce temps il ait procuré qu ils fussent pourvus de ce dont ib avaiejû I besoin pour leur nourriture, vêtements et autres néccssttés ; qui ait remis en état les églises ruinées par les gens de guerre, les fouij unissant d'ornements ; quH! ait procuré aux prétrea et aux curés Subsistance nécessaire ; qu il ml pourvu de médicaments et de tiQUij iriturc un nombre presque iuQui de pauvres malades, répandus tous côtés dans la plupart défi villages de lYauce, Savoie, Italie

plifeicars autres proYinccs encore plas éloignées; et cda^non pour un peu de temps, mais depuis plus de trente ans, et qu'il ait trouvé un fonds inépuisable pour continuer toujours ces assistances, autant que les Confréries de la charité qu*il a instituécts dureront ?

Enfin, qu'un homme de la plus basse naissance, qu'il n a point cachée, mais qu*il a publiée partout, qui se déclarait un pauvre ignorant, qui ne faisait paraître aucun talent extérieur qui le rendit considérable, qui n'a jamais composé aucun livre ni prêché en aucune chaire célèbre, et qui a plutôt fait tout ce qu'il a pu pour se tenir caché ou pour se rendre vil et méprisable; que noQobstant tout cela cet homme inconnu ait acquis une réputation qui s'est répandue presque par tout le monde, qu'il ait été honoré et recherché des plus ^ grands, et même appelé dans les cabinets et dans les conseils des souverains ?

Certainement, celui qui pèsera bien toutes ces choses sera obligé de reconnaître que la main du Seigneur a été avec son fidèle serviteur . pour opérer toutes ces merveilles, et que la vie, la conduite, les œuvres et les succès des entreprises de M. Vincent ont été des ouvrages singuliers de la sagesse et de la puissance de Dieu, qui sait, quand il lui plaît, faire sortir la lumière des ténèbres, et tirer du néant ce qu*il y a de plus grand et de plus éclatant dans l'univers.

Après tout, le lecteur trouvera ici un ample sujet de glorifier Dieu et de le bénir de tous ces grands exemples de vertu qu'il lui a mis devant les yeux en la personne de son fidèle serviteur. Saint Grégoire de ^'yssc parlant de saint Kphrem diFait que Dieu l'avait mis sur la terre comme un grand luminaire pour éclairer le monde, ou bien comme une haute colonne vivante et animée pour montrer aux hommes ks sentiers de la vertu et de la sainteté, à la façon de ces Mercures que Ton posait sur les grands chemins; et nous pouvons, avec toute sorte de raison, dire le même de M. Vincent : c'est Dieu qui l'a fait naître et qui Ta donné h son Église pour lui procurer plusieurs grands biens, mais particulièrement pour y laisser l'exemple de sa sainte vie, comme une adresse assurée pour y connaître le chemin qui conduit à la solide perfection ; afin que par cette vue on fût excité ù prendre cette route, et à marcher à la faveur d'un si bon guide; entrant dans ses sentiments, embrassant ses maximes et cherchant à son imitation, avant toute autre chose, le royaume de Dieu, l'accomplissement de ses volontés, et l'accroissement de son honneur et de sa gloire.

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